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mercredi 16 août 2017

« Oser avoir un regard nouveau »
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« Oser avoir un regard nouveau »
Architecture & construction

Publié le mardi 17 janvier 2017 à 04:00

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Rencontre avec Gilles Christnach, administrateur délégué chez Betic et représentant de l’OAI au sein du groupe de travail Energy.

Qu’avez-vous tiré de ce travail collaboratif ?
Tout d’abord, ce qui me plaît particulièrement dans l’idée de révolution est le fait de penser « out of the box », de mettre à plat les schémas existants et de définir d’autres solutions que celles qui ont fonctionné jusqu’à présent avec les limites que nous connaissons désormais.

En participant au groupe de travail Energy, j’ai réalisé qu’il n’est pas simple de sortir de sa zone de confort en ce qui concerne les schémas de production et de distribution de l’énergie. Nous sommes partis d’une feuille blanche pour réfléchir aux nouveaux liens et connexions, aux avantages et inconvénients, aux habitudes à modifier et aux évolutions à adopter en vue d’une production plus décentralisée et plus individuelle, et cela demande du courage et du temps.

Jeremy Rifkin est un traceur ou un visionnaire. Il a les arguments et le charisme pour entraîner un mouvement et a en plus l’avantage d’être externe au pays. Il peut donc se permettre de nous pousser dans nos retranchements pour nous ouvrir à de nouvelles solutions alternatives. Mais désormais, c’est à nous qu’il appartient de définir concrètement, par d’autres groupes de travail, les prochaines étapes.

Quelles seront-elles dans le domaine de l’énergie ?
Ce vers quoi nous devons aller, c’est le prosumer, celui qui produit et consomme en même temps. Cela passe par la décentralisation qui s’accompagne nécessairement d’un renforcement des infrastructures et des smart grids, mais aussi par le fait de trouver des solutions en matière de stockage de l’électricité.

Le stockage est un exemple concret de thématique qui n’a pas été suffisamment creusée à mon sens lors des réunions. Or, on ne peut pas construire un nouveau modèle énergétique luxembourgeois, qui tend vers l’autonomie, en faisant abstraction de cette problématique.

Dans votre métier d’ingénieur-conseil, comment apportez-vous votre pierre à l’édifice pour tendre vers ce nouveau modèle ?
Pour nous, le photovoltaïque est un élément clé dans la nouvelle structure énergétique. Aux producteurs et fournisseurs d’énergie maintenant de trouver des marchés qui encouragent la production locale décentralisée. Il leur faut également définir de nouveaux modèles de fonctionnement qui permettraient de répartir les excédents de production en fonction des besoins, à travers des réseaux et des compteurs intelligents.

Mais, avant même de parler de la manière dont nous pouvons produire de l’électricité, la 1re étape est de réduire notre consommation. La construction, l’industrie et la mobilité sont les trois piliers essentiels où la réduction va s’opérer. Une réflexion devra être menée sur les besoins réels dans chacun de ces domaines, sur la mutualisation des espaces et des équipements, sur l’immédiateté du retour sur investissement. Est-ce que chaque famille a besoin d’une maison unifamiliale de 220 m2 avec salle de sport privative ? Est-ce que des équipements qui durent 15 à 20 ans doivent nécessairement être amortis endéans 3 ans ? Ce sont des questions que nous devons nous poser. Des synergies sont également possibles au niveau communal et certaines ont déjà vu le jour : centres scolaires centralisés, ateliers et dépôts partagés, machines et équipement exploités communément… Il faut oser adopter un regard tout à fait nouveau pour réduire les impacts environnementaux et optimiser l’utilisation. Chez Betic, nous considérons que l’usager est au cœur de ce processus dans les bâtiments. C’est pourquoi nous l’impliquons pleinement dans le processus de conception.

Quelle est la place du smart dans tout cela ?
Là encore, il convient de trouver un équilibre entre ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas, d’autant plus qu’envoyer des données dans le cloud est énergivore et que, plus on implémente de l’intelligence artificielle, plus on augmente les risques d’erreurs, avec les conséquences que cela comporte. Mettons toute l’intelligence nécessaire dans les smart grids. Pour le reste, contentons-nous de l’indispensable. Par exemple, nous avons choisi de nous passer de climatisation dans notre bâtiment et d’avoir recours à une alternative : la ventilation nocturne. Cette solution, même si elle doit encore être affinée, est satisfaisante et elle fonctionne dans une trentaine de bâtiments au Luxembourg. Dans la mise en œuvre, nous devons sélectionner la technologie la plus adaptée à chaque cas et réduire l’intelligence artificielle à l’essentiel. Mais, nous devons aussi garder l’esprit ouvert à toutes les technologies possibles et rechercher de nouvelles solutions. Quand la solution n’existe pas, à nous d’en inventer une ! Nous avons eu l’opportunité de le faire au Biodiversum à Remerschen ou au lycée technique des professions de santé à Ettelbruck grâce à l’appui d’un maître d’ouvrage ouvert à l’innovation, l’administration des Bâtiments publics. Nous allons également installer pour l’administration communale de Fischbach le 1er arbre à vent à la maison relais d’Angelsberg…

Mélanie Trélat

Publié le mardi 17 janvier 2017


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