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De l’intérêt du BIM pour l’efficacité énergétique des bâtiments

Architecture & construction

Publié le
jeudi 8 novembre 2018 à 04:00

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Le projet BIMEET contribue à 3 axes politiques européens : la digitalisation de la construction, l’efficacité énergétique des bâtiments ou la réduction de leur impact sur l’environnement et l’amélioration des compétences du capital humain.

Interview de Sylvain Kubicki, Senior Research & Technology Associate au Luxembourg Institute Of Science And Technology (List)

En quoi le projet BIMEET consiste-t-il ?

BIMEET, BIM-based EU-wide Standardized Qualification Framework for achieving Energy Efficiency Training, est une Action de Coordination et de Soutien (CSA) financée par la Commission européenne dans le cadre du programme Horizon 2020 (subvention n° 753994). Plusieurs projets sont conduits sur ce thème en parallèle par des consortiums répartis au sein des États membres, de tailles variables. 4 projets ont démarré en même temps, coordonnés par l’Italie, l’Irlande, la France et le Luxembourg pour le projet BIMEET. Ce dernier regroupe, depuis septembre 2017, 5 pays (Luxembourg, France, Royaume-Uni, Grèce et Finlande) et est composé de chercheurs et d’instituts de formation. Les résultats de ses travaux seront révélés dans les prochains mois.

Quels sont ses objectifs ?

L’ambition de ce projet est de démontrer l’intérêt du BIM (Building Information Modelling) - également connu sous le nom de modélisation des données du bâtiment - pour l’efficacité énergétique. Nous nous intéressons aux formations existantes à l’échelle européenne pour établir un benchmark de la façon dont la thématique est adressée dans les différents pays. Le cœur du projet est de mettre au point une matrice de compétences ciblant tous les acteurs intervenant au cours du cycle de vie du bâtiment (planification, programmation, construction, exploitation, rénovation et démolition). Cette matrice sera déclinée dans les 5 pays du consortium et, dans un 2e temps, un environnement informatique pour se documenter sur le sujet sera mis au point.

Y a-t-il des résultats sur lesquels vous pouvez déjà communiquer ?

Les 1res consultations menées en Europe confirment l’intérêt à développer l’utilisation du BIM pour améliorer l’efficacité énergétique. La révision de la Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD, publiée le 19 juin 2018) le montre en prenant des dispositions pour la promotion et l’utilisation des TIC et des technologies intelligentes via l’indicateur d’intelligence permettant d’apprécier la « maturité technologique » d’un bâtiment. De plus, elle recommande l’amélioration des systèmes de certification de la performance énergétique existants, domaine dans lequel l’utilisation du BIM est également incontournable.
De manière plus générale, un des points que nous avons noté dans la phase chantier est que la visualisation 3D apporte une certaine didactique, mais il faut former le personnel à utiliser ce nouvel outil de communication. En phase d’exploitation, le modèle BIM a un double intérêt : expliquer aux occupants comment utiliser le bâtiment et centraliser leurs feedbacks. Le BIM est un moyen homogène de comparer la perception des utilisateurs. Par ailleurs, pour la gestion énergétique, le BEM (Building Energy Model) calibré, donc réel et non plus basé sur des simulations et des estimations, permet d’optimiser la gestion et les équipements et de détecter des incohérences. Toute la difficulté réside dans le calibrage pour lequel des réseaux de capteurs et un historique de données sont nécessaires. En rénovation, le BIM a un intérêt certain pour rationaliser les choix et améliorer la productivité et les temps de mise en œuvre.

Il y a également un usage favorisant les flux de données du BIM vers le BEM, par exemple pour faciliter la production des certificats de performance énergétique (CPE). Nous avons mené des études sur différents logiciels, dont nous avons tiré quelques conclusions intéressantes. Une maquette BIM recense toutes les données constructives (localisation, forme du bâtiment, espaces) et sur les équipements nécessaires au calcul d’un CPE. Ce qui pose problème, c’est qu’il n’y a aujourd’hui que peu de logiciels qui permettent d’automatiser le calcul en allant chercher les informations dans le BIM. Les formats d’import et d’export sont encore instables, et il peut y avoir des pertes de données. Des compétences techniques dans la maîtrise des formats d’échange sont de plus en plus recherchées aujourd’hui.

Pourquoi utiliser le BIM pour calculer les CPE ?

Le BIM améliore la précision et la fiabilité des calculs. Il permet non seulement d’accéder à davantage de données sur le bâtiment mais également d’enrichir l’évaluation de la performance environnementale. On peut d’ores et déjà envisager la nouvelle génération de CPE qui inclurait le confort thermique, la qualité de l’air et les émissions de CO2 de manière beaucoup plus automatique. Par ailleurs, on peut aussi envisager de mieux comparer les certificats et donc consolider des portfolios de CPE grâce au BIM, pour limiter les écarts et incohérences.

Quelle est l’approche du LIST sur le BIM ?

Un projet de ce type est l’occasion pour nous d’augmenter les compétences de nos équipes, de suivre les tendances européennes, d’être proactif sur le sujet et d’étendre la formation au Luxembourg à des thématiques liées aux smart buildings et smart districts. Nous avons une approche axée à la fois sur la recherche et la technologie. Nous développons par exemple un outil d’évaluation post-occupationnelle du confort basé sur le BIM à partir de capteurs physiques et de feedbacks des occupants. Nous mettons aussi au point des méthodes pour optimiser les systèmes de chauffage et de ventilation. Enfin, à plus grande échelle, nous cherchons à automatiser la planification urbaine en donnant la possibilité aux usagers de s’exprimer lors de la planification.

Mélanie Trélat

NEOMAG#17
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Publié le
jeudi 8 novembre 2018


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