Le quotidien des enjeux du développement durable au Luxembourg !
Bio-Lëtzebuerg, 30 ans, promotion agriculture biologique, mode de production, temps, durabilité, écologie
facebook
twitter/
linkedin
scoopit

Bio-Lëtzebuerg a fêté ses 30 ans

Alimentation & Restauration

Publié le
lundi 28 mai 2018 à 04:00

facebook
twitter/
linkedin
scoopit

Le 27 avril dernier, l’Asbl Bio-Lëtzebuerg (Association pour la promotion de l’agriculture biologique du Luxembourg) a fêté ses 30 ans au cadre d’une séance académique tenue au Centre Culturel de Roodt / Syre. L’invitation, comme toute la soirée, était placée sous la devise « Lëtz make Luxemburg more organic ! » (Rendons le Luxembourg plus bio !)

Près de 170 personnes issues des milieux politiques, de la société civile et, bien entendu, du secteur en question y ont participé et ont partagé une soirée stimulante.
Dans son allocation de bienvenue, le président de l’association Jos Schanck a aussi parlé du développement de l’agriculture biologique au Luxembourg. Pionnier dans ce domaine, il en a resumé les principales étapes et inspirations avant de passer la parole à Daniela Noesen. Vue la présence de deux ministres concernés, à savoir Carole Dieschbourg, Environnement, et Fernand Etgen, Agriculture, Viticulture et Protection des consommateurs, la directrice de Bio-Lëtzebuerg a rappelé la volonté du gouvernement d’aspirer à une agriculture 100% bio d’ici 2050. Donné un pourcentage actuel de 4%, elle a confirmé qu’il en reste un long chemin à parcourir. Par contre, elle a dit, il faut avoir une vision positive pour élaborer les stratégies adéquates pour atteindre le but désiré.

Le temps est limité

La pression du temps – voilà le motif central du discours officiel prononcé par Hans Herren. L’agronome suisse, créateur de la fondation BioVision, lauréat du Prix Nobel alternatif, s’est vu décerner le Prix mondial de l’alimentation en 1995. Depuis, il s’occupe principalement des questions de durabilité visant au même temps la protection des ressources naturelles et la sécurité alimentaire pour une population mondiale toujours croissante.

Ayant constaté un déséquilibre significatif entre le besoin alimentaire et l’offre disponible, M Herren en a proposé plusieurs solutions. Ce faisant, il a souligné que la demande populaire d’une augmentation de la production alimentaire par 60-70% d’ici 2050 était erronée. D’après lui, la production alimentaire actuelle dépasse déjà les besoins. A l’échelle mondiale, l’apport alimentaire serait de 2.600 calories par personne alors que seulement 2.300 en seraient nécessaires. Vue la malnutrition dans beaucoup de pays, on a peine à croire en cette surproduction, mais M Herren en a exposé les raisons, notamment le gaspillage alimentaire dans les pays du nord et la perte avant et après les récoltes dans les régions du sud.

Pourtant, il ne suffirait pas d’optimiser les conditions de production, de stockage et de transport et d’augmenter l’aide au développement ni de modifier la diète chez nous misant plus sur les végétaux que sur la viande. En outre, M Herren a demandé que les budgets réservés à la recherche soient répartis plus équitablement.

Pour l’exprimer avec les mots du conférencier d’honneur : la réalisation d’une agriculture orientée sur l’écologie n’entraîne pas seulement l’exploitation extensive des surfaces mais il faut également intensifier la recherche là-dessus. D’habitude, a maintenu M Herren, l’agronomie conventionnelle profite de moyens financiers largement plus élevés que son pendant biologique. Cependant, le temps presse - pour mettre en œuvre une transformation agro-écologique, on n’aurait pas le temps prévu par M Rifkin qui vise lui aussi l’année 2050 comme date cible d’une transformation systémique.

Appel au ministre

Pour conclure, l’orateur lança un appel directe à l’adresse du ministre de l’agriculture : « Monsieur le ministre, faites la loi demain : l’année 2030 sera la nouvelle date cible pour réaliser de profonds changements ! » Fernand Etgen, à son tour, a confirmé que le statu quo ne constitue plus une solution envisageable, qu’on devra miser sur des modes de production plus durables et que l’agriculture biologique en pourra servir d’exemple. « Nous le devons à nos enfants et à tous ceux qui souffrent de nos modes de production », a conclu le ministre.

Son homologue du département de l’environnement a fini par remercier l’association Bio-Lëtzebuerg et ses organismes précédents (bio-LABEL et Demeter-Bond) de l’ensemble de ses réalisations - de l’organisation de la soirée académique jusqu’au travail de tous les jours, bref de trois décennies de sensibilisation et information continue au service du secteur bio et dans le but de contribuer à la production des aliments sains au Luxembourg.
/
Source : texte et photos http://www.naturata.lu  : Le gâteau d’anniversaire a été présenté par (de g.à dr.) : Francis Jacobs, Sonny Gottal, Patrick Kolbusch, Roland Majerus, Anja Kass-Staudenmayer, Daniela Noesen, Jos Schanck, Änder Schanck, M. le Ministre de l’Agriculture Fernand Etgen, Tom Kass, l’orateur invité Hans Herren, Amand Keiser, Mme. la Ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg, Julie Mousel und Daniel Baltes.

Publié le
lundi 28 mai 2018


Article de notre partenaire

NATURATA SA
Alimentation & Restauration
Distraction free
DISTRACTION FREE MODE
Nos partenaires Alimentation & Restauration


Nos partenaires Alimentation & Restauration

Nos partenaires