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Secolux et le développement durable
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Secolux et le développement durable

Architecture & construction

Publié le
mercredi 27 juillet 2016 à 04:00

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Entretien avec Marc Demanet, Services Development Manager, et Erwin Bruch, Principal Engineer Infrastructure au sujet du développement durable vu par Secolux.

Marc, pouvez-vous nous expliquer les débuts de la prise de conscience climatique ?
Fin des années 60, un groupe de scientifiques, le Club de Rome, s’est réuni afin d’examiner notamment quelle serait l’évolution future de notre planète sous différents scénarii : par exemple quel serait l’effet d’une augmentation de la population mondiale au rythme de l’époque (les autres paramètres demeurant constants) ; autre scénario, la poursuite de la croissance au niveau de la consommation de l’énergie y afférente etc… Quel que soit le scénario envisagé, leur conclusion était que si on continue à gérer la planète comme on la gère, notre planète ne suffira plus aux besoins exprimés par la population, ce qui engendrerait une décroissance brutale par la famine, la guerre, et d’autres problèmes. C’était un avis scientifique qui travaillait pour une prise de conscience que le modèle, tel qu’il a été appliqué à l’époque donnée, n’est pas soutenable.

Erwin, y-a-t-il un événement qui a renforcé cette prise de conscience ?

Le choc pétrolier dans les années 70 a constitué un tournant et a permis une prise de conscience à la fois de notre dépendance des hydrocarbures et des limites d’un modèle toujours plus demandeur en énergie alors que celle-ci n’étaient pas infinie. A cette époque, il n’y avait pas d’arrière-pensées climatiques mais une pensée énergétique et économique. En réaction, on a commencé à parler d’économie d’énergie. Cela s’est d’abord traduit par un début d’isolation des bâtiments par exemple. Encore plus tard, on a parlé des bâtiments qui étaient presque passifs, et puis des bâtiments passifs, et maintenant on parle des bâtiments near zéro, c’est-à-dire des bâtiments qui produisent autant d’énergie, voire plus, qu’ils en consomment. Ensuite, les grandes conférences climatiques, Rio… et dernièrement de Paris, ont déterminé que l’atmosphère de notre planète se réchauffe à cause des émissions de gaz à effet de serre produit par l’activité humaine. Le but est d’apporter une réponse à ce phénomène qui met en péril l’avenir de la planète et des générations futures.

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Marc Demanet

Marc, comment est-ce que l’Union européenne a réagi à ces défis ?
Parmi les axes stratégiques de la politique de l’UE, un des grands objectifs est de réduire au minimum la consommation d’énergie, étant donné que l’Europe n’a pratiquement pas de ressources propres en énergie. Cela a aussi pour conséquence de réduire l’impact global de l’Europe sur le climat. Le premier grand axe concerne donc l’économie de l’énergie. Le deuxième axe se situe au niveau des matières premières, qui sont presque épuisées et dont on veut en faire un usage responsable. Une réduction de la consommation implique aussi une réduction de notre dépendance vers l’extérieur et a un impact positif sur l’avenir de la planète. Cela se traduit notamment par le développement d’une économie circulaire. Le troisième axe est celui des réseaux. Nous devons optimiser la mise à disposition d’énergie en fonction du besoin des consommateurs par zone, en équilibrant les réseaux. Ceci génère une consommation moyenne plus proche de la consommation de crête qui fait qu’on a besoin de moins d’outils et qu’on a moins de pertes au niveau de l’énergie. Le quatrième axe concerne la connaissance, c’est-à-dire la matière grise, seule vraie richesse européenne. Le but est que la matière grise se développe de plus en plus, par le degré d’alphabétisation et d’éducation de la population européenne...

Erwin, pourriez-vous nous expliquer comment la stratégie de SECO s’inscrit dans ces axes ?
Le problème du climat n’est pas un problème local, mais un problème global, dans un monde dans lequel tout est interdépendant. On parle de développement, on parle d’énergie, et ce ne sont que des pierres dans un élément qu’on appelle le développement durable. De l’idée de dire qu’on ne peut pas laisser la planète dans un plus mauvais état que celui dans lequel on l’a reçue découle toute une série de politiques. La directive européenne eau qui découle notamment de tout ce qui concerne l’aspect cadre de vie. Une des seules richesses que nous avons encore c’est l’eau, et l’eau coûte très cher. Les conséquences au niveau de la santé peuvent être chiffrées maintenant, entre autres par les coûts de la sécurité sociale. La directive eau dit de mettre les actions en œuvre afin de faire en sorte que le niveau moyen des eaux en Europe atteigne un standard de qualité plus haut (construction de stations d’épuration, de réseaux séparatifs, de collecteurs, etc). Prenons par exemple une eau qui est plus propre, et avec laquelle nous avons moins de problèmes sanitaires, moins de risques au niveau réparations, et moins de risques au niveau de l’eau traitée. Donc plus on améliore la qualité de l’eau, plus on améliore la santé et donc mieux on contribue à la sécurité sociale.
SECO a participé au programme d’épuration en Flandres (Aquafin) et à Bruxelles (Vivaqua) en accompagnant la politique globale d’amélioration du réseau de traitement des eaux. En Wallonie, SECO accompagne le maître d’ouvrage depuis le début des années 2000 afin qu’il ait un haut standard de qualité commun à moindre coût.

Marc, comment est-ce que SECO participe au développement de la connaissance ?
Le quatrième axe, la gestion de la connaissance, est un des piliers de la SECO Academy. SECO a été fondé afin de rendre service au secteur par le partage de la connaissance. Le partage de la connaissance se fait par des conférences que nous donnons régulièrement, par des missions d’enseignement que toute une série de personnes chez nous assument. Ce partage se fait à travers bon nombre de missions dans lesquelles on ne s’arrête pas simplement au fait de dire oui ou non, mais en allant beaucoup plus loin en donnant des alternatives par rapport à ce qui est contrôlé et par rapport à la solution technique qu’il peut y avoir. Ceci se fait par la gestion de la connaissance interne avec des personnes responsables d’un domaine technique spécifique, et qui sont chargées de former des gens moins spécialisés et de maintenir à jour un outil de connaissance, une sorte de database organisée avec les différents domaines techniques, à savoir notre Secopedia.

Publié le
mercredi 27 juillet 2016


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