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Handicap International appelle les gouvernements à prendre leurs responsabilités pour protéger les populations civiles en Afghanistan
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Handicap International appelle les gouvernements à prendre leurs responsabilités pour protéger les populations civiles en Afghanistan

Qualité de vie

Publié le
mardi 2 septembre 2014 à 06:30

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À l’occasion d’un sommet de l’OTAN, Handicap International appelle tous les gouvernements qui fournissent des contingents à la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) à marquer au plus vite les zones contaminées par les restes explosifs de guerre (REG) et à fournir les financements nécessaires à leur dépollution ainsi qu’à une assistance impartiale aux victimes du conflit, à travers les fonds communs des Nations Unies. La fermeture des bases militaires et des champs de tir s’accélèrent sans que ne soient systématiquement retirés les restes explosifs de guerre stockés, abandonnés ou utilisés par le personnel militaire. Plusieurs milliers de km2 de terres sont aujourd’hui pollués par ces nouveaux REG. Les cartes des terres contaminées au cours des opérations militaires de la FIAS ne sont pas encore disponibles. Selon les Nations Unies, le nombre de victimes civiles de restes explosifs de guerre recensées en 2013 et 2014 a sensiblement augmenté.

Mon pays était déjà l’un des plus contaminés au monde avant même la FIAS ne soit intervenue

Un Sommet de l’OTAN, organisé les 4 et 5 septembre 2014 à Newport, sera destiné à prendre toutes les mesures nécessaires pour conclure treize années d’intervention de la FIAS en Afghanistan. L’objectif de ce Sommet est de réussir la politique de retrait des forces militaires en présence, en s’assurant de l’efficacité des forces de sécurité afghanes et de leur capacité à maintenir la sécurité du pays, grâce à des actions de formation planifiées après le retrait en décembre 2014. Handicap International saisit cette opportunité pour rappeler aux gouvernements présents à ce Sommet, que le retrait des troupes de la FIAS doit s’accompagner du marquage et de la décontamination des zones polluées par les REG ainsi que d’une stratégie d’assistance aux victimes à la hauteur des enjeux. Dans le cadre de la Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques, Protocole V, dont la majorité des Etats actuellement engagés en Afghanistan sont parties, la destruction des REG et l’assistance aux victimes sont des obligations.

Depuis 2010, les bases militaires et les champs de tir qui ferment, retournent progressivement à un usage civil sans avoir systématiquement été décontaminés des restes explosifs de guerre stockés, utilisés ou abandonnés par la FIAS. Selon un rapport publié par le Washington Post en avril 2014, au moins 2.000 km2 supplémentaires de terre sont contaminées par des grenades, des roquettes et des obus de mortier qui pourraient exploser à tout moment, tuant ou blessant des civils. Plus de 300 sites de combats sont également jonchés de REG utilisés par les forces de la FIAS. La cartographie de ces zones n’est pas disponible pour le moment et le manque actuel de données empêche une estimation détaillée des coûts de dépollution et de la surface exacte à décontaminer. « L’un des principaux défis consiste à obtenir des données précises des forces militaires en présence. Les gouvernements représentant les pays impliqués dans la FIAS doivent allouer un budget pour la dépollution des restes explosifs de guerre et de définir une stratégie claire de dépollution » , déclare Anna Nijsters, directrice de l’ENNA, le réseau européen des ONG en Afghanistan, basé à Bruxelles et dont Handicap International est une organisation membre.

La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a signalé une augmentation de 14% du nombre de victimes civiles causées par des REG au cours des six premiers mois de 2014 par rapport à la même période en 2013 (206 victimes civiles au total, dont 76% d’enfants. Cela s’ajoute à une précédente augmentation de 63% de victimes civiles en 2013 par rapport à 2012 (343 victimes au total, dont 83% étaient des enfants. Rahmatulla Gholam Reza, victime d’une mine à l’âge de 9 ans est aujourd’hui un membre actif des Ban Advocates. Il craint de nouvelles pertes civiles, en particulier des enfants :« Mon pays était déjà l’un des plus contaminés au monde avant même la FIAS ne soit intervenue. Les pays membres de l’OTAN doivent respecter leurs engagements pour éviter de nouvelles pertes civiles. J’ai perdu mes deux jambes étant enfant à cause d’une mine et cela a complètement changé ma vie depuis. Je ne veux pas que cela arrive à quelqu’un d’autre. »

L’association, présente dans le pays depuis près de 20 ans (1996), est un témoin des ravages grandissants causés par ces armes et s’indigne de cette situation intolérable pour les populations civiles. Plus de 180 personnes, dont certaines victimes de mines et REG, travaillent pour Handicap International en Afghanistan. Elles concentrent leurs efforts sur la réadaptation physique, l’assistance aux victimes et la prévention aux risques liés aux mines et aux restes explosifs de guerre.

Communiqué par Handicap International / Photo ©Véronique de Viguerie / Handicap International

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mardi 2 septembre 2014


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