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OMS : instaurer une couverture sanitaire universelle
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OMS : instaurer une couverture sanitaire universelle

Politique & Gouvernance

Publié le
mercredi 13 janvier 2016 à 03:00

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Chaque année, 100 millions de personnes sombrent dans la pauvreté pour avoir dû payer des services de santé…

Avancer vers la couverture sanitaire universelle, c’est prendre des mesures en faveur de l’équité, des priorités de développement, de l’insertion et de la cohésion sociales.

Principaux points

  • Au niveau mondial, 400 millions de personnes n’ont pas accès à l’un ou plusieurs des services de santé essentiels.
  • Chaque année, 100 millions de personnes sombrent dans la pauvreté pour avoir dû payer des services de santé et environ 150 millions sont exposés à une catastrophe financière pour la même raison.
  • 32% des dépenses de santé sont payées par les personnes.
  • Des services de santé intégrés et centrés sur la personne sont essentiels pour instaurer la couverture sanitaire universelle.
  • Au cours des 20 prochaines années, pour répondre aux besoins, entre 40 et 50 millions de nouveaux agents de santé devront être formés et déployés.
  • À l’échelle mondiale, sur 56 millions de décès annuels, les deux tiers (soit 38 millions) ne sont toujours pas enregistrés.

 

Qu’est-ce que la couverture sanitaire universelle ?

On entend par couverture sanitaire universelle la situation où toutes les personnes peuvent utiliser les services de santé dont elles ont besoin sans se heurter à des difficultés financières au moment de les payer. Cette couverture devrait englober toute la gamme des services de santé essentiels de qualité, y compris la promotion de la santé, la prévention et le traitement, la réadaptation et les soins palliatifs.

Elle doit intégrer des interventions clés qui s’attaquent aux causes les plus importantes de morbidité et de mortalité. Un de ses objectifs est de veiller à la qualité des services de santé fournis qui doivent améliorer la santé des personnes qui y ont recours.

Lorsque les gens doivent régler eux-mêmes l’essentiel des dépenses, les pauvres ne peuvent bénéficier de nombreux services dont ils ont besoin, et même les riches sont exposés à des difficultés financières en cas de maladie grave ou longue. Les formes de protection contre le risque financier qui consistent à mutualiser les fonds (au moyen de l’impôt, d’autres recettes publiques et/ou de primes d’assurance) afin de répartir au sein de la population les risques financiers liés à la maladie, et qui permettent aux riches de subventionner les pauvres et aux personnes en bonne santé de subventionner les malades, améliorent l’accès aux services nécessaires et à la protection elle-même.

Il est impossible d’instaurer du jour au lendemain la couverture sanitaire universelle dans tous les pays. Néanmoins, tous les pays peuvent agir pour progresser plus rapidement sur cette voie ou pour préserver leurs acquis. Dans les pays où, traditionnellement, les services de santé sont accessibles et économiquement abordables, les gouvernements ont de plus en plus de mal à répondre à la croissance continue des besoins de santé de la population et à l’augmentation du coût des services de santé.

Les principaux facteurs utilisés pour déterminer quels sont les services auxquels les pays devraient donner la priorité sont le contexte épidémiologique, les systèmes de santé, le niveau de développement socio-économique et les attentes de la population.

La couverture universelle est solidement ancrée dans la Constitution de l’OMS (1948), qui fait de la santé un droit fondamental de la personne humaine et où figure l’engagement de veiller à ce que chacun puisse atteindre le meilleur état de santé possible.

Dissiper les idées fausses sur la couverture sanitaire universelle

La couverture sanitaire universelle n’intéresse pas seulement le financement de la santé. Pour fonctionner, elle doit porter sur tous les éléments qui composent le système de santé : les systèmes de prestation des services, les personnels, les établissements de soins et les réseaux de communication, les technologies de santé, les systèmes d’information, les mécanismes d’assurance de la qualité et la législation.

La couverture sanitaire universelle ne consiste pas seulement à assurer un ensemble minimum de services de santé, mais aussi à étendre progressivement la couverture des services de santé et la protection contre le risque financier, à mesure qu’augmentent les ressources disponibles.

La couverture sanitaire universelle n’induit pas une couverture gratuite pour toutes les interventions de santé possibles, indifféremment du coût, car aucun pays ne peut durablement fournir gratuitement tous les services.

La couverture sanitaire universelle englobe bien d’autres aspects que la seule santé. Avancer vers la couverture sanitaire universelle, c’est prendre des mesures en faveur de l’équité, des priorités de développement, de l’insertion et de la cohésion sociales.

La solidité des systèmes de santé, pilier de la couverture sanitaire universelle

Pour avancer vers la couverture sanitaire universelle, les systèmes de santé de nombreux pays doivent être renforcés. Le financement de la santé est un élément constitutif important de la couverture sanitaire universelle : il faut veiller à mobiliser des fonds suffisants, à réduire au minimum les paiements directs (au moyen du prépaiement et de la mutualisation) et à utiliser les fonds disponibles (y compris, le cas échéant, les dons) de manière efficiente et équitable.

Les pays doivent également disposer de personnels de santé capables de faire fonctionner un système de santé qui soit économiquement accessible, efficient et bien géré et réponde aux besoins de santé prioritaires au moyen de soins centrés sur la personne, intégrés et de bonne qualité. La bonne gouvernance, des systèmes cohérents d’achat et de distribution de médicaments et de technologies de santé, ainsi que des systèmes d’information sanitaire efficaces sont d’autres éléments essentiels.

La notion de couverture sanitaire universelle met l’accent non seulement sur la nature des services couverts, mais aussi sur les modalités de cette couverture, une place importante étant donnée aux soins centrés sur la personne et à l’intégration des soins. Il convient de réorienter la prestation de services afin de mieux les adapter aux personnes. Les systèmes de santé devraient être structurés autour des besoins et des attentes des personnes, du point de vue de leur santé globale à long terme, en vue également de les aider à comprendre leurs propres besoins de santé.

Par services de santé intégrés, il faut comprendre une prestation permettant à la population de bénéficier d’un continuum de services de promotion de la santé, de prévention des maladies, de diagnostic, de traitement, de prise en charge, de réadaptation et de soins palliatifs, aux différents niveaux du système de santé et dans différents lieux de soins, tout au long de l’existence. Les membres de la communauté sont alors mieux préparés à prendre eux-mêmes des mesures de prévention, avec à la clé des gains d’efficience et des économies à long terme.

Les avantages de l’instauration de la couverture sanitaire universelle

La couverture sanitaire universelle préserve et améliore la santé. Lorsqu’ils sont en bonne santé, les enfants sont en mesure d’apprendre et les adultes, de gagner leur vie. Cela aide les gens à sortir de la pauvreté et fournit l’assise nécessaire au développement économique à long terme.

Parallèlement, la protection contre le risque financier empêche les gens de sombrer dans la pauvreté alors qu’une maladie inattendue pourrait les obliger à utiliser les économies de toute une vie, à vendre leurs actifs, ou à emprunter – détruisant ainsi leur avenir et, souvent, celui de leurs enfants.

Est-il possible d’en suivre les progrès ?

Le suivi des progrès vers la couverture sanitaire universelle devrait être centré sur la couverture de la population par des services de santé essentiels de qualité, d’une part, et sur la protection contre les dépenses de santé directes catastrophiques, d’autre part. Il convient d’accorder une attention particulière aux groupes de population les plus défavorisés, comme les personnes pauvres ou celles qui vivent dans les zones rurales isolées.

Le suivi doit s’inscrire dans le cadre plus général de la performance globale des systèmes de santé, ce qui permet de le faire porter sur les agents de santé, les médicaments et les technologies, et de mesurer les effets sur la santé et la sécurité financière.

Il est important que les pays puissent mesurer leurs progrès vers la couverture sanitaire universelle. Les indicateurs utilisés peuvent porter sur différents domaines en fonction du contexte national concerné. Il peut également être utile de disposer d’un cadre mondial de suivi de la couverture sanitaire universelle fondé sur des critères standardisés reconnus internationalement, qui pourront ainsi être comparés d’un pays à l’autre et au fil du temps.

Action de l’OMS

L’OMS prête son concours aux pays désireux de renforcer leurs systèmes de santé en vue d’avancer vers la couverture sanitaire universelle, de la maintenir et de suivre les progrès.

L’OMS et la Banque mondiale ont élaboré un cadre de suivi des progrès accomplis vers la couverture sanitaire universelle. Ainsi, les pays peuvent vérifier que les objectifs ont été atteints et se concentrer sur les domaines qui appellent une plus grande attention. Le cadre est assorti de trois indicateurs généraux :

  • couverture des services de santé ;
  • protection contre le risque financier ;
  • équité de la couverture pour l’ensemble de la population.

L’évaluation de ces indicateurs a comme finalité l’instauration progressive de la couverture sanitaire universelle dans tous les pays.

Ce n’est là qu’un exemple des nombreuses formes de partenariats possibles pour renforcer les systèmes de santé en vue d’instaurer la couverture sanitaire universelle. La flambée de maladie à virus Ebola a révélé de façon brutale les besoins qui existent dans ce domaine malgré les flux massifs observés ces dernières années pour le financement des maladies. Parmi les autres formes de partenariat, citons :

  • le Partenariat international pour la santé (IHP+) ;
  • l’Alliance pour la recherche sur les politiques et les systèmes de santé ;
  • l’initiative Providing for Health (P4H) ;
  • l’Alliance mondiale pour les personnels de santé ;
  • le Partenariat pour la couverture sanitaire universelle.

En 2008, les États membres ont adopté la résolution intitulée Renforcement du dialogue national afin d’instaurer des politiques, stratégies et plans de santé plus solides . Par ailleurs, l’OMS rédige actuellement un manuel sur les politiques, stratégies et plans de santé nationaux visant à instaurer la couverture sanitaire universelle. Il devrait ensuite être adapté pour organiser des ateliers de renforcement des capacités à l’intention des ministères de la santé.

Tous les pays peuvent en faire plus pour améliorer les résultats en matière de santé et combattre la pauvreté, en améliorant la couverture des services de santé et en atténuant l’appauvrissement qui est associé au paiement des services de santé.

Source : Organisation mondiale de la Santé – www.who.int

 

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mercredi 13 janvier 2016


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