Un nouveau service de coaching pour apprendre à vivre dans son logement

Un nouveau service de coaching pour apprendre à vivre dans son logement

La Fondation pour l’Accès au Logement a instauré un nouveau service de coaching logement qui vise à aider les bénéficiaires à utiliser leur logement de manière adéquate. Quelques mois après sa mise en place, il semble porter ses fruits puisqu’une amélioration tangible et durable des habitudes se ressent déjà.

Le coaching logement vient compléter le travail que réalisent les équipes de la Fondation pour l’Accès au Logement (FAL) sur le terrain tout au long de l’année, à savoir accompagner les locataires des logements de l’Agence Immobilière Sociale (AIS) sur la voie de leur autonomie et de leur réintégration dans la société.

Adapter le mode de vie

Gilles Hempel, directeur de la FAL
Gilles Hempel, directeur de la FAL - ©Fanny Krackenberger

Le coaching est né à la suite d’observations répétées de la part des techniciens et travailleurs sociaux qui effectuent des visites régulières auprès des locataires. « Nous avons remarqué que certaines personnes n’ont pas les bonnes pratiques pour habiter dans nos logements, ce qui peut se solder par des factures d’électricité et de chauffage très élevées, par la formation de moisissures sur les murs ou par d’autres problèmes encore. Ces personnes ont besoin d’une prise en charge un peu plus intensive de notre part pour apprendre à gérer leur logement », explique Gilles Hempel, directeur de la FAL. « Il s’agit surtout - mais pas seulement -, de personnes issues d’autres pays, d’autres cultures et qui ont d’autres habitudes qui, là d’où elles viennent, ne sont pas problématiques. Par exemple, dans certaines régions du monde, les logements sont construits de manière à pouvoir laver le sol à grande eau. Toutes les pièces sont pourvues de pentes et d’avaloirs reliés aux canalisations, et la chaleur permet à l’eau résiduelle de s’évaporer facilement. Si on procède de la sorte ici sur un parquet, dans un bâtiment isolé - en pensant pourtant bien faire -, l’humidité risque de provoquer des dégâts ».

C’est pourquoi, la FAL a recruté un coach logement. Sa mission est de se rendre chez chaque nouveau bénéficiaire quelques semaines après son emménagement pour voir si tout se passe bien et lui donner, si besoin, une sorte de mode d’emploi de l’utilisation de son logement. Il se déplace également sur signalement du service technique ou du service social de la FAL. « Les travailleurs sociaux sensibilisent, bien sûr, les locataires sur la manière d’aérer, de chauffer ou d’entretenir, mais si les difficultés persistent, le coach logement intervient pour effectuer un travail pédagogique plus approfondi et plus régulier. À un rythme, peut-être, de deux fois par semaine pendant plusieurs semaines, il reproduit les bons gestes avec les locataires, jusqu’à ce qu’ils les aient intégrés », indique-t-il.

L’intérieur mais aussi l’extérieur

Cet apprentissage peut aussi concerner le comportement social à adopter. « Nous devons, par exemple, expliquer à certains bénéficiaires pour qui, culturellement, il est normal et habituel de recevoir régulièrement beaucoup de monde à la maison, que cela peut déranger les voisins dans un pays où on est plutôt habitué à être tranquille chez soi et à n’inviter qu’un petit cercle d’intimes. Autre exemple : dans certains pays orientaux, on accorde un grand soin à l’aspect et à la propreté de son intérieur, on retire même ses chaussures en entrant, mais la façon dont la maison est perçue de l’extérieur a moins d’importance. Là aussi, nous devons les sensibiliser au fait qu’il faut tondre le gazon, couper les haies et ne pas laisser des objets pas jolis devant la porte car le propriétaire, qui a mis sa maison à notre disposition, passe peut-être de temps en temps et ne veut pas la voir se dégrader », conclut-il.

Mélanie Trélat
Portrait : Fanny Krackenberger

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Publié le jeudi 18 avril 2024
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