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L’union fait la force
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L’union fait la force

Énergie

Publié le
mercredi 12 avril 2017 à 04:00

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Partie intégrante du mouvement citoyen Transition Minett, la coopérative TM EnerCoop a été créée en septembre 2013. Depuis, 4 projets ont vu le jour au Luxembourg.
Interview d’Albert Kalmes, président.

Pourquoi avoir choisi le modèle de société coopérative ?
Pour donner un maximum de possibilité aux citoyens de s’impliquer dans un tel projet. Ce qui nous a surtout motivés, c’est le fait que chaque coopérateur ait les mêmes droits et les mêmes devoirs quel que soit le nombre de parts qu’il détient. La coopérative est basée sur un principe démocratique selon lequel ce n’est pas le capital qui octroie un pouvoir décisif.

Quel est le fonctionnement de votre coopérative ?
Nous étions 12 membres-fondateurs au départ, nous sommes aujourd’hui 150, parmi lesquels 7 membres du conseil d’administration qui assurent la gestion journalière de la coopérative. Nous tenons chaque année une assemblée générale lors de laquelle le bilan annuel est présenté aux coopérateurs et les décisions de principe concernant les futurs projets sont prises. Nous publions une newsletter et organisons des workshops et autres événements à l’attention des coopérateurs. Par exemple, nous avons reçu Mathieu Richard d’Enercoop-France lors d’une conférence l’année dernière.

Comment est né le 1er projet ?
Nous avons réalisé notre 1er projet en 2014, sur le toit du hall omnisport de Lallange, en collaboration avec la ville d’Esch-sur-Alzette avec qui nous avons signé une convention pour la mise à disposition de la toiture de ce bâtiment public. Dès que le projet a été ficelé, que nous avions examiné sa faisabilité et sa viabilité, nous avons publié des dépliants et organisé des soirées d’information pour inviter les citoyens à participer. Nous avions besoin, pour mener ce projet à terme, de rassembler 50.000 euros soit 500 parts, le montant des parts étant fixé à 100 euros, et nous avons mis un mois et demi pour regrouper les fonds nécessaires.

Pourquoi 100 euros ?
Nous avons délibérément fait le choix d’un montant accessible pour permettre à chaque famille qui le souhaite d’investir dans le projet.

Que s’est-il passé ensuite ?
Dans la foulée, nous avons encore réalisé 3 autres projets : l’un en 2015 à Kayl/Tétange sur le toit d’une école fondamentale, de nouveau en collaboration avec la commune, et les deux autres en 2016 à Bettembourg sur le toit du hall sportif et à Schifflange sur le toit des vestiaires du stade d’athlétisme.

Quelle est la puissance des 4 installations déjà en place ?
Elles ont une puissance de 30 kW-crête. Sachant qu’une famille de 4 personnes consomme en moyenne 4.000 kW par an, cela représente environ la consommation annuelle de 8 ménages. Jusque fin 2016, la puissance installée ne pouvait pas excéder ce chiffre car, au-delà, l’État ne garantissait plus le tarif d’injection pendant 15 ans, ce sans quoi l’installation pouvait difficilement être viable économiquement. Un nouveau règlement grand-ducal favorise désormais la construction d’installations jusqu’à 200 kW-crête.

Vos prochains projets auront donc une plus grande envergure ?
Le bémol est que ce règlement a pour condition que la coopérative soit constituée exclusivement par des particuliers, or nous comptons dans nos coopératives 2 asbl et un fonds. Nous avons soulevé le problème auprès du ministère de l’Économie qui s’est engagé à faire évoluer le règlement en conséquence.

Hormis les limites réglementaires, à quelles autres contraintes peut-on être confrontés dans la réalisation de tels projets ?
Les frais de raccordement au réseau sont très élevés, ce qui risque parfois de mettre en péril la rentabilité d’une installation.

Percevez-vous des freins, ou au contraire un encouragement, du côté gouvernemental vis-à-vis de la mise en place de coopératives photovoltaïques ?
Il y a une volonté d’aller dans cette direction. N’oublions pas que c’est le Gouvernement qui est à l’origine du lancement de l’étude Rifkin au Luxembourg. Et, pour Jeremy Rifkin, la production décentralisée est à promouvoir. Je pense que les intentions du Gouvernement sont bonnes mais qu’il ne s’était peut-être pas rendu compte de toutes les contraintes qu’implique la mise en œuvre d’une production décentralisée. En outre, il est lui-même freiné par certaines directives qui viennent de Bruxelles.

Que pensez-vous de l’autoconsommation ?
En 2017, il est encore peu rentable, même pour un particulier, de produire l’énergie qu’il consomme. Le tarif d’injection étant dégressif - il diminue de 10 % par an -, le tarif d’injection correspond plus ou moins aux frais de consommation. À partir de 2018, les choses vont changer positivement, et du point de vue financier, et du point de vue écologique. La vision d’avenir est de consommer là où on produit, la puissance des acuts ne cesse de s’améliorer. Il faudra néanmoins toujours rester connecté au réseau pour écouler sa surproduction ou avoir une solution alternative en cas de dysfonctionnement de son propre système.

Les panneaux solaires que vous installez viennent d’Allemagne. Quelles sont les raisons de ce choix ?
En effet, les panneaux viennent de Bitburg, à 30 km au nord de Trèves, et nous travaillons avec des artisans locaux. Notre objectif est de produire de l’énergie verte, mais aussi de soutenir l’économie régionale et de créer une économie circulaire au niveau des flux financiers, pour que l’argent que nous investissons retombe dans notre escarcelle.

Mélanie Trélat

Publié le
mercredi 12 avril 2017


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