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Une extension auto-construite par le CIGL d’Esch
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Une extension auto-construite par le CIGL d’Esch

Architecture & construction

Publié le
jeudi 19 janvier 2023 à 04:30

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Sur le site du jardin Kalendula d’Altwies, le CIGL d’Esch-sur-Alzette a inauguré son nouveau Centre d’éducation à l’environnement.

/La présence du CIGL - Centre d’Initiative et de Gestion Local - d’Esch-sur-Alzette sur le site d’Altwies remonte à 2007. À l’époque, la jeune équipe récoltait des semences directement en forêt pour les planter et faire ainsi pousser des haies autochtones. Quinze ans plus tard, le CIGL y inaugure son Centre d’éducation au développement, un bâtiment à ossature bois construit des mains de l’équipe.

Ça a bien poussé aussi du côté des projets. Le jardin Kalendula, à vocation pédagogique, accueille des classes venant de tout le pays, en moyenne trois fois par an (entre mars et juillet). « Les enfants apprennent mieux les notions de mathématiques - de poids, de grandeurs, etc. en situation pratique qu’en classe, sans parler des valeurs comme le partage et la patience », explique Amélie Brenner, conceptrice en éducation à l’environnement. Le jardin portant ses fruits (et légumes), une vente aux particuliers a été mise en place et rencontre un franc succès. On y retrouve les légumes oubliés, toujours de saison : d’anciennes variétés de choux, des topinambours, des blettes, etc.

L’accueil des enfants et la gestion des récoltes nécessitent bien entendu quelques infrastructures. Seul un chalet - longtemps dépourvu d’accès à l’eau courante et à l’électricité - permettait de rudimentairement répondre à ces besoins. « Entre temps, l’équipe a grandi, les besoins ont changé », précise Carlos Breda, coordinateur général.

Faciliter la réinsertion

Avant d’en arriver à la construction à proprement parler, il est opportun de rappeler que le CIGL Esch a pour principale mission la réinsertion socio-professionnelle, les différentes activités servant de support. Carlos Breda : « nous avons une convention avec le ministère du Travail qui nous octroie un nombre d’équivalents temps plein. C’est ensuite l’Adem qui nous envoie des candidats répondant à certains critères. Ce sont généralement des personnes non qualifiées, dont certaines ont des restrictions physiques et environ 25% ont plus de 50 ans. Elles restent avec nous maximum deux ans et en moyenne, un tiers sont réinsérées. C’est un quota assez élevé pour la réinsertion ».

« Notre démarche est de leur proposer des activités intéressantes, telles que le maraîchage, la vente et, ces derniers mois, la construction. Ce n’est pas pour autant leur projet professionnel, pour lequel ils ont accès à des formations et à un accompagnement en vue de rejoindre le marché de l’emploi ordinaire », développe Amélie Brenner.

Au sein de l’équipe permanente, on compte trois concepteurs-animateurs et un responsable des cultures qui se répartissent sur les sites d’Altwies et Esch, une chef d’équipe pour chaque jardin et un coordinateur pour les deux sites, qui s’occupe également des activités liées à la construction.

Voir plus grand en cherchant tout près

Le terrain étant situé en zone verte, à proximité directe de la forêt, de nombreuses contraintes s’appliquaient, notamment ne pas construire trop près de la forêt, ni trop près de l’autoroute A13 toute voisine, ou ne pas couler de chape en béton. Plusieurs plans ont été proposés et validés par le ministère de l’Environnement. C’est finalement un projet d’extension (180 m2) du chalet existant (120 m2) qui a été retenu.

La construction a donc enfin pu démarrer il y a près de 2 ans. L’ossature et les fondations sont en bois, à l’exception des quelques plots de béton auxquels sont fixées les poutres principales, pour assurer la stabilisation. Amélie Brenner : « Le coordinateur étant ingénieur en éco-construction, il a pu établir les plans et s’est chargé du suivi du chantier ». Ici, tout est monté des mains des salariés - permanents et en réinsertion - au rythme qu’il leur est possible d’assumer. Des structures partenaires, des architectes intéressés par les techniques employées et des particuliers motivés par l’auto- et éco-construction ont donné des coups de main ponctuels dans ce chantier participatif. Seuls l’électricité et les sanitaires ont été confiés à des professionnels du métier.

« Nous avons privilégié les matériaux durables, et pour la plupart locaux », détaille la conceptrice. « Le bois vient directement de la forêt voisine, avec des exceptions - dues à la taille de certaines poutres par exemple - que nous sommes allés chercher en Belgique ». L’isolation a été réalisée en bottes de paille locale, et les murs sont couverts d’un enduit maison fait d’argile, de sable et d’eau : « Nous avons fait appel à un formateur et avons réalisé différents tests pour trouver les bonnes proportions à utiliser ».
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Un résultat uniforme et opérationnel

Le bardage est réalisé en mélèze non traité, qui grisonnera sans perdre de son charme. Pour un résultat uniforme, il couvre également les façades du chalet initial - qui ont été préalablement isolées. À l’extérieur, on trouve un hangar de stockage également construit en interne, et une cuve de 100 m3 qui procure une bonne partie de l’eau nécessaire aux activités.

À l’intérieur aussi, les options écologiques ont été privilégiées : les meubles sont soit faits maison, soit issus de la récupération. On y trouve au rez-de-chaussée une cuisine destinée aux ateliers et aux équipes, une seconde professionnelle pour la cuisine de transformation, avec chambres froides (le CIGL propose soupes, confitures et autres préparations à la vente), des sanitaires, et à l’étage une salle de formation et de réunion.

Le financement est en partie pris en charge par l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte. Le budget global s’élève à 320.000 euros.

Avec ce nouveau centre inauguré lors d’une journée festive début octobre, le CIGL d’Esch est prêt à poursuivre ses projets et à en proposer de nouveaux, toujours axés sur l’environnement, la santé et la convivialité.

Marie-Astrid Heyde
Photos : Infogreen.lu / 4x3 / CIGL Esch
Extrait du dossier du mois « Bâtir d’autres modèles »

Publié le
jeudi 19 janvier 2023


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