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Un secteur qui mérite sa place au sein des organisations patronales

Économie sociale et solidaire

Publié le
lundi 26 novembre 2018 à 04:00

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Créée en 2013, l’Union luxembourgeoise de l’économie sociale et solidaire (ULESS) vise à défendre et à promouvoir les intérêts des entreprises de l’économie sociale et solidaire, un secteur en pleine expansion au Luxembourg. Infogreen est allé à la rencontre de son directeur, Jean-Christophe Burkel.

M. Burkel, comment l’ULESS favorise-t-elle la visibilité de l’économie sociale et solidaire ?

/Le travail de l’ULESS, c’est en effet de la visibilité, mais pas de la visibilité spectaculaire. L’ULESS est une plateforme qui est au service de ses membres. L’économie sociale et solidaire, si c’est un terme qui réunit un certain nombre d’entreprises, ce n’est pas non plus quelque chose d’uniforme au sein du secteur, ni quelque chose que nous voulons promouvoir de manière agressive, ni comme une alternative.

Nous travaillons pour la visibilité à long terme du secteur. On essaye à la fois de défendre les membres et de les représenter pour faire que ce secteur soit visible en tant qu’un secteur parmi d’autres, qui n’est pas en marge, qui n’est pas particulièrement différent, qui a ses propres valeurs, au même titre que l’artisanat ou que le secteur bancaire, par exemple.

Le rôle de l’ULESS est donc de faire en sorte qu’il y ait une représentation institutionnelle avec le gouvernement lorsque des questions se posent concernant l’évolution du secteur, qu’on travaille avec la Chambre des députés quand des projets de loi sont déposés ou votés, qu’on travaille avec la Commission européenne lorsque des politiques européennes nous concernant doivent être développées. Mais aussi de figurer dans l’accord de coalition du prochain gouvernement.

Quels sont les prochains défis de l’ULESS ?

Notre secteur a la chance d’avoir un ministère dédié depuis déjà 10 ans, avec un ministre en charge. C’est très important pour le secteur d’avoir cet interlocuteur et d’être l’interlocuteur privilégié de ce ministre qui sera désigné, on l’espère, avec l’économie sociale et solidaire dans son intitulé.

Ensuite, ce qui est très important pour l’ULESS, c’est d’être présent dans les organisations représentatives des employeurs de ce pays, donc le patronat luxembourgeois. Le secteur emploie plus de 30.000 salariés*, soit plus que l’industrie ou encore que le secteur des assurances, et autant que les établissements de crédit. Cela devrait nous donner le mérite d’être considérés et pris en compte du côté des employeurs. Donc, pour la prochaine législature, notre grand défi est de pouvoir être représentés de manière juste et équitable au sein des organisations patronales, telles que l’UEL et la Chambre de commerce.

Quel bilan tirez-vous des mandats des précédents ministres de l’ESS et qu’attendez-vous du prochain gouvernement ?

Ce qui compte le plus au niveau des relations institutionnelles, c’est la personne qui sera désignée. On a eu la chance d’avoir en 2009 le ministre Romain Schneider qui était une personne très engagée à titre personnel pour l’économie sociale. Il a beaucoup défriché la thématique de l’ESS au Luxembourg. Et le travail était ardu.

On a eu ensuite le ministre Nicolas Schmit qui nous a, d’une certaine manière, fait changer de ligue. Avec la présidence luxembourgeoise de l’Union européenne, on a eu une vraie visibilité au niveau européen. On s’est progressivement imposés avec deux lois successives comme un secteur qui mérite une législation et une fiscalité à part, qui s’assume et qui a la possibilité de s’appuyer sur un partenaire gouvernemental pour essayer d’avancer.

Sans partenariat gouvernemental, il n’y aurait pas ni 6zero1 ni la MESIS (Maison de l’économie sociale et de l’innovation sociale, ndlr) . Nous n’aurions pas non plus l’ULESS car c’était aussi une demande du gouvernement d’avoir un interlocuteur pour le secteur. L’État est très fort au Luxembourg et a un rôle déterminant dans la reconnaissance et la visibilité d’un secteur comme le nôtre. Et ce qui compte le plus pour que ça marche, c’est bien sûr la personnalité du titulaire de la fonction.

L’ULESS n’a pas de couleur politique, donc celle du titulaire de fonction importe peu. Ce qui compte, c’est que ce soit quelqu’un qui s’intéresse à la thématique. Et s’il s’intéresse et est prêt à s’engager, nous sommes prêts à nous engager avec lui.

Marie-Astrid Heyde
Photo Fanny Krackenberger

Dossier du mois Infogreen « Social Impact »

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lundi 26 novembre 2018


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