Un défi et une conférence pour devenir une « Famille presque zéro déchet »

Un défi et une conférence pour devenir une « Famille presque zéro déchet »

Mercredi 28 janvier 2026, la commune de Sanem et le GECT Alzette Belval ont donné le coup d’envoi du challenge « Famille presque zéro déchet », édition Alzette Belval. Pour l’occasion, Jérémie Pichon, co-créateur du défi, était sur scène pour raconter comment sa famille réussit à produire un unique kilo de déchet par an.

Familles et curieux étaient réunis, ce mercredi 28 janvier 2026, à l’Artikuss de Sanem pour assister à la conférence de Jérémie Pichon, auteur du livre Famille « presque » Zéro Déchet « Ze Guide ». Sur scène, il a expliqué pourquoi et comment son foyer a adopté ce mode de vie, qu’il qualifie joliment de « sobriété heureuse ».

Un discours qui aura peut-être permis de convaincre quelques familles supplémentaires de participer au challenge « Famille presque zéro déchet » du territoire Alzette Belval, organisé dans le cadre du projet Interreg ACTE (Alzette Belval, avec les Citoyens pour la Transition Écologique).

Cinq mois pour expérimenter le zéro déchet en famille

Ce défi transfrontalier invite les foyers installés dans l’une des 13 communes du territoire d’Alzette Belval à s’engager dans une aventure collective qui durera jusqu’au 26 juin prochain. Leur but sera de réduire la quantité de déchets qu’ils produisent au quotidien, et par conséquent l’impact de leur mode de vie sur l’environnement.


Il est encore possible de s’inscrire via ce formulaire pour participer au challenge !

Durant cinq mois, les participants devront prendre part à des ateliers, moments d’échange et visites sur le thème du zéro déchet. Ils devront surtout peser leurs déchets au début et à la fin du défi, car des lots seront remis à ceux ayant atteint les meilleurs pourcentages de réduction. Pour les aider dans leur démarche, un kit de démarrage contenant une gourde, une lunchbox, du savon et du dentifrice solide, des sacs en tissu et un bac à compost sont remis gratuitement aux participants.

Équipé de ce kit et avec les nombreux conseils délivrés par Jérémie Pichon lors de sa conférence, les familles ont toutes les clés en main pour faire entrer le zéro déchet dans leur quotidien.


« Croissance = consommation = matière + énergie + eau = déchets. Quand on s’attaque aux déchets, on s’attaque à notre système, qui est basé sur la consommation et la croissance. »

Jérémie Pichon, co-créateur du challenge « Famille presque zéro déchet »

Repenser sa façon de consommer

Jérémie Pichon est engagé dans la transition écologique depuis presque 30 ans, pourtant, sa poubelle ressemblait à une époque à celle de n’importe quel autre Français, remplie de plastiques.

Jérémie Pichon a apporté le fameux bocal qui contient tous les déchets que sa famille a produit en un an.
Jérémie Pichon a apporté le fameux bocal qui contient tous les déchets que sa famille a produit en un an.

Il raconte : « Je pensais être exemplaire, mais pas du tout. Il y a douze ans, nous avons, avec ma femme, vidé nos poubelles pour comprendre de quoi étaient composés nos déchets. On a vite compris que le principal coupable était l’emballage jetable à usage unique et on a décidé de voir si on pouvait s’en passer. C’est comme ça qu’on s’est lancé dans l’aventure du zéro déchet. »

La première année, l’auteur, sa femme et leurs deux enfants passent d’une poubelle par semaine à une poubelle par mois. La deuxième année, elle ne jette plus qu’une poubelle en six mois. Et la troisième année, le foyer ne produit plus qu’un kilo d’ordures ménagères par an, qui tient à l’intérieur dans un simple bocal en verre. S’y ajoutent les biodéchets qui finissent au compost, les déchets recyclables, ceux issus de l’entretien de la voiture familiale et ceux qui ne peuvent être traités qu’à la déchèterie.

Comment cette famille de quatre personnes en est-elle arrivée là ? « Nos poubelles commencent à se remplir dès le moment où l’on fait ses courses. La solution a été de refuser, de ne plus aller au supermarché et de trouver des alternatives en circuit court. » Jérémie Pichon fait donc exclusivement ses achats alimentaires en vrac, au marché, chez les producteurs et commerçants locaux, où il débarque avec bocaux, boites et autres contenants réutilisables. « Cette manière de consommer est plus économique, meilleure pour la santé, tout comme pour l’économie et l’emploi local », même s’il reconnait que cela implique de passer plus de temps en cuisine.


« Un français produit en moyenne 390 kilos de déchets par an. Pourtant, la principale source de déchets, on ne la voit pas : ce sont les 14 tonnes annuelles produites par l’agriculture, l’industrie et le BTP. À cela, on devrait même encore ajouter tous les déchets produits par les usines qui ont été délocalisées hors du territoire français. »

Jérémie Pichon, co-créateur du challenge « Famille presque zéro déchet »

Même solution pour les produits ménagers : « On achète en vrac les ingrédients pour les faire nous-même. Aujourd’hui on en trouve même des déjà prêts dans les magasins de vrac. » Il poursuit : « Le vrai challenge ça a été la chambre des enfants. On a fait du tri avec eux et ils ont vendu environ 80% de leurs jouets. Désormais, on achète moins et d’occasion, on favorise aussi la location dans les ludothèques et médiathèques. »

Irréprochable non, motivé oui

Trois ans après avoir adopté ce mode de vie, « il reste quelques produits pour lesquels je n’ai pas trouvé de réelle solution », avoue le conférencier. Pour le vin, les médicaments, les croquettes pour animaux de compagnie, le scotch et certains loisirs comme le surf, il n’a pas encore trouvé l’alternative zéro déchet idéale.

Les appareils électroniques sont une limite au mode de vie qu’il a adopté, il a donc fallu trouver un compromis : « Je loue un Fairphone depuis six ans, les différents composants sont vissés et non collés, ce qui permet de remplacer facilement une pièce lorsqu’elle ne fonctionne plus. » La seule vraie ombre au tableau, c’est la voiture. Les transports en commun sont une solution, mais qui n’est pas à la portée de tous car les zones plus éloignées des centres-villes sont souvent moins bien desservies.

Après plus d’une heure de conférence instructive et pleine d’humour, Jérémie Pichon déclare : « Mon but est que vous sortiez de cette salle en ayant compris qu’il est possible d’agir de plein de façons différentes, qu’on a le choix et que chacun, à son niveau, peut être la clé du changement. »

Léna Fernandes
Photos : © Picto Communication

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Publié le vendredi 30 janvier 2026
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