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Publié le
jeudi 10 octobre 2013 à 10:15

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La responsabilité sociétale des entreprises est désormais définie par le régulateur européen comme un élément de performance primordial sur le plan de la compétitivité, de l’innovation et de la réactivité. Cette dynamique, l’IFSB et Sustain s’y sont préparés en travaillant ensemble à la préparation de différents outils et en s’unissant à l’ESCEM pour établir la méthode d’audit tierce partie basée sur la norme ISO 26000.

Nous pensons que c’est le bon moment pour renforcer tous les éléments de sensibilisation et la pédagogie autour de la RSE

Interview de Stefan Zerwes, directeur de l’ESCEM, Pol Goetzinger, Managing Partner de Sustain, Bruno Renders, directeur de l’IFSB, et Elisabeth de Sousa, responsable développement durable à l’IFSB.

L’IFSB et Sustain ont anticipé l’arrivée de la norme ISO 26000 en développant l’outil CSR 26000 qui se base sur cette norme et était déjà prêt au moment de sa sortie, en novembre 2010. En quoi consiste-t-il ?

EDS : En 2009 et 2010, l’IFSB s’est consacré à l’élaboration de cet outil dédié à la structuration de la RSE au sein des entreprises, et ce, en les impliquant dans la démarche pour leur proposer un accompagnement parfaitement adapté à leurs besoins. CSR 26000 nous permet de suivre les organisations tout au long du processus d’intégration de la RSE dans leur stratégie et de le leur faciliter.

Quel est le bien-fondé d’une stratégie RSE et, plus particulièrement, de l’approche CSR 26000 ?

PG : Une stratégie RSE peut avoir un effet levier positif sur les objectifs stratégiques de l’organisation : diminution des coûts, augmentation de la productivité, de l’attractivité, mise en place d’une nouvelle dynamique… L’avantage de CSR 26000 est de proposer une approche exhaustive où chaque point est abordé. Toute la structure est passée en revue pour qu’il ne reste aucune zone d’ombre.

EDS : La démarche inclut également l’interview des parties prenantes ce qui implique au préalable une identification précise des parties prenantes et du mode de dialogue avec celles-ci. Le résultat des interviews permet de situer l’entreprise au regard des grands enjeux et de recenser les attentes prioritaires.

BR : CSR 26000 permet de montrer de manière structurée quels sont l’engagement et la position réels d’une entreprise et de valoriser les initiatives qu’elle a déjà mises en place.

Concrètement, quelles sont les différentes étapes de votre travail d’accompagnement ?

PG : Il faut que les dirigeants, mais aussi toutes les personnes conduites à travailler sur le projet, tiennent un même langage et partagent une même vision. C’est pourquoi CSR 26000 intègre des modules de formation. Ces modules visent à définir la valeur ajoutée qui ressortira d’une telle démarche et à présenter les 42 domaines de questionnement de la norme ISO 26000. On passe ensuite à l’évaluation. Toutes les parties prenantes sont alors listées et triées en fonction de leur degré d’importance et de leur dynamique (impactées ou ‘impactantes’ pour l’entreprise). De cette évaluation naît un premier bilan. Puis nous revoyons chaque point critique avec notre mandant. Notre système permet de dégager immédiatement des recommandations sur des ‘quick wins’ en fonction des moyens et des ressources disponibles.

Comment les efforts des entreprises ou organisations peuvent-ils ensuite être valorisés ?

EDS : Le métier de l’IFSB et de Sustain est la formation, l’accompagnement. Nous ne voulions pas être juge et partie pour éviter tout conflit d’intérêt. Nous avions donc besoin d’un regard objectif. L’option que nous avons choisie est de travailler avec une société de certification accréditée, l’ESCEM en l’occurrence, pour préserver toute indépendance morale et financière. Il faut savoir que la norme ISO 26000 n’est actuellement pas ‘certifiable’. L’ESCEM délivre donc des attestations qui reposent sur une méthodologie concrète, confirmée, adaptée à ISO 26000.

Pourquoi avoir choisi l’ESCEM ?

EDS : L’ESCEM est une entité locale, fortement impliquée dans les entreprises au Luxembourg, et une entreprise de taille similaire à la nôtre avec qui nous avons trouvé un mode de communication de proximité. ….

PG : CSR 26000 inclut de façon synergétique les autres applications ISO. En ayant un spécialiste ISO à bord, nous pouvons présenter un package qui n’est pas seulement le plus complet et le plus neutre, mais qui offre également une approche complètement intégrée.

Quel est le rôle de l’audit tierce partie ?

SZ : Nous menons des recherches approfondies sur l’organisation et sur les parties prenantes qui y sont liées. Nous vérifions que les domaines d’action sur lesquels une organisation choisit ou non d’être évaluée soient pertinents au regard de ses activités et que l’image que l’organisation a d’elle-même corresponde bien à la perception qu’en ont les parties prenantes. Dans le premier cas comme dans le second, tout décalage doit être justifié.

La méthodologie est clairement définie au préalable ce qui permet à l’organisation de savoir dans quel phasage va se dérouler l’audit.

Par ailleurs, lors de l’établissement d’une attestation ISO 26000, nous sommes liés aux mêmes obligations de confidentialité que si nous étions en train d’évaluer une certification ISO.

L’IFSB va lancer l’application MyRSE. Qu’en est-il ?

EDS : Maintenant que les premiers signes de rétablissement d’une dynamique économique se font sentir, nous pensons que c’est le bon moment pour renforcer tous les éléments de sensibilisation et la pédagogie autour de la RSE.

Nous avons travaillé sur une application smartphone dédiée aux directions d’entreprises afin qu’ils se familiarisent avec la RSE, qu’ils puissent évaluer leur démarche RSE et avoir quelques pistes concrètes quant aux actions à entreprendre en fonction des réponses qu’ils auront données. Ils pourront également recevoir régulièrement par push mail des exemples de bonnes pratiques. Cette application est un outil de sensibilisation et de vulgarisation qui permettra aux chefs d’entreprises de comprendre qu’il est dans leur intérêt de mener une stratégie RSE et qu’ils en ont aujourd’hui les ressources et les moyens.

Il s’agit d’une application gratuite, cofinancée par le Fonds social européen, pour qu’aucune entreprise ne soit exclue et elle sera accessible sur tous les stores à partir d’octobre. Elle sera également promue sur le portail buildingthegreenway.lu qui est encore le fruit d’un travail commun entre Sustain et l’IFSB dont les parcours respectifs font que nous avons une complémentarité très intéressante sur la création d’outils de promotion RSE.

Pouvez-vous nous en dire plus sur buildingthegreenway.lu ?

PG : Le législateur a été très ambitieux dans la transposition de la directive européenne sur l’efficacité énergétique des bâtiments au Luxembourg. C’est cette législation nationale imposant des délais très courts qui a mené à une nécessaire ouverture pour faire face à de nouveaux défis. D’un questionnement technique est né un questionnement managérial qui a stimulé l’émergence de bonnes pratiques dans le secteur de la construction. buildingthegreenway.lu est le site Internet qui chapeaute et recense toutes les initiatives avant-gardistes qui émergent de ce secteur réputé conservateur et vont dans le sens d’une stratégie durable.

Les marchés publics peuvent-ils constituer un levier pour encourager les entreprises à mettre en avant, non plus seulement le prix, mais également des critères non financiers ?

EDS : Dans le cadre du projet CSR Build, lui aussi cofinancé par le FSE, l’IFSB a créé un cercle de management durable dans le cadre duquel nous avons identifié avec les dirigeants d’entreprises du secteur des problématiques, des pistes de réflexion et des solutions et dégagé une vision pour l’avenir. Il était évident à leurs yeux qu’il fallait également aborder la question de la RSE sous l’angle des marchés publics.

BR : La directive sur les marchés publics sera révisée cet automne, à l’initiative de la commission sur le marché intérieur et la protection des consommateurs du Parlement européen, pour inclure des critères extra financiers dans les appels d’offres. De nouvelles règles vont donc apparaître : désormais on ne parlera plus de l’offre la moins chère, mais de l’offre économiquement la plus avantageuse. C’est donc un plébiscite pour une évaluation tenant compte de critères de durabilité ou extra financiers plus objectifs et reflétant mieux les caractéristiques d’entreprises sociétalement responsables. La notion de vision globale inhérente à un développement et à une construction plus durables est effectivement intimement liée à la prise en compte de critères non exclusivement financiers. Il appartient donc à tous les donneurs d’ordres d’entrer dans une démarche rationnelle objective et qualitative.

EDS : Nous avons senti le mouvement arriver. Le 7 novembre, nous présenterons avec nos partenaires, une conférence dédiée aux critères de durabilité appliqués aux marchés publics et privés pour préparer les entreprises luxembourgeoises à ces changements. Nous y dresserons le panorama européen des critères de durabilité et les entreprises pourront s’exprimer et partager des pistes autour d’une table ronde.

 

www.ifsb.lu

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jeudi 10 octobre 2013


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