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Des déficits de sûreté considérables

Santé-Environnement

Publié le
jeudi 4 avril 2019 à 04:00

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Le 02 Avril 2019, Greenpeace a présenté lors d’une conférence de presse une étude sur « l’augmentation du niveau de sûreté des réacteurs nucléaires du palier de puissance 900 MW en France dans le cas d’une prolongation de leur durée d’exploitation » [1].

Une concertation sur l’amélioration de la sûreté des réacteurs de 900 MWe du parc nucléaire français est actuellement en cours dans le cadre de leur 4e réexamen périodique. La 4e visite décennale (VD4) du réacteur n° 1 de Tricastin va commencer début juin. Suite à cette VD4, les autorités françaises vont décider des conditions de la prolongation de la durée de vie au-delà de 40 ans des premiers réacteurs. L’objectif annoncé est d’atteindre le niveau de sûreté des réacteurs de 3e génération (EPR) pour les réacteurs plus anciens. À cette occasion, Greenpeace a commandé une étude auprès du Professeur allemand Manfred Mertins afin d’analyser la possibilité de parvenir à un tel niveau de sûreté.

La prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs de 900MWe est à l’ordre du jour dans un certain nombre de pays utilisant l’énergie nucléaire. Les raisons d’une telle prolongation sont de nature différente, mais c’est surtout le niveau de sûreté à atteindre en cas de prolongation de la durée d’exploitation d’un réacteur nucléaire qui est toutefois déterminant.

En général, les réacteurs nucléaires dont on envisagerait une prolongation de la durée d’exploitation ont été conçus à la fin des années 1960 ou au début des années 1970 et ont été construite avec les technologies et connaissances de l’époque. Les leçons des catastrophes nucléaires de Three Mile Island aux États-Unis, de Tchernobyl dans l’ex-Union soviétique et de Fukushima au Japon, qui ont conduit chacune à un renforcement considérable des exigences de sûreté en vigueur alors, constituent désormais le référentiel de sûreté pour les centrales nucléaires qui sont actuellement en construction ou doivent être exploitées au-delà de la durée prévue initialement. Une telle prolongation de la durée de fonctionnement est actuellement visée par le fournisseur d’énergie français EDF qui exploite les réacteurs nucléaires du palier de puissance 900 MW.

« Au regard des exigences françaises et internationales appliquées à l’heure actuelle, l’étude conclut que les centrales françaises équipées de réacteurs de 900 MWe présentent de graves déficits en matière de sûreté et que, sur le plan pratique, une modernisation de ces centrales ne suffira pas à remédier à ces manquements, dont les conséquences sur la sûreté sont considérables.« , explique Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace Luxembourg. « Reste à savoir quelles mesures EDF compte mettre en œuvre pour mettre à niveau les réacteurs de 900 MWe en vue de répondre précisément aux exigences actuelles de sûreté et quelles exigences seront imposées par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).« 

La sûreté des centrales actuelles se fonde sur un concept de sûreté appelé défense en profondeur, divisé en quatre niveaux devant fonctionner indépendamment les uns des autres, ainsi que sur des dispositions visant à leur protection face aux aléas naturels tels que les séismes, les inondations et face aux aléas humains, comme les crashs d’avion. La sûreté des centrales nucléaires en exploitation est évaluée à l’aune des normes actuelles. Aussi la présence de points de non-conformité doit-elle donner lieu à une évaluation des aspects de sûreté et, si nécessaire, à une mise à niveau. Pour Greenpeace, les conditions pour une prolongation du mandat ne sont pas réunies, le niveau de sécurité requis ne pouvant être atteint.

Greenpeace appelle les pays voisins de la France, tels que le Luxembourg et l’Allemagne, à demander aux autorités françaises une consultation transfrontalière sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement (EIE), comme le prévoit la Convention d’Espoo [2], et à ne pas prolonger la durée de vie des réacteurs français.


Note(s) :

[1] Manfred Mertins (2019) – Étude en vue de l’augmentation du niveau de sûreté des réacteurs nucléaires du palier de puissance 900 MW en France dans le cas d’une prolongation de leur durée d’exploitation. Étude complète.

[2] Espoo, 1991 : La Convention sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement (EIE) dans un contexte transfrontière stipule les obligations des Parties d’évaluer l’impact sur l’environnement de certaines activités au début de la planification. Elle stipule également l’obligation générale des Etats de notifier et de se consulter sur tous projets majeurs à l’étude susceptibles d’avoir un impact transfrontière préjudiciable important sur l’environnement. Plus d’informations.

Communiqué Greenpeace Luxembourg

Publié le
jeudi 4 avril 2019


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