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Un quartier où l’on vit
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Un quartier où l’on vit

Architecture & construction

Publié le
jeudi 9 février 2017 à 04:00

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Mixité fonctionnelle, mobilité active et partagée, infrastructures adaptées aux usagers, le site de Belval a, dès sa conception, été pensé pour être Smart.

Rencontre avec Luc Dhamen, directeur du Fonds Belval.

Belval est-il un Smart District et, si oui, en quoi l’est-il ?
Tout dépend de ce qu’on définit comme Smart ! Mon interprétation d’un quartier Smart ou intelligent est qu’il est conçu pour servir l’être humain. Intelligent est synonyme de qualité de vie, de respect de l’environnement et de durabilité. Je pense que Belval est un site intelligent dans le sens où notamment les décisions urbanistiques prises sur ces points dès sa création ont conduit à ce qu’il le soit.

Quel type de décisions par exemple ?
Qui dit qualité de vie dit d’abord mobilité, un sujet qui prend une place de plus en plus importante en la matière. Or, Belval a été développé en faisant la part belle à une mobilité moins individualiste avec la nouvelle gare qui se trouve à quelques centaines de mètres des principaux bâtiments et un 2e arrêt ferroviaire à proximité du lycée, un réseau de bus qui dessert l’ensemble du quartier et un concept de mobilité douce qui se met progressivement en place, mais aussi avec un développement urbanistique qui s’articule autour d’un tracé qui a été réservé dans l’hypothèse probable de l’arrivée d’un bus à haut niveau de services à moyen terme.

Par Smart, on entend souvent ultra-connecté. Quelle est la place des nouvelles technologies dans ce quartier qui a déjà plus de dix ans d’existence ?
On peut effectivement récupérer une multitude de données avec des capteurs ou des sondes. Encore faut-il savoir les analyser, les interpréter et les utiliser correctement. La technologie ne peut qu’optimiser une situation d’où l’importance d’avoir fait les bons choix initiaux en matière de mobilité, d’implantation, d’architecture, de construction durable et écologique, d’efficience énergétique, etc. Prenons l’exemple du bâtiment dans lequel nous nous trouvons. Avant de penser à installer des détecteurs de présence et de luminosité pour optimiser l’éclairage artificiel, les concepteurs ont créé les espaces sans linteaux de fenêtres avec de grands vitrages allant jusqu’à la dalle de plafond de manière à ce qu’un maximum de lumière naturelle pénètre dans les salles. Dans ce sens, un bâtiment intelligent peut parfaitement être low tech, c’est-à-dire pensé pour que l’efficience, le confort et l’utilisateur soient le moins possible tributaires de la technologie. La question de l’homme revient encore une fois au centre de la réflexion : toute technologie doit servir à optimiser le confort, ne pas être une fin en soi, et surtout être acceptée et comprise par l’utilisateur qui préfère souvent rester maître de la situation et, par exemple, ouvrir la fenêtre s’il le souhaite.

Le site est certifié DGNB, ce qui atteste que les critères environnementaux sont validés. Comment cela se traduit-il de manière concrète ?
Tout d’abord, nous avons réfléchi aux besoins réels des usagers du site et des bâtiments car le m3 qui consomme le moins d’énergie est celui qui n’est pas construit. On en revient toujours au concept initial qui prévoit notamment le partage et l’utilisation commune de certaines parties des bâtiments et qui réserve les rez-de-chaussée à des fonctions publiques ou semi-publiques : espaces d’exposition, lieux de restauration, commerces, salles de conférence partagées. Ceci permet non seulement de favoriser les interactions et synergies entre les utilisateurs, mais aussi de réduire le volume bâti et donc la consommation énergétique et les coûts de construction et surtout d’exploitation et d’entretien, et d’éviter que des salles restent vides tout en étant chauffées et entretenues pendant de longues périodes. Ne pas attribuer un bâtiment à un seul utilisateur et permettre le partage et l’utilisation multiple de certains espaces est en ce sens très Smart.

Un autre exemple est notre système de récupération des eaux de pluie. Il existait sur le site, du fait de l’exploitation industrielle antérieure, des réservoirs enterrés que nous exploitons toujours. L’eau de pluie des toitures des bâtiments est récupérée dans ces citernes pour arroser les plantes et alimenter les impressionnants bassins paysagers qui agrémentent le site, y apportent de la verdure et une ambiance agréable, tout en refroidissant l’air en cas de canicule ; ils forment en même temps des barrières indirectes pour éviter que les promeneurs ne se rapprochent trop des hauts-fourneaux et des zones non accessibles.

Enfin, on ne parle plus aujourd’hui de durabilité ou de responsabilité environnementale sans parler d’économie circulaire, de recyclage des matériaux, ou mieux de réutilisation, voire de upcycling. Le 1er bâtiment qui fut construit par le Fonds Belval, le Skip, a été conçu pour être démontable, transportable, reconstructible et trouver de nouvelles fonctions.

La mixité fait également partie des principes de durabilité… La mixité est un des piliers d’un quartier Smart, parce que la mono-fonctionnalité engendre tous les problèmes dont nous venons de parler en termes de mobilité, de gaspillage de temps, de carburant, d’énergie et d’espace, d’effets négatifs sur le paysage et l’économie du pays. Aussi, ce n’est pas un campus monofonctionnel qui a été réalisé, mais un quartier de ville à part entière à mixité fonctionnelle et sociale, un espace de vie qui regroupe toutes les fonctions (travail, habitation, loisirs, commerces, restauration, culture, études, recherche), des architectures de qualité, des places urbaines et toutes les populations.

Mélanie Trélat

Source : NEOMAG

Consultez en ligne NEOMAG #04

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jeudi 9 février 2017


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