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vendredi 21 juillet 2017

Smart Building, Smart City
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Smart Building, Smart City
Architecture & construction

Publié le mardi 14 février 2017 à 04:00

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Parce qu’il est connecté, le Smart Building tend à devenir une plateforme de services multiples contribuant à le valoriser. Dans son prolongement, la Smart City apporte le continuum de services à l’usager (consom’acteur) à l’échelle du territoire. Sur fond d’économie collaborative, cette mutation induit de nouveaux métiers autour de ces services. Si l’énergie au même titre que la mobilité et la santé en sont le moteur, la donnée en est l’élément central et sa gouvernance devient un sujet majeur. Qui assurera la régie de la donnée en toute confidentialité et sécurité  ?

Si l’on peut considérer le bâtiment comme notre 3e peau… c’est parce que nous y passons généralement plus de 75 % de notre temps. Or au même titre que nous sommes aujourd’hui presque tous connectés, le bâtiment tend à l’être aussi. Le vecteur de cette connectivité est l’internet qui en devient de facto le 4e fluide au même titre que l’eau, le gaz ou l’électricité, mais soumis à des cycles plus courts sur fond de mutualisation et partage. Cela ne signifie pas qu’il faudra changer de bâtiment tous les 3 ans comme on change de téléphone mais les concevoir ou les rénover en s’appuyant sur des systèmes et infrastructures capables de s’adapter à cette évolution à moindre coût sous peine d’obsolescence. C’est à cette évolution majeure que s’est attachée la Smart Building Alliance (SBA) dont le but est d’organiser la promotion de la filière des bâtiments intelligents, en fédérant l’ensemble des acteurs de la filière bâtiment. Neobuild est engagé au sein de la SBA, en tant que membre, pour apporter une vision pragmatique du secteur de la construction et de la construction durable luxembourgeois, mais aussi fédérer les acteurs de la Smart City autour de projets communs. Neobuild y met également à profit son expérience, à travers son Smart Building le Neobuild innovation living lab.

Le référentiel Ready2Services réalisé par la SBA distingue ainsi le lot «  Smart  » en 3 couches distinctes et dissociables, comprenant les équipements avec capteurs et actionneurs, l’infrastructure de communication IP et les applications cloud, l’ensemble devant reposer sur des standards ouverts et interopérables. C’est à cette condition incontournable que le bâtiment deviendra Smart, véritable plateforme de services avec à la clé un impact direct sur sa valorisation. Ainsi à l’instar de l’industrie automobile qui parle désormais de mobilité et de services autour de la mobilité, l’industrie du bâtiment doit changer de modèle pour proposer désormais des services autour d’espaces pluriels, multi-usages. Avec le numérique nous passons de l’ère de la propriété à l’ère de l’usage.

Cette (R)évolution en marche s’est accélérée en 2016 avec la conjonction de plusieurs facteurs. Tout d’abord l’usager est demandeur. En effet son environnement est de plus en plus connecté et il ne va bientôt plus comprendre pourquoi le bâtiment reste aussi étanche à toute forme de connectivité et d’intelligence adaptative. Il y a ensuite un enjeu financier majeur qui va contribuer à accélérer cette mutation. En effet, un bâtiment Smart est beaucoup plus efficient et cette efficience a un impact direct sur sa valorisation. En s’appuyant sur une infrastructure Ready2Service mutualisant plusieurs services tels que la gestion de l’énergie, la maintenance & l’exploitation, la gestion des espaces, la gestion du bâtiment et services généraux, la santé et le bien-être, les services aux occupants, le bâtiment passe d’un centre de coût à un centre de profit.

Bien entendu, pour l’usager, cet environnement Smart ne doit pas se limiter au bâtiment. Il doit s’étendre au territoire en apportant une continuité de service à l’usager grâce à l’interopérabilité et l’ouverture des systèmes mis en place. Ainsi au même titre que le bâtiment, le territoire doit lui-même être Ready2Services. C’est fondamental pour assurer la pérennité des systèmes et solutions mis en place et gagner la confiance à la fois des investisseurs et des usagers. Dans ce contexte, l’énergie avec le Smart Grid est un trait d’union entre le Smart Building et la Smart City, qui induit une énergie décentralisée et décarbonée et un arbitrage permanent entre les différents réseaux. Pour cela, il faudra pouvoir disposer en temps réel d’informations telles que la consommation énergétique d’un bâtiment à un instant T, sa propension à s’effacer, sa capacité à produire localement de l’énergie, à la stocker et à la mettre à disposition et ceci dans quelle proportion, à quel instant et sur quelle période de temps... Cela représente une masse considérable de données que seuls des algorithmes complexes reposant sur de l’intelligence artificielle pourront traiter pour autant qu’elles soient accessibles et disponibles sous un format standardisé. La SBA travaille sur ce prérequis au travers de son référentiel Ready2Grid, l’objectif étant que les bâtiments sortant de terre aujourd’hui ou devant être rénovés, soient tous Ready2Grid au même titre qu’ils sont ou seront Ready2Services pour une parfaite intégration au SmartGrid et à la SmartCity.

Dans la foulée un grand nombre de métiers vont devoir évoluer pour porter et garantir ces nombreux services portés par «  l’opérateur de services  » au Smart Building ou encore le «  conseiller Smart Building  » (voir page 59), auxquels il convient de se former dès aujourd’hui. Dans ce contexte, si le service de proximité est incontournable, la gestion de la donnée est bien le dénominateur commun. La capacité à traiter des données multiples étant de fait un critère majeur. La collecte, le stockage et le traitement de la donnée deviennent une fonction essentielle du Smart Building. Cela intègre bien entendu la sécurité et la confidentialité, conditions primordiales à la confiance des usagers et donc préalable à toute massification.

D’une manière générale, avec le concours du numérique il devient désormais possible pour notre société d’évoluer vers une organisation plus en réseau, décentralisée, où l’individu prend une place centrale, à la fois consommateur et acteur. Informé en temps réel sur son environnement et sur les conséquences de ses actes il passe de l’état de citoyen «  assisté  » à celui de «  citoyen responsable  » ou «  coresponsable  ».

Cette mutation de notre société doit prendre corps au niveau du Smart Building et s’étendre à la Smart City. L’énergie, la mobilité et la santé sont indéniablement les principaux moteurs de cette transition, pour plus d’efficience, de bien-être et une meilleure cohésion sociale.

Emmanuel François, président de la Smart Buildings Alliance for Smart Cities

Source : NEOMAG

Consultez en ligne NEOMAG #04

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Publié le mardi 14 février 2017


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