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Économie locale (2) : crise de confiance
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Économie locale (2) : crise de confiance

Politique & Gouvernance

Publié le
lundi 11 mai 2020 à 04:00

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La confiance des acteurs économiques luxembourgeois s’est effondrée au mois d’avril. Les commerces de détail et les services non financiers semblent les plus affectés. Et les consommateurs ont aussi un moral au plus bas.

Plus que jamais, la question de l’après-Covid-19 se pose, notamment pour l’économie locale, et donc pour la façon de relancer la machine sans subir de rechute.

On a vu que l’impact estimé de la crise était bien différent d’un secteur à l’autre.. On s’aperçoit aussi que les acteurs affichent un moral où ne pointe guère l’espoir de lendemains qui chantent.

Les enquêtes de conjoncture, menées par le Statec ou/et la Commission européenne, sont révélatrices. « Comme dans l’ensemble de la zone euro, la confiance des acteurs économiques luxembourgeois s’est effondrée au mois d’avril », note le Statec, chiffres à l’appui.

Planchers historiques

C’est dans le commerce de détail que les indicateurs de confiance sont le plus bas. -65.8 points en avril 2020, alors que l’indice était à +9.6 pour l’année 2019 et que la moyenne historique pour ce secteur respirait l’optimisme, à +4.4.

La dégringolade est similaire, voire comparativement plus spectaculaire encore, dans les services non-financiers : -64 en avril 2020, venant d’un très souriant +28.5 en 2019, et d’une moyenne historique élevée, à +18.7. On est dans les planchers historiques, à tout le moins au niveau de confiance le plus bas… depuis la crise financière de 2009.

Les consommateurs, par qui une reprise passe de toute manière, tant dans leur capacité à dépenser ou à investir que dans leur comportement d’achat, n’ont pas le moral non plus. Ils sont certes plus sensibles à réagir de façon épidermique aux rebonds conjoncturels – leur moyenne historique est à -6.7 – mais, là où 2019 s’affichait à un -0.9 proche du retour à l’optimisme, les mois de février (-2.8), mars (-8.9) et surtout avril (-19.7) n’augurent rien de bon.

Scénario de sortie

C’est peut-être du scénario de sortie de crise, et de la façon dont les acteurs de l’économie locale réelle voudront le lire, que dépendra la suite des événements. On verra le regain de confiance, ou non, de ces acteurs.

Le Statec a élaboré deux scénarios économiques, qui supputent des évolutions différentes, sur base de celle de la situation sanitaire. Le premier, dit du « confinement limité », postule un retour à la normale, aussi bien du point de vue sanitaire qu’économique, pour la seconde moitié de l’année. Il parie sur un rebond marqué de l’activité au 3e trimestre, mais donc uniquement en cas de maîtrise effective des effets de la pandémie.

Le 2e récit est plus apocalyptique : une deuxième vague créant une résurgence de la pandémie mènerait à une crise économique majeure, mondiale et prolongée.

Faculté citoyenne

C’est là que les effets ne se mesureraient pas de la même façon, selon la manière de produire, de consommer et de calculer. Car les analystes parlent, logiquement, en termes de PIB et de croissance. Selon le Statec, le « confinement prolongé » se concrétiserait par une baisse de l’activité, en zone euro et au Luxembourg, de l’ordre de 12% en 2020, pour au mieux revenir à une légère croissance en 2021.

On reste évidemment dans l’hypothèse et le court-terme. Mais la vraie question est probablement à mettre en parallèle avec la faculté citoyenne de choisir l’option locale par exemple, histoire que consommateur et acteurs économiques impliqués puissent s’en sortir, ensemble.

Il faudra voir si la confiance se replacera dans le rebond des « valeurs sures » ayant vacillé, ou dans les alternatives.

Alain Ducat

(à suivre)

Publié le
lundi 11 mai 2020


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