Ventilation des bâtiments : Novalair appelle à sortir du tout curatif

Ventilation des bâtiments : Novalair appelle à sortir du tout curatif

Entre installations mal conçues, entretien insuffisant et manque de vigilance, Novalair intervient régulièrement pour corriger des situations à risque. Tony Russo, directeur de cette société spécialisée dans la maintenance et l’hygiénisation des réseaux d’eau et d’air, plaide pour une approche plus préventive et une prise de conscience collective.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, nous passons plus de 80 % de notre temps dans des espaces clos. Pourtant, la qualité de l’air que nous y respirons reste largement sous-estimée. « On ne se rend pas compte de toutes les répercussions que l’air peut avoir sur nos vies quotidiennes », observe Tony Russo. Troubles du sommeil, irritabilité, difficultés de concentration ou problèmes respiratoires : les symptômes existent, mais le lien avec l’air intérieur est rarement établi spontanément.

Des installations souvent mal conçues ou mal entretenues

Tony Russo
Tony Russo - © Fanny Krackenberger

Sur le terrain, le constat est parfois sans appel. « Il n’y a souvent pas d’entretien des gaines de ventilation, tout simplement », explique Tony Russo. Les demandes arrivent lorsque les signes deviennent visibles. On pense notamment aux moisissures dans une salle de bain, buée persistante, problèmes de santé inexpliqués, notamment chez les enfants. « Pourtant, certaines anomalies remontent à la conception même des installations de ventilation. »

Prises d’air neuf placées trop près du sol, gaines mal positionnées, réseaux déséquilibrés… des erreurs basiques mais aux conséquences durables. « Ce sont des choses évitables, avec un peu de bon sens. ». D’où l’importance, selon lui, de réaliser des audits avant toute intervention. Vérifier si le système correspond réellement à l’usage du bâtiment, si les débits sont adaptés, si les flux sont cohérents.

Autre dérive fréquente : confondre entretien et simple remplacement de filtres. « Changer un filtre, ce n’est pas nettoyer un système », rappelle le fondateur de Novalair. Les bouches, les gaines, l’intérieur des installations jouent un rôle clé dans la qualité de l’air. Sans nettoyage complet, les polluants continuent de circuler.

L’humidité, ennemie numéro un

Parmi les sources de pollution intérieure, Tony Russo en identifie une comme particulièrement préoccupante : l’humidité. « Ce n’est pas la moisissure le problème de départ, c’est l’humidité mal évacuée. » Salle de bain, buanderie, cuisine : sans extraction efficace, les spores se développent, avec des effets potentiellement nocifs sur la santé.

Pulvériser un produit peut masquer temporairement le problème, mais ne règle rien sur le fond. « Si on ne traite pas la cause, la moisissure reviendra », insiste-t-il, prônant une approche préventive plutôt que curative. Une démarche qui a aussi un impact économique : un système mal entretenu consomme davantage d’énergie, avec des coûts souvent invisibles mais bien réels.

Au-delà des équipements, Tony Russo appelle surtout à plus de vigilance de la part des occupants. Observer, s’informer, comprendre son environnement et ses usages. « Il n’y a pas une fréquence d’entretien universelle. Tout dépend de la manière de vivre, du lieu, de l’environnement. » En matière d’air intérieur, le premier levier reste finalement le bon sens… éclairé par les bonnes informations.

Sébastien Yernaux
Photo : Fanny Krackenberger

Extrait du dossier du mois « L’air de rien »

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Publié le mardi 17 février 2026
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