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jeudi 27 avril 2017

De la production à la consommation, une meilleure efficacité énergétique pour les villes intelligentes
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De la production à la consommation, une meilleure efficacité énergétique pour les villes intelligentes
Energie

Publié le mardi 10 janvier 2017 à 04:00

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En intégrant les systèmes de gestion de l’énergie, le projet BESOS, financé par l’UE, contribue à l’efficacité et à la durabilité des « villes intelligentes », tout en responsabilisant davantage les citoyens en leur donnant la possibilité de procéder à des choix éclairés.

Être considéré comme une ville « intelligente » capable de satisfaire les besoins quotidiens de ses habitants de la manière la plus efficace et durable possible exige que les autorités (publiques et privées) mettent en place une gestion coordonnée des ressources, qu’elles soient matérielles, environnementales ou humaines. Toutefois, à l’heure actuelle, de nombreux services urbains sont assurés par des fournisseurs différents. En matière d’énergie, le fait que la fourniture de services tels que le chauffage et l’éclairage urbains soit assurée par différents systèmes non intégrés de gestion de l’énergie (EMS, pour Energy Management Systems) empêche de saisir des opportunités de réaliser plus d’économies, tant au niveau des coûts que de la consommation.

Le projet BESOS, financé par l’UE, a entrepris de remédier à ce manque de coordination en développant un système de gestion avancé et intégré. Ce système a été conçu pour permettre aux quartiers d’accéder à des outils qui les aideront à prendre des décisions en matière d’infrastructure publique. Un autre objectif clé était de mettre davantage d’informations à la portée des citoyens pour faciliter leurs décisions.

Une plateforme d’informations pour faciliter les décisions

L’approche BESOS a conduit à ce que des solutions de gestion informatique hétérogènes puissent entrer en relation et partager des données grâce à la création d’une Open Trustworthy Energy Service Platform (OTESP), également accessible aux applications tierces. La plateforme OTESP fonctionne comme un centre d’informations conçu pour différents acteurs du secteur énergétique. Son développement s’est opéré en plusieurs étapes.

Tout d’abord, il a fallu déterminer les conditions, cas d’utilisation et indicateurs de performances clés (KPI) de scénarios spécifiques tels que ceux des systèmes publics d’éclairage ou chauffage/climatisation. Ensuite, une architecture et des modèles de données communs ont été développés et déployés de sorte à pouvoir être adoptés par les utilisateurs finaux, tout en garantissant également l’intégrité de la confidentialité des données. L’important était que la plateforme puisse interagir avec les différents systèmes de gestion de l’énergie (EMS) d’un quartier.

La méthodologie s’adressait principalement aux propriétaires d’infrastructures, généralement des municipalités, ainsi qu’à des sociétés de services énergétiques (ESCO) ou exploitants. La plateforme de partage de données a fourni aux propriétaires d’infrastructures un tableau de bord (appelé Business Balance Score Card) qui leur permet d’évaluer les performances réelles des accords de niveau de service (SLA) conclus avec les sociétés de services énergétiques et gestionnaires d’installations. Pour pouvoir surveiller et contrôler l’infrastructure et mettre en œuvre des stratégies intégrées d’efficacité énergétique, l’équipe du projet leur a également donné accès à un système d’aide à la décision (Decision Support System, DSS). Le projet a également créé un moteur de prévision énergétique (Energy Forecast Engine), dont Manuel Serrano Matoses, coordinateur du projet, indique qu’il s’agit d’« un des principaux résultats du projet, car il est capable de prévoir la production des éoliennes et panneaux photovoltaïques, ainsi que la consommation de différents équipements, tels que bâtiments, éclairage public, véhicules électriques, etc., et constitue donc un outil de planification essentiel. »

Les essais ont porté sur un large éventail d’équipements d’infrastructure publique, tels qu’éclairage public, immeubles de logement, micro-génération photovoltaïque (55 installations), éoliennes, chauffage intelligent, cogénération, points de recharge de véhicules électriques et systèmes de mobilité. Au total, l’essai réalisé à Barcelone et Lisbonne dans différents scénarios a porté sur une production électrique de 168 MWh/an et une consommation de plus de 250 Gwh/an.

150 experts et citoyens ont été impliqués dans l’évaluation des résultats du projet qui a montré qu’en termes de coûts-avantages, les villes participantes récupéreraient leur investissement dans les 4 à 5 ans et a mis en évidence une baisse des coûts de plus de 30 %. Les villes pilotes ont également dépassé leur objectif de réduction des émissions de CO2 de 20 % (20,65 % à Barcelone, 23,91 % à Lisbonne), conduisant à ce que M. Serrano qualifie d’« amélioration notable de la qualité de vie des citoyens de l’UE ». Il a précisé que, « compte tenu de la situation économique actuelle et de la dépendance vis-à-vis des ressources énergétiques, la fourniture d’un outil permettant de mieux gérer et surveiller l’électricité, en tant qu’outil d’information pour les autorités publiques, contribuera à stabiliser le budget des citoyens et des fournisseurs de services.

De nouvelles opportunités pour les pionniers du numérique

Le système BESOS étant librement accessible, il est à la disposition de parties prenantes telles que les sociétés de services énergétiques (ESCOS) et les autorités publiques, mais aussi des particuliers. Ainsi, l’un des impacts immédiats du projet BESOS n’est pas seulement d’améliorer l’efficacité des services : il permet aussi aux consommateurs et citoyens de prendre des décisions qui peuvent aider à maintenir les coûts au plus bas, et, grâce aux résultats obtenus en termes d’efficacité, contribue à la protection de l’environnement à plus grande échelle. D’autre part, l’autonomisation des consommateurs devrait inspirer les entreprises du secteur numérique à proposer de nouvelles offres.

La technologie étant conçue pour intégrer des dispositifs EMS de complexité variable, les résultats du projet sont très facilement transférables et adaptables à d’autres capitales du monde entier, indépendamment de leur taille ou lieu. Le projet a déjà identifié des débouchés commerciaux pour 2017 et a l’intention de commercialiser une gamme de produits, notamment les « smart cities cockpits » (postes de pilotage des villes intelligentes) et l’« energy forecast engine » (moteur de prévision énergétique).

En outre, pour encourager l’adoption de la technologie, le consortium du projet BESOS est impliqué dans plusieurs partenariats internationaux consacrés à la mise en œuvre de stratégies de ville intelligente.

Pour plus d’informations, veuillez consulter : site Web du projet

Illustration : Designed by Freepik

Source : CORDIS

Publié le mardi 10 janvier 2017


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