
Au Luxembourg, les produits Fairtrade ont généré plus de 60 millions d’euros
Les chiffres du commerce équitable sont à la hausse au Luxembourg. Les ventes de références certifiées Fairtrade, réalisées par les partenaires de l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg, ont représenté un chiffre d’affaires de 61,4 millions d’euros en 2025, soit 7 % de plus que l’année précédente.
Mercredi 12 août 2026, Jean-Louis Zeien, président de Fairtrade Lëtzebuerg, et Geneviève Krol, directrice de l’ONGD, ont présenté le bilan 2025 du commerce équitable au Luxembourg. Comme ces deux dernières années, il « ne se confirme pas seulement, mais continue de se développer », a déclaré le président.
Plus de dépenses et plus de chiffre d’affaires
L’année passée, la dépense moyenne par habitant pour des produits labellisés Fairtrade s’élevait à 90 euros, contre 85 euros en 2024. En comparaison, elle est de 37 euros en Allemagne, 29 euros en Belgique et 22 euros en France. « Cela montre que notre progression vers un commerce plus juste et plus équitable, à l’échelle mondiale, est incontestable », insiste Jean-Louis Zeien. Selon lui, il ne faut pas simplement se satisfaire de ce résultat, car une marge de progression existe, notamment quand on voit que cette somme est de 127 euros en Suisse.
Autre chiffre marquant : le chiffre d’affaires des ventes de produits certifiés Fairtrade, réalisées par les partenaires de l’ONGD. Il a passé le cap symbolique des 60 millions en 2025, pour atteindre 61,4 millions d’euros – contre 57,2 millions en 2024 et 52,3 millions en 2023, soit une hausse de 17 % en deux ans. Le président commente : « C’est la preuve que, malgré une situation de crise que subissent beaucoup de gens, qui a forcément un impact sur leurs portefeuilles, il existe une vraie solidarité avec les producteurs qui se traduit dans les rayons de supermarché. » Consommer équitable devient aussi de plus en plus accessible au fil du temps, avec aujourd’hui 6.572 références certifiées Fairtrade recensées sur le marché – contre 5.907 en 2024.
Des acteurs luxembourgeois engagés
Geneviève Krol rappelle ensuite que ce mouvement « doit dépasser le simple acte d’achat » et s’ancrer comme une vraie « dynamique collective » rassemblant entreprises, distributeurs, communes, écoles, associations et citoyens luxembourgeois.
Fin 2025, 32 entreprises détenaient une licence Fairtrade leur permettant d’apposer ce label sur leurs produits. C’est deux de plus que l’année précédente. Pour pouvoir proposer des produits labellisés Fairtrade sous une marque propre, l’entreprise doit répondre à des critères stricts et se soumettre à des audits gérés par un organisme indépendant.
Les entreprises ne sont pas les seules à se mobiliser : 38 communes étaient engagées dans le programme « Fairtrade Gemeng » et 26 établissements scolaires étaient certifiés Fairtrade School en 2025, tout comme en 2024. Ces deux programmes ont un objectif de sensibilisation, auprès des citoyens pour l’une et des élèves pour l’autre.
Nouvelles ambitions
« Nous avons un nouveau défi pour les prochaines années », annonce la directrice. « La notoriété du commerce équitable n’est plus à prouver : une récente étude de l’ILRES a montré que près de 96 % des résidents déclarent connaître Fairtrade et 94 % reconnaissent facilement le label. Maintenant, il va falloir aller plus loin pour que cette démarche se traduise dans les choix du quotidien. » C’est là toute l’ambition du nouveau programme d’éducation à la citoyenneté mondiale de l’ONGD, intitulé « Vers des futurs soutenables », mené avec la Fondation Partage et Le Soleil dans la Main depuis le 1er juillet 2026 et jusqu’à décembre 2030. Geneviève Krol précise : « Le but est de développer l’esprit critique des consommateurs, d’apporter le discernement nécessaire pour permettre aux personnes de faire le bon choix au moment de l’achat, car nous avons identifié un écart entre les valeurs portées et cet acte d’achat lui-même.
« Nous allons analyser quels sont les leviers et les freins, puis mener des actions auprès de toutes sortes d’acteur pour les aider à ancrer durablement leur démarche de consommation équitable. »
Geneviève Krol, directrice de Fairtrade Lëtzebuerg
Dans un contexte d’instabilité du marché mondial, de changement climatique, de lutte contre la déforestation ou encore contre le travail des enfants, Jean-Louis Zeien rappelle que « le commerce équitable constitue un levier de transformation des chaînes de valeur. Il montre qu’il est possible de construire des chaînes d’approvisionnement plus justes, qui placent les personnes et la planète au cœur des échanges. » Il contribue à sécuriser les revenus, à accompagner des modes de production plus résilients, à renforcer les droits humains et environnementaux et à favoriser une meilleure répartition de la valeur. « Il rapproche ainsi les réalités des producteurs des choix des consommateurs, des engagements des entreprises et des politiques d’achat des collectivités. »
Léna Fernandes
Photos : Fairtrade Lëtzebuerg


















