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L’égalité hommes femmes est l’enjeu du XXIe siècle

Droits humains & solidarité

Publié le
jeudi 14 février 2019 à 04:00

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À 32 ans, Marc-Arthur Gauthey n’en est pas à son coup d’essai. Le directeur de la conférence WOOP, diplômé d’HEC, Paris produit des conférences sur l’innovation depuis près de 10 ans dans toute l’Europe. Sa marque de fabrique : la parité et le respect de l’environnement dans un milieu parfois plus conservateur qu’il n’y paraît.

Entretien

WOOP est une conférence qui respecte la parité des intervenants. Qu’est-ce qui vous a amené à initier une telle démarche ?

Quand on a la prétention de faire du contenu et de parler d’innovation, il faut de l’exigence, de la controverse et de la diversité. Cela fait bientôt dix ans que je produis des événements de prospective. Très tôt grâce aux personnes avec lesquelles j’ai eu la chance de travailler au sein de OuiShare, le respect de la parité a été un enjeu central. C’était bien avant #Jamaissanselles et surtout #metoo. Mais nous trouvions déjà que la place des femmes n’était pas moins sur scène que celles des hommes, et que la diversité des genres ne pourrait qu’être bénéfique à tous.

Vous produisez des événements durables. Diriez-vous qu’il y a une forme de militantisme dans votre démarche ?

Entendons-nous. Parité ne veut pas dire diversité ni équité, mais peut-être est-ce un pas vers un monde un peu plus équitable. Je ne me sens pas militant, mais j’aspire à travailler en respectant mes convictions. Aujourd’hui, lorsque je m’engage sur un événement, je fais valoir trois conditions. La première c’est une liberté éditoriale dans la conception du programme. La seconde c’est le respect de la parité. La troisième, c’est un effort pour limiter l’impact environnemental. Sur le principe, tout le monde est d’accord. Sauf que les choses ne sont pas si simples.

Parvenir à avoir autant de femmes que d’hommes sur scène est-il un problème ?

Ce n’est pas un problème, mais c’est un défi. Au moment de se lancer dans la conception d’un programme on commence souvent par bâtir une sorte d’inventaire à la Prévert des intervenants idéaux et les plus en vue que l’on aimerait inviter. Hauts responsables, P.-D.G., chercheurs, experts, élus, artistes, stars… Je le dis sans détour, c’est presque toujours des hommes qui ressortent. Selon l’INSEE les femmes n’occupent que 15% des postes à responsabilité en entreprise, et 10% des hautes responsabilités publiques. Ceci explique cela. L’égalité hommes femmes et l’enjeu du XXIe siècle.

Selon vous, les femmes occupant des postes à responsabilité sont moins nombreuses, c’est donc ce qui les rend moins bien identifiables ?

Peut-être, mais accepter le statu quo, c’est l’entretenir. Il faut donc déconstruire ses réflexes, tout en gardant en tête que nous invitons sur scène des personnes à responsabilité, pas des figurants. Cela demande une certaine exigence et un travail d’investigation.

Comment expliquez-vous que les inégalités hommes femmes perdurent et demeurent encore si visibles ?

Je ne suis pas expert du sujet, mais sans vouloir aller sur un terrain trop glissant, je pense que les hommes ont probablement par leur éducation, acquis une confiance en eux qui les incite plus facilement à partager leurs opinions, se mettre en avant, ou pour le dire autrement à tirer la couverture vers soi. C’est ce qui les rend plus visibles, influents et cela entretient une forme de norme. Et puis il y a encore beaucoup de sexisme latent dans le monde professionnel et politique, même si les choses changent peu à peu.

De votre côté, que retirez-vous de cette démarche de parité dans l’organisation d’un événement tel que WOOP  ?

Avant tout, une meilleure qualité. Quand je regarde les programmes des autres conférences qui ne font pas cet effort, je me dis qu’elles passent à côté de quelque chose. Ensuite, vis-à-vis de mes équipes, et des gens avec lesquels je travaille, je crois que cela crée une forme de socle commun. Travailler avec des valeurs est fédérateur. Mais qu’on s’entende. L’égalité homme femme n’est pas un argument de vente, encore moins un label. La plupart des gens ou des partenaires s’en fichent complètement ou trouvent juste cela tout à fait normal. Et ils ont raison.

Propos recueillis par Elvige Morin

Publié le
jeudi 14 février 2019


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