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L’innovation à la portée de tous
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L’innovation à la portée de tous

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Publié le
mercredi 6 août 2014 à 07:00

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Neobuild, le pôle d’innovation technologique de la construction durable, a été créé en 2011 sous l’impulsion de Bruno Renders, directeur de l’IFSB, et de Christian Rech, alors président du Cluster Eco-innovation. L’objectif est de démontrer que l’innovation ne se résume pas au dernier iPhone ou aux Google glasses, mais que le secteur de la construction est, lui aussi, dynamique, riche en idées et en compétences. Une équipe a été dédiée à la recherche des avancées technologiques qui émergent au sein des entreprises pour les mettre au service de l’ensemble des acteurs du secteur, de l’industriel à l’utilisateur final. A la tête de l’équipe : Francis Schwall.

Ce bâtiment n’est pas un bâtiment du futur qui, dans trois ans, sera un bâtiment du passé

La première vocation du pôle est de promouvoir l’innovation et de diffuser de l’information sur le sujet. Comment cette mission se traduit-elle ?

Nous prenons les entreprises par la main pour leur faire découvrir les nouveautés qui les concernent. Nous organisons pour cela des conférences et des workshops. Nous menons, en plus, des opérations pilotes comme la construction d’un bâtiment expérimental, qui constitue déjà un réel engagement de la part des entreprises de construction. Le BIM (Building Information Modeling) est également un bel exemple d’opération pilote. Il s’agit d’une nouvelle manière d’assurer le suivi d’un projet lors de toutes les phases de sa vie, de la programmation au monitoring final en passant par la conception et l’exécution. Cette méthode est encore relativement peu utilisée aujourd’hui, mais nous voulions absolument l’utiliser dans la conception du bâtiment afin de proposer un retour d’expérience aux entreprises. 

Nous récoltons également des idées des porteurs de projets potentiels via le site Internet de Neobuild. Nous ne voulons pas être suiveurs, mais participatifs. La dernière nouveauté en date est le lancement de concours d’innovation qui permettent de détecter le potentiel d’innovation existant au sein des entreprises. Plutôt que de chercher des solutions au cas par cas à des problèmes récurrents, nous proposons notre aide aux entreprises pour développer une solution globale qui peut ensuite déboucher sur un produit ou un service. Nous sommes là pour secouer la tête des entreprises pour qu’elles ne restent pas cloisonnées dans leur métier, qu’elles prennent conscience que l’innovation est à la portée de tous et qu’il faut innover, parce que leur avenir se trouve peut-être dans une direction qu’ils n’ont pas encore imaginée.

Neobuild publie aussi une newsletter, pour donner un aperçu des avancées qui sont réalisées dans l’ensemble du secteur, y compris au-delà de nos frontières. Nous balayons large : de la fondation en béton qui est la base jusqu’aux capteurs SMART qui seront d’ailleurs implantés dans notre bâtiment. Cette intégration est en réalité bien moins évidente que ce que l’on peut lire sur internet.

Ces premières années plutôt axées sur la prospection et la connaissance du marché portent-elles aujourd’hui leurs fruits à travers des projets concrets ?

Oui, et c’est d’ailleurs la deuxième vocation de Neobuild que d’accompagner le développement de projets. Certains projets ont démarré dès le début. C’est le cas de notre bâtiment, du cadastre solaire développé avec Cocert ou d’une collaboration avec Naturhome à laquelle nous avons apporté notre expertise technique. Nous avons fait le lien entre différents partenaires. Nous sommes aujourd’hui dans le vif du sujet et, de nouveau, nous balayons large.

Pouvez-vous nous donner davantage de détails sur le bâtiment Neobuild ?

Le bâtiment sera officiellement inauguré le 1er octobre, mais nous nous y installerons dès la fin du mois d’août pour commencer à le faire fonctionner. Il sera en partie accessible à des externes et des start-ups innovantes, qui pourront y louer des salles pour des durées variables, à partir d’octobre.

La seconde partie du bâtiment sera une zone de liaison expérimentale entre Neobuild et l’IFSB où différents tests grandeur nature seront réalisés. Elle constituera un véritable support pour les fédérations professionnelles, actives notamment dans les techniques spéciales et le parachèvement, qui sont en train de se rapprocher de l’IFSB via la Chambre des Métiers. Des capteurs intelligents qui permettront d’effectuer le monitoring du bâtiment pourront servir d’outils à des centres de recherche ou des universités. Nous y testerons divers matériaux innovants, dont certains sont encore au stade de développement et nous sont fournis par des industriels à titre expérimental, ainsi que des associations inédites de matériaux ou de techniques pour étudier comment ils interagissent ensemble et connaître les problèmes qui se posent lors de leur mise en œuvre combinée. Il sera même possible, dans une zone particulière, de démolir les murs pour les reconstruire avec les concepts de demain.

Ce bâtiment ne pourrait pas être agréé officiellement par un bureau de contrôle car nous avons choisi d’y glisser délibérément des erreurs, d’y essayer des choses qui ne se font normalement pas, comme l’alliance d’une toiture plate et d’une toiture en pente, par exemple. L’objectif est de donner un retour d’expérience aux membres de Neobuild à travers des formations ou des démonstrations. Le bâtiment restera, par ailleurs, semi-accessible au public qui pourra le visiter sur demande.

Nous avons quelques études qui sont déjà en cours et beaucoup d’autres dans les cartons, que nous développerons au fur et à mesure. Ce bâtiment n’est pas un bâtiment du futur qui, dans trois ans, sera un bâtiment du passé. En tant que ‘Living Lab’, il doit pouvoir évoluer en permanence. Nous sommes ouverts à ce que des entreprises ou des bureaux d’études techniques viennent y tester de nouveaux concepts, techniques ou produits, pour notre région et notre pays. Ce bâtiment devrait devenir le symbole de la communion entre les différents acteurs du secteur de la construction.

Pourriez-vous citer quelques-unes des innovations qui seront mises en œuvre dans le bâtiment Neobuild ?

Nous y installerons trois types de toitures vertes dont une qui sera modulable, facile à démonter et à remplacer, et qui donnera une fonctionnalité supplémentaire à la toiture. Il y aura cinq systèmes d’isolation différents en toiture, dont un fourni par un fabricant, et cinq autres systèmes d’isolation en façade qui seront associés à des capteurs pour en étudier le comportement. Six systèmes de ventilation centralisées, semi-centralisées et décentralisées, seront mis en oeuvre et nous permettront de simuler tantôt le comportement d’une maison, tantôt celui d’un bâtiment fonctionnel. L’entreprise Bétons Feidt nous a procuré des pré-murs ultra-fins avec isolant intégré sous vide qui constituent 90% du rez-de-chaussée du bâtiment et solutionnent la problématique du manque d’espace tout en répondant à celle d’atteindre une enveloppe passive. Un des systèmes de chauffage que nous avons retenu permettra d’encourager l’auto-apprentissage, afin que les occupants ne soient pas totalement tributaires de la technologie, qu’ils ne subissent pas leur environnement mais interagissent avec lui. Ceci n’est qu’un échantillon des nombreuses innovations présentes, que les visiteurs du Neobuild Innovation Center pourront découvrir grâce au parcours pédagogique que nous finissons de développer.

Publié le
mercredi 6 août 2014


Article de notre partenaire

Institut de Formation sectoriel du Bâtiment (IFSB)
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