
URSOILL au Luxembourg : 10 sites pour restaurer les sols
Le Luxembourg est l’un des cinq pays à prendre part à URSOILL. Financé par des fonds européens, ce projet vise à développer des solutions innovantes pour la restauration durable des sols urbains. Au Grand-Duché, plusieurs sites d’expérimentation forment un living lab, afin de tester et développer des techniques et de les rendre réplicables.
Mi-février, les partenaires luxembourgeois du projet URSOILL se sont retrouvés à Belval pour la réunion de lancement de ce projet européen de recherche et d’amélioration de la santé des sols.
« Cinq living labs en Suède (boréal), en Espagne (atlantique), en Italie (alpin), en Grèce (méditerranéen) et au Luxembourg (continental) co-créeront et testeront des solutions fondées sur la nature, technologiques et socio-économiques. »
Présentation officielle d’URSOILL
La coordination nationale est menée par le Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST), notamment par Anna Espinoza, senior researcher, et Elise de Laulanie, soil protection engineer. La tâche dépassera amplement le cadre des bureaux du LIST, pour s’étendre sur 10 sites au Luxembourg, où des tests seront menés avec les différents partenaires du projet.
« Nous voulons vraiment nous assurer que la technologie que nous souhaitons mettre en œuvre soit réalisable pour vous : pour les propriétaires fonciers, pour les experts des sols qui devront l’utiliser sur d’autres sites, pour les autorités publiques qui devront approuver ces nouvelles technologies, et pour la société en général, qui doit également accepter et constater que la technologie mise en œuvre est compatible avec nos modes de vie et activités. »
Anna Espinoza, senior researcher au LIST
Les 10 sites luxembourgeois
Les différents lieux concernés sont volontairement de natures différentes : parking, jardins communautaires et espaces verts, sites industriels et urbains.
La carte, également disponible sur le Géoportail, indique l’emplacement de chaque site du living lab luxembourgeois :
- Place des Alliés, Differdange
- Parking Cité de la Chiers, à Differdange
- Wandel Bar, jardin urbain à Differdange
- Tiny urban forest, à Bettembourg
- Jardin Communautaire Jacquinot, à Bettembourg
- Parking Huncherange Cimetière, à Bettembourg
- Jardin communautaire, à Sanem
- Metzeschmelz, site industriel en cours de conversion en un quartier, à Schifflange
- SISA, espace vert dans un site industriel, à Bascharage
- Quartier Belval Sud, site industriel, à Esch-sur-Alzette
Trois grands objectifs pour les équipes luxembourgeoises d’URSOILL
Le projet européen comprend huit objectifs, parmi lesquels chaque zone participante a été invitée à en sélectionner trois. Anna Espinoza : « Nous avons défini que l’artificialisation des sols, la pollution et la culture des sols (soil literacy) seraient trois thèmes ou objectifs principaux à traiter dans ce projet. Pour cela, nous souhaitons appliquer des solutions fondées sur la nature. »
Le dernier point, soil literacy, relève de la sensibilisation du public – citoyen, mais aussi autorités publiques – à l’importance de la santé des sols, en particulier en milieu urbain. Le CELL – Citizens for Ecological Learning and Living – assurera en majeure partie cette mission de diffusion, de réseautage et de renforcement des capacités.
« CELL met en relation les acteurs du projet et implique trois jardins communautaires dans les activités. Des ateliers seront notamment organisés pour le grand public. »
Karine Paris, coordinatrice au CELL
En octobre, le Luxembourg accueillera un grand événement réunissant les participants des cinq pays du consortium.
Trouver des solutions pour contrer l’artificialisation des sols et la pollution
Les autres partenaires bénéficiaires se pencheront sur les solutions de désartificialisation et de dépollution des sols. Ils seront accompagnés dans ces tâches par les chercheurs du LIST, responsables des prélèvements et analyses.
Ils seront également soutenus par les équipes de l’Administration de l’environnement. Gaetan Fourvel, chargé d’études sur la protection des sols : « Notre rôle consiste principalement à évaluer les résultats des solutions techniques testées à la lumière du cadre juridique existant, afin de vérifier leur applicabilité légale. Si nécessaire, nous contribuerons à adapter le cadre réglementaire national pour permettre la mise en œuvre des solutions pertinentes. »
Géoconseils (avec InterAlia et Gewatec)
Géoconseils est un bureau d’ingénierie privé fondé en 2004, avec une expertise en sols pollués. La société travaille avec deux entités affiliées : InterAlia (bio-ingénierie) et Gewatec (entreprise de forage).
« Géoconseils et InterAlia partageront leurs connaissances en biologie, santé des sols, pollution, agriculture, agronomie, législation européenne et nationale, ainsi que leur savoir-faire en matière de participation aux événements de co-création, de coordination et de supervision des sous-traitants. Nous veillerons à la bonne mise en œuvre sur les sites et apporterons un soutien pour le reporting, la communication et la diffusion. »
Laetitia Sehad, directrice de département chez Géoconseils
Agora
Créée en 2000, Agora est une société de développement détenue à 50% par l’État luxembourgeois et à 50% par les anciens propriétaires des sites sidérurgiques d’ArcelorMittal. Elle met deux sites à disposition du projet : Metzeschmelz à Schifflange et le quartier Belval Sud.
« L’objectif d’Agora est de partager son expertise en développement urbain et de tirer parti des résultats du projet, notamment en intégrant les solutions retenues - comme la phytoremédiation - dans les processus de réhabilitation. »
Yves Biwer, directeur administratif et financier d’Agora
En validant de bonnes pratiques de restauration des sols urbains, URSOILL contribue aux objectifs du Pacte vert pour l’Europe et à la vision de 100 Soil Living Labs & Lighthouses d’ici 2030.
Marie-Astrid Heyde
Photos : Picto












