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« Un projet motivant, au service d’un engagement »

RSE

Publié le
mercredi 28 juillet 2021 à 04:00

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InTech met ses compétences et ses ressources au service de l’ONG We are NOT Weapons of War. BackUp, outil numérique qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles liées aux conflits armés, collecte de précieuses données et peut donner valeur de preuves légales aux témoignages et signalements recueillis. Il va bientôt être lancé à l’échelle internationale. Un engagement remarquable de part et d’autre !

We are NOT Weapons of War - WWoW - est une ONG dédiée à la question des violences sexuelles liées aux conflits armés, une arme sourde, systémique, déshumanisante, meurtrière...

/« Nous voulons porter cette question et en faire un enjeu public mondial », explique Céline Bardet, juriste et enquêtrice internationale - 20 ans de terrain et un enthousiasme décuplé -, fondatrice de l’ONG française, accompagnée de sa consœur Léa-Rose Stoian. « Nous voulons faire exister ces victimes de viol érigé en arme d’épuration, les faire reconnaître et les accompagner avec des soins physiques et psychologiques. Un enjeu fondamental aussi, c’est de leur apporter une expertise judiciaire, pour lutter contre l’impunité. Pour cela, il faut des outils adaptés, sécurisés, qui permettent de recueillir des témoignages, d’identifier des victimes, d’apporter des preuves devant les tribunaux compétents ».

L’outil, c’est BackUp, plateforme applicative de recueil des témoignages sur le terrain et de traitement de ces derniers, un véritable couteau suisse… made in Luxembourg.

/« Nous avons voulu mesurer tous les tenants et proposer des solutions adaptées », explique Nicolas André, développeur chez InTech, société luxembourgeoise qui s’est lancée avec ardeur dans ce défi, humain avant d’être technique. « Oui, nous y tenons, et ce n’est pas une image pour l’image. Chez InTech, nous sommes motivés par l’innovation sous toutes ses formes, mais ce n’est pas une démarche naïve, c’est vital. L’exploration technique et la maîtrise de nouveaux outils constituent le cœur de notre activité. Les projets humains nous permettent d’explorer de nouveaux horizons techniques, de fourbir nos armes, et c’est également fondamental pour nos équipes d’être impliquées dans les enjeux éthiques des projets. Nous aimons nous investir dans ce qui porte du sens et nous espérons réciproquement attirer les futures recrues qui se reconnaîtront dans cette démarche. WWoW, c’est passionnant et enrichissant. Nous avons eu beaucoup de rencontres avec Céline et son équipe… Il ne s’agissait pas pour nous d’amener une touche de ‘Tech for Good’ mais d’apporter les réponses techniques précises, pensées pour la cause, réfléchies et développées sur-mesure  ». « C’est une sacrée aventure humaine, un apport technique qui a un sens profond ; et ça change tout, ça nous pousse à aller toujours plus loin dans la réflexion », renchérit Erwann Mellinger, de la team InTech.

Donner du temps

« Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire d’un incubateur parisien », confirme Céline Bardet. « Nous avons beaucoup échangé ; ce qui m’a frappée, c’est d’abord leur capacité d’écoute, leur intérêt, leur appétit de comprendre une problématique complexe et d’apporter leur contribution concrète. Ils ont pris le temps, ils ont donné du temps, pro bono ! Et ils ont exploré des pistes auxquelles nous n’avions pas pensé. »

BackUp franchit les étapes, au fil de l’eau, et les développeurs entendent bien précéder le mouvement de toutes les innovations nécessaires, en partenaire impliqué à fond. L’outil va passer à la phase suivante : l’implémentation à l’échelle internationale, prévue en octobre prochain. Pour WWoW, c’est crucial et porteur d’espoirs : « Ces violences sexuelles sont des crimes de masse. On sait qu’elles existent. Mais on n’entend pas les victimes. Au stade actuel, nous pouvons sensibiliser, informer, tenter d’aider. Mais nous avons aussi besoin de témoignages, de signalements, de preuves, et de données. De plus, avec des chiffres, on pourrait cibler les aides, les zones, les communautés de victimes, les auteurs présumés qui pourraient devenir des coupables ». L’ONU aimerait disposer d’informations en temps réel, l’Union européenne s’y intéresse aussi, de même que les programmes de terrain, de l’Unicef par exemple. « Enfin, c’est un outil qui redonne de la dignité aux victimes, celle de pouvoir dire ‘’je suis là et j’existe’’. C’est essentiel pour elles ».

La version viable de base de BackUp s’apprête à recueillir les premiers témoignages lors d’une phase de test sur le point d’être lancée sur le terrain. La version Beta a déjà permis de recueillir le témoignage d’hommes victimes de viol dans des prisons libyennes, et de déposer une plainte recevable à Paris, grâce à la compétence universelle.

Chez InTech, on anticipe les prochaines étapes. Si les idées, la connaissance du terrain et de ses problématiques sont essentielles à sa conception, c’est bien la technologie qui officie comme une puissante caisse de résonnance ; un outil profondément technique par nature, mais mû par des enjeux humains. Si la Blockchain permet aujourd’hui de conférer aux témoignages une valeur légale durable et d’espérer demain porter des dossiers devant les institutions judiciaires (inter)nationales, c’est probablement l’Intelligence artificielle et plus généralement l’exploration de la vaste quantité de données recueillies qui permettra peut-être d’anticiper, de prévenir et de réagir aux mieux aux évènements avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur. « Nous souhaitons nous appuyer sur les technos Data pour parvenir à cartographier les faits, cibler les actions, croiser les témoignages pour désigner les auteurs. Nous voulons un outil qui serve d’alerte à la société, d’appui pour les programmes d’aide, de soutien aux enquêteurs et aux tribunaux internationaux ».

C’est véritablement au travers des enjeux technologiques et humains entremêlés que cette collaboration atypique revêt tout son sens.

WWoW veut aller aussi loin que possible. Soutenue par l’Agence Française de Développement, l’ONG salue aussi le Luxembourg : « Il y a une vraie culture de l’aide au développement, une bienveillante attention aux besoins, des techniciens remarquables, des soutiens importants », souligne Céline Bardet. WWoW avait d’ailleurs co-organisé aux côtés notamment du Dr Denis Mukwege, le Prix Nobel « qui répare les femmes  » et à l’initiative de SAR La Grande-Duchesse Maria Teresa le forum #StandSpeakRiseUp, en mars 2019 à Luxembourg.

« Avec WWoW, il reste beaucoup à accomplir pour lutter contre ces crimes de guerre », conclut Céline Bardet. « Cela commence par comprendre, informer, sensibiliser et agir. Et tous les soutiens sont bienvenus ». L’équipe d’InTech bondit : « Nous en sommes et c’est une fierté autant qu’une motivation. De tels projets nous poussent à agir ».

Alain Ducat, avec InTech, partenaire Infogreen, et WWoW
Photos : InTech / WWoW / ©Macha Rechova /©gwenn_dubourthoumieu

Article tiré du dossier du mois « Tellement de raisons d’agir ! »

Publié le
mercredi 28 juillet 2021


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