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Moins de produits chimiques pour imprimer les textiles
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Moins de produits chimiques pour imprimer les textiles

Recherche & Eco-Innovation

Publié le
lundi 25 janvier 2016 à 03:00

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L’impression sur textiles utilise beaucoup de produits chimiques, qui finiront par fuir dans l’environnement. Grâce à des progrès révolutionnaires en impression numérique, un consortium financé par l’UE a divisé par 10 la quantité nécessaire de produits chimiques.

C’est toute la chaîne de valeur qui sera affectée, et je dirais qu’il s’agit d’une nouvelle révolution industrielle pour le secteur.

L’impression sur textiles serait-elle sur le point de connaître une révolution majeure ? Depuis de nombreuses années, le processus classique d’impression sur textiles (la sérigraphie rotative) nécessite l’application d’une grande quantité de produits chimiques, ce qui consomme trop d’eau et d’énergie. Il impose aussi d’utiliser un écran de sérigraphie pour chaque couleur à imprimer, et il faut produire une quantité minimale de pâte d’impression pour garantir la qualité sur l’ensemble du lot. Cette pâte reste en partie sur les écrans et doit être nettoyée à l’eau, qu’il faut ensuite traiter. On estime que 90 % des produits chimiques utilisés ne restent pas sur les fibres du tissu.

En revanche, l’impression de type jet d’encre évite toutes ces formes de gaspillage : le seul qui reste est lié à la maintenance des têtes d’impression. Cette méthode d’impression a progressivement pénétré le secteur des textiles au cours de ces dernières années, mais des limitations techniques ont empêché de l’utiliser à grande échelle. En effet, le débit ne dépassait pas 5 mètres par minute, à cause du fonctionnement intermittent de la plupart des imprimantes numériques pour textiles. Par comparaison, le processus traditionnel de finition atteint 40 mètres par minute.

Le géant du textile TenCate s’est associé avec le fournisseur d’équipements Reggiani Macchine pour concevoir une nouvelle technique d’impression de type jet d’encre. Elle promet d’éliminer tous les obstacles à l’adoption généralisée de l’impression (et de la finition) numérique sur textiles. Le projet DIGIFIN (DIGItal finishing with High Speed Inkjet technology, significantly improving sustainability, flexibility and economic performance of the textile FINishing industry), achevé en juillet, a démontré la fiabilité technique et industrielle de cette technique pour des applications économiquement viables, et il a surtout montré qu’elle dépasse les processus traditionnels des points de vue techniques, économiques et du respect de l’environnement.

Gerrit Koele, coordinateur du projet et directeur général de TenCate Digital Finishing, nous parle des premiers produits réalisés avec cette technique, et comment elle devrait révolutionner la chaîne de valeur.

Comment expliquez-vous le manque actuel d’intérêt du secteur pour la finition numérique ?

Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il n’y a pas d’intérêt. J’estime que l’intérêt pour la finition numérique est là et progresse, mais qu’il n’arrive pas à se concrétiser pour deux raisons principales. La première est que les OEM en impression numérique se concentrent sur l’impression des couleurs et n’ont guère d’expérience dans la finition des textiles. La seconde est que les imprimantes actuelles impriment dans le mode DOD (Drop on Demand), qui n’utilise qu’un minimum de produits de finition. Pour améliorer la finition, il faut de meilleurs systèmes de revêtement, comme le système d’impression à jet d’encre ISIS, mis au point par le projet Osiris et dont TenCate poursuit les activités.

Selon vous, quels sont les principaux avantages de votre système par rapport aux autres ?

En matière de production, le jet d’encre est minimaliste, c’est-à-dire qu’il permet de doser avec précision la quantité de produits chimiques utilisée. Nous pouvons donc utiliser une impression CMJN. Au premier abord, cette méthode semble similaire à l’impression standard sur papier, mais au niveau technique, elle est totalement et fondamentalement différente.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les avantages qu’apporte cette technique pour l’environnement ?

DIGIFIN propose une innovation majeure en matière d’environnement. Cette technique réduit la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que la pollution. Elle permet en effet d’imprimer des textiles techniques avec la même qualité que les méthodes actuelles, mais en utilisant moins de 10 % de produits chimiques. Les techniques actuelles pour foulard exigent un mélange de toutes sortes de produits chimiques pour atteindre les objectifs d’impression, alors que l’impression numérique se contente des produits chimiques fonctionnels.

Le projet cible les textiles d’extérieur. Pourquoi ce choix ? Quelles applications avez-vous conçues jusqu’ici ?

Nous avons choisi le marché des textiles d’extérieur après mûre réflexion. En effet, le passage à l’impression numérique changera non seulement la technique de production, mais encore les habitudes de nos clients, des fabricants, des utilisateurs, ainsi que nous-mêmes et nos processus. C’est toute la chaîne de valeur qui sera affectée, et je dirais qu’il s’agit d’une nouvelle révolution industrielle pour le secteur. Le principal intérêt de viser des produits d’extérieur tels que les tentes et les auvents c’est que tout le monde verra les avantages du numérique. Ce marché semblait donc plus abordable et logique que nos prochaines cibles, comme la finition des tissus hydrophiles sur une seule face, etc.

Vous comptez donc continuer d’élargir la gamme de produits DIGIFIN ?

Oui. Notre but est absolument d’élargir notre gamme de produits à finition numérique, créant ainsi une gamme correspondant aux besoins actuels et futurs des clients, ouvrant des possibilités infinies de marketing, et apportant d’importants avantages pour l’environnement.

Êtes-vous satisfait des réponses du marché jusqu’à présent ?

Nous avons été très satisfaits de la réaction du marché, bien qu’il nous ait fallu faire un effort de marketing vers les utilisateurs eux-mêmes avant que nos clients, les fabricants, ne deviennent intéressés et finalement très enthousiasmés par notre solution. C’est en effet une innovation révolutionnaire, et les gens doivent s’habituer à une toute nouvelle réalité. Il faut du temps.

Quand pensez-vous que les premiers produits DIGIFIN seront disponibles ?

Le premier produit imprimé via DIGIFIN est déjà commercialisé, et nos tissus auvent par impression numérique et tente par impression numérique sont déjà disponibles et vendus à nos clients en Europe.

Continuerez-vous à développer des produits imprimés en DIGIFIN ? Si c’est le cas, quels sont vos plans ?

Nous continuerons certainement à développer notre gamme de produits à finition et impression numériques, et en fait, nous sommes persuadés que cette technique changera complètement notre futur proche. Nous travaillons sur trois nouveaux produits, mais pour le moment je ne peux en dire plus.

DIGIFIN : site web du projet

Source : CORDIS

Publié le
lundi 25 janvier 2016


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