A la bonne URE ! (2)

A la bonne URE ! (2)

Les particuliers sont déjà bien servis en termes de conseils énergétiques grâce aux différents bureaux d’expertises mais quid des entreprises luxembourgeoises qui cherchent aussi à diminuer leurs consommations. Bien entendu, si le but est le même, les raisons et les moyens diffèrent pour ces dernières.

Suites des explications d’Alexandre Bertrand, ingénieur au Centre de Ressources des Technologies pour l’Environnement qui œuvre au sein du CRP Henri Tudor pour accompagner les dirigeants, ingénieurs et techniciens dans une Utilisation Rationnelle de l’Energie (URE). Retrouvez la première partie de cette interview ici !

On serait tenté de croire que cette simple récolte de mesures de consommation serait, au contraire, la partie facile du travail. Pourquoi est-ce si difficile ?

Pour la simple et bonne raison que les mesures d’optimisation, ça se trouve !
Nous avons de la chance car, surtout dans le domaine de l’énergie, il y a déjà beaucoup d’études de cas ou de littérature disponibles, nous avons des contacts, des projets de recherches sur lesquels nous appuyer pour savoir où intervenir, quoi optimiser, quelle vis tourner et dans quel sens. C’est aussi ce pourquoi nous sommes formés à la base.

Par contre, pour pouvoir définir quelle installation consomme quoi, il faut faire des campagnes de mesures ou, par manque de temps, de budget ou de possibilités techniques, des calculs, de la modélisation ou de la simulation. Selon la méthode appliquée, le niveau d’erreur peut devenir très élevé et compliquer alors la définition de priorités.

Tout cela pour en arriver à la seconde et dernière étape…

Pour la définition des mesures d’optimisation, nous appliquons une approche systémique. En plus d’optimiser les composants un par un, nous essayons aussi d’optimiser le système de manière globale.

Les contraintes techniques et financières pour l’entreprise, comme une certaine limite sur le temps de retour sur investissement, doivent aussi être considérées lors de cette définition. Bien sûr, après cela, il faut tout mettre en place, former aux différentes manipulations et assurer des vérifications régulières.

Cela mobilise combien de temps et de personnes ?

Tout dépend de la taille et de la complexité de l’entreprise, ainsi que de l’envergure de l’analyse. Dans le cas d’un prédiagnostic énergétique d’un site “simple“, nous pouvons compter deux personnes pour une semaine de travail.

Pour un chantier plus conséquent, comme ce fut le cas pour la chaîne de supermarché Cactus pour laquelle nous sommes intervenus sur la production de froid, nous avons eu besoin d’un an de récolte de données pour prendre en compte les différences saisonnières.

Il est aussi important de considérer que l’entreprise devra aussi investir du temps pour l’acquisition des données, les réunions, les visites sur sites, etc.

De quelle évolution pouvez-vous témoigner quant à l’investissement des entreprises ?

Il y a dix ans, la démarche était très différente et nous devions expliquer aux entreprises les impacts de nos consommations sur l’environnement et l’effet de serre. Bref, nous devions les initier à l’écologie.

Aujourd’hui, c’est devenu un sujet largement répandu et la plupart des gens sont assez renseignés. Du coup, si l’aspect financier reste le premier moteur, PME comme industries lourdes sont également motivées par l’image positive non négligeable que cela leur confère. Ils n’hésitent pas à communiquer sur leur application de l’URE.

Bien sûr, il y a aussi une prise de conscience plus aigue et cela, nous le remarquons lorsque nous intervenons sur site. Nos conversations avec les employés ou les patrons sont plus concrètes, même s’il y aura toujours besoin des campagnes de sensibilisation.

Retrouvez la première partie de cette interview ici !

Photo ©Marlene Soares pour LG Magazine

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Publié le jeudi 7 novembre 2013
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