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L’innovation intégrée

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Publié le
lundi 21 octobre 2013 à 14:00

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Même s’il ne renie pas sa vocation première, l’institut de formation a amplement diversifié ses activités ces dernières années, et considérablement élargi sa palette de services. Son public est aujourd’hui constitué d’autant de cadres que d’ouvriers et les 200 formations au catalogue intègrent d’ores et déjà toutes les notions d’environnement et de sécurité, et bientôt celle de RSE.

Le challenge aujourd’hui est de faire entrer la RSE et les Green Skills dans toutes les fonctions de l’entreprise

Interview d’Elisabeth De Sousa, responsable développement durable, chef de projets, et d’Alexis Sikora, chef du département construction durable.

Comment l’IFSB a-t-il orienté sa stratégie 2012-2022 ?

E.D.S. : Elle s’articule en trois parties : l’innovation technologique -en particulier la construction durable et les éco-technologies-, l’innovation managériale et l’innovation pédagogique, qui combine durabilité et immersion virtuelle.

Innovation technologique, c’est-à-dire ?

E.D.S. : L’IFSB a la chance de partager les mêmes locaux que Neobuild, le pôle d’innovation de la construction durable. Cette proximité nous permet d’intégrer très vite l’innovation à notre offre de formations. L’innovation, dans notre secteur, est pleinement liée aux objectifs de développement des énergies renouvelables et de construction exclusive de bâtiments ‘zéro énergie’ à l’horizon, maintenant très proche, de 2020. En matière de construction durable, de beaux projets de formation sont en cours, qui sont regroupés sous l’appellation de ‘Green Jobs’. Les Green Jobs ont cette vocation de verdir notre économie. Il s’agit, par exemple, des formations de gestionnaire en efficacité énergétique des bâtiments, de concepteur de maisons en bois ou encore de celle de chef de projet en énergies renouvelables qui donne une vue d’ensemble sur les différents systèmes existants et sur leur compatibilité. Nous ne sous-estimons pas non plus les grands défis liés à la rénovation durable des bâtiments et à l’assainissement énergétique. Nous avons élaboré, sur cette thématique, une formation technique de dix jours répartis sur six mois, durant laquelle les stagiaires ont la possibilité de travailler sur des maquettes didactiques grandeur nature. Nous avons le souci permanent de la pratique, du concret et du cas d’étude. Cette formation, comme les autres, bénéficie de l’expérience d’experts de terrain.

Votre offre de formation destinée aux fonctions d’encadrement s’étoffe de plus en plus. Quel est l’enjeu ?

E.D.S. : L’IFSB est engagé depuis plusieurs années dans la responsabilité sociétale des entreprises et ce, à différents niveaux.

Le challenge aujourd’hui est de faire entrer la RSE et les Green Skills dans toutes les fonctions de l’entreprise. Nous avons donc développé un réseau d’experts qui nous permet d’aborder tous les aspects stratégiques d’une telle démarche. Il ne faut pas qu’il y ait cohabitation, mais intégration de la RSE au sein de l’entreprise, dans une optique inclusive et non segmentée. C’est pourquoi nous avons choisi d’orienter toutes nos formations sur les besoins spécifiques de chaque fonction en la matière. Nous avons déjà mis en place quelques cours qui vont de la lecture pas à pas de la norme ISO 26.000 à l’achat responsable. La formation d’achats responsables, par exemple, tient compte du fait que le public est composé d’acheteurs à qui nous allons proposer d’autres critères d’évaluation. Nous proposons également des cours qui portent la gestion des parties prenantes et visent à savoir les identifier, les catégoriser, les hiérarchiser, cerner leurs attentes et inclure ces dernières dans la stratégie d’entreprise, ce qui peut s’avérer très complexe, particulièrement pour les grandes entreprises, en raison du volume de leurs relations. Ces formations sont en général de courte durée (deux jours), mais elles permettent d’intégrer complètement le concept de RSE.

Par ailleurs, en tant qu’entreprise responsable, l’IFSB s’est engagé sur les critères de durabilité dans la construction. Nous avons élaboré, en collaboration avec Neobuild, une échelle de cotation sur des critères extra-financiers intégrés aux appels d’offre. Nous avons voulu que ce ne soit plus seulement à l’objet ‘bâtiment’ que s’applique la notion de développement durable, mais qu’elle soit d’ores et déjà adoptée par les entreprises qui vont construire ce bâtiment. Encore une fois, nous n’avons pas voulu rester dans la théorie, mais mettre en pratique notre échelle, voir si elle fonctionne et mesurer le niveau d’adhésion du marché à travers un démonstrateur. (dernière phrase coupée…)

Vous parlez d’une offre ouverte aux différentes fonctions au sein de l’entreprise. Contrairement à ce que le nom de votre institut indique, elle l’est également à d’autres secteurs que celui du bâtiment, n’est-ce pas ?

E.D.S. : Nous avons, avec notre département de management du développement durable, ouvert la porte à une vision multisectorielle et non plus seulement liée à la construction. Différents secteurs font appel à nous et nous entendons bien que cela continue dans ce sens.

Les entreprises doivent continuer à nous percevoir comme étant à leur service. Nous les invitons donc à nous faire part de leurs besoins spécifiques, qu’il soient d’ordre technique ou concernent le management, car nous avons une équipe pédagogique qui est pleinement capable de développer des formations sur mesure et nous ferons tout notre possible pour y répondre. Nous sommes ouverts à toute nouvelle proposition de collaboration. L’ouverture est vraiment ce qui nous caractérise.

Passons maintenant à l’innovation pédagogique. L’IFSB a développé avec un partenaire luxembourgeois un simulateur basé sur l’immersion virtuelle. De quoi s’agit-il ?

A.S. : Il s’agit d’un ‘serious game’. Concrètement, le stagiaire porte un casque avec un écran qui vient se placer devant ses yeux et il est immédiatement plongé au coeur d’un chantier virtuel évolutif. Il peut s’y déplacer et ses actions, comme dans la réalité, ont des conséquences sur celles des autres intervenants. La visualisation est très réaliste. Même les utilisateurs les moins aguerris aux nouvelles technologies ont été vraiment surpris de l’aisance avec laquelle ils parvenaient à faire les exercices. Cet outil offre la possibilité de travailler en mode multi-utilisateurs et en temps réel. Outre le casque d’immersion, d’autres dispositifs existent. On peut l’utiliser sur triple écran ou sur un ordinateur classique, en centre de formation bien sûr, mais aussi dans les locaux de l’entreprise ou sur les chantiers. C’est une solution portable et facile d’utilisation.

Quel est l’intérêt d’une telle solution d’un point de vue pédagogique ?

A.S. : Elle permet de mettre l’utilisateur face à des situations dangereuses sans affecter sa sécurité et sa santé, et celles des autres. Prenons l’exemple d’une personne qui doit poser un garde-corps au bord d’une dalle qui n’est pas protégée : dans la réalité, elle pourrait tomber et se blesser gravement ou se tuer, alors qu’en simulation, elle ne court aucun risque. L’immersion virtuelle nous permet d’une part d’évaluer le niveau de compréhension de la sécurité du stagiaire en fonction de la façon dont il réagit et d’autre part, de le former à identifier les risques pour sa sécurité et celle des autres et à choisir les équipements de protection adaptés afin d’améliorer son comportement de sécurité.

Ce mode de formation est déjà utilisé dans l’armée ou l’aéronautique qui utilisent des simulateurs pour entraîner leur personnel et il est tout à fait transposable à d’autres secteurs comme la construction ou l’industrie. 

L’utilisation de ce simulateur est-elle uniquement axée sur la santé et la sécurité, ou peut-on y avoir recours pour l’acquisition de gestes techniques ?

A.S. : Nous considérons l’utilisation du simulateur comme un complément aux formations que nous organisons et qui ont, évidemment, un volet théorique mais aussi un volet pratique. L’apprentissage de la technique se fait en situation réelle et peut être complétée par la simulation virtuelle, qui est réservée à des situations que l’on ne peut pas reproduire dans la réalité, pour des raisons de sécurité notamment.

Photo ©Marlene Soares pour LG Magazine

Publié le
lundi 21 octobre 2013


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