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« Un être vivant plus durable que l’Homme »

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Publié le
vendredi 4 mars 2022 à 04:00

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Dave Lefèvre (Coeba) connaît parfois le dilemme de l’architecte. « Le bois est plus qu’un matériau. Il faut avoir le respect de l’arbre. La forêt est un microcosme complexe mais tellement inspirant ».

Si l’on demande à Dave Lefevre quel est son rapport personnel à l’arbre, à la forêt ou à la nature en général, il sourit. « Je suis parfois rejoint par le dilemme de l’architecte, quand on parle de projets qui misent sur le matériau bois, en particulier le bois massif. Je peux avoir des scrupules sur la ‘consommation’ de la ressource ; Il faut veiller aux bons usages ! Car à côté de l’intérêt pour le matériau durable, renouvelable, stockeur de carbone et apporteur de bien-être aux occupants, j’ai d’abord le respect de l’arbre. C’est un être vivant, qui a un impact clef sur l’écologie. En considérant par exemple les vieux arbres avec leurs couronnes vertes impressionnantes, ils sont des acteurs importants de la production d’oxygène par la photosynthèse. Ainsi chaque petite feuille transforme le CO2 en bois et nous fournit de l’air à respirer ».

Dave Lefèvre est un convaincu qui ne demande qu’à convaincre autour de lui. « La forêt est un microcosme complexe que les hommes essaient de comprendre. Considérons par exemple la symbiose entre plantes. Le système de racines des champignons, qui peut s’étendre sur plusieurs kilomètres, permet aux arbres de communiquer et d’échanger entre eux par rapport à d’éventuelles attaques de chenilles ou parasites. En contrepartie, des échanges en nutriment se font entre les deux symbiotes. Les êtres humains ont sans doute beaucoup de choses à apprendre des arbres, des leçons à tirer, de synergie, de solidarité. Il faut prendre le temps d’observer, de découvrir les solutions qui existent dans la nature, et dont on peut s’inspirer pour les transposer au service de l’habitat humain ».
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Soigner la qualité, réduire les coûts

L’architecte sait qu’il faut séduire les maîtres d’ouvrage, et que cela passe autant par les coûts que par la qualité des concepts. « Les études scientifiques sont de bonnes ambassadrices. Elles apportent des éléments concrets, noir sur blanc, sur ce que le bois bien utilisé apporte ». Et de citer cette étude autrichienne qui a comparé les nuits de dormeurs humains dans des chambres rigoureusement identiques, hormis leur « habillage » intérieur : les espaces de nuit dont les surfaces sont de bois de pin permettent d’enregistrer des battements de cœur ralentis et un sommeil apaisé, plus réparateur, créateur de bien-être.

Sur les coûts et leur maîtrise, Dave Lefèvre ne manque pas d’idées. « Tout d’abord, je pense que, dans chaque crise, on peut retirer des effets positifs. La crise, d’ordre économique, sur les ventes de bois et la raréfaction du matériau, cette crise qui a fait s’envoler les prix, cela permet aussi de se rendre compte que nous avons là une matière noble et précieuse ».

Il identifie une piste intéressante : les solutions durables et régionales, combinées aux programmes d’aides, comme les fonds Interreg, les subventions de diverses instances, les projets-pilotes… « On peut réellement faire baisser les coûts sur des projets bien pensés ». L’architecte a expérimenté la chose avec ses partenaires dans une commune récemment : « Nous étions confrontés à un problème de surcoûts liés à la mise en œuvre de bois massif. Nous nous sommes mis autour de la table, avec pour objectif d’exploiter l’intégralité de la chaîne de valeur, de faire une analyse complète des possibilités, notamment au niveau de fournisseurs locaux. Nous avons trouvé des synergies qui prennent naissance dans les bois communaux, alimentent un circuit-court, lequel permet de dribbler en partie les calculs de l’import-export et crée de nouvelles opportunités dans la filière régionale ».

Un lien entre le bâti et le vivant

Et puis il y a cet intérêt grandissant, en urbanisme comme en architecture, pour l’arbre vivant. « Nous avons dans un projet proposé d’emballer un bâtiment avec des végétaux comme les glycines et autres arbustes. Au lieu d’abattre pour construire, on intègre le végétal, on crée la synergie entre le bâti et le vivant, et bien sûr on peut ainsi stocker du carbone, apporter de l’oxygène, donner un coup de pouce à la biodiversité, offrir des solutions techniques parfaitement naturelles au bâtiment, pour la régulation de température par exemple ».

Dans cette logique, Dave Lefèvre évoque aussi, entre autres, l’utilisation rationnelle des sols et de la ressource eau ; le recyclage des eaux grises notamment pour les usages domestiques non alimentaires. Ou encore, tout simplement, en ayant encore les souvenirs des inondations de juillet dernier en tête, la rétention d’eau sur des sols retrouvant leurs fonctions naturelles, un objectif que des arbres aident grandement à atteindre.

« L’homme peut penser, faire des choix conscients, réfléchir aux avantages et aux inconvénients. Les solutions sont là, dans la nature ou inspirées des fonctions naturelles ».

Alain Ducat
Photos : Fanny Krackenberger
Article paru dans le dossier du mois « Arborescence »

Publié le
vendredi 4 mars 2022


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