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Syrie : Témoignage d’une médecin dans la Ghouta orientale
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Syrie : Témoignage d’une médecin dans la Ghouta orientale

Droits humains & solidarité

Publié le
mardi 6 mars 2018 à 04:00

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Le nombre de victimes dans la zone assiégée de la Ghouta orientale, en Syrie, dépasse le seuil de l’imaginable, alors que la capacité de répondre aux besoins de santé atteint sa limite.

Une femme médecin qui dirige un hôpital de campagne soutenu par Médecins sans Frontières dans la Ghouta orientale a enregistré ses pensées sur la situation cauchemardesque actuelle à laquelle elle et ses collègues font face. Elle a demandé à garder l’anonymat pour sa sécurité et à ne pas divulguer l’emplacement précis de son établissement. Voici la retranscription de cet enregistrement du dimanche 25 février 2018.

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« Nous recevons des blessés de guerre presque tous les jours. Les blessés viennent de toutes les classes sociales ; la grande majorité des blessés que nous recevons sont des civils : enfants, femmes et hommes. Notre travail principal est de secourir ces blessés, au mieux de nos capacités car, comme je l’ai dit, nous sommes assiégés depuis plus de 5 ans et nos capacités sont très limitées. Malgré cela, nous sauvons beaucoup de vies, autant que nous pouvons. Les bombardements et les attaques constantes sont le principal défi auquel nous sommes confrontés ; cela augmente le nombre de blessés et épuise le personnel médical, amenuise le stock de matériel médical et médicaments disponibles. Il est difficile de bouger, les mouvements des ambulances sont entravés, tout comme celui des personnes. En outre, le siège imposé limite l’entrée d’articles médicaux dans la Ghouta orientale. Plusieurs d’entre eux manquent dans nos stocks, et nous ne pouvons pas les fournir. Ce sont là deux des principaux défis auxquels nous sommes confrontés en tant que personnel médical. »

« Les afflux de blessés étaient importants, le nombre de morts était élevé, la majorité des blessés de guerre étaient graves : amputations, traumatismes crâniens, polytraumatismes. Nous avons eu beaucoup de difficultés à nous déplacer en raison des attaques constantes, il n’y a pas eu de pause dans les bombardements qui nous aurait permis d’orienter les patients, et nos équipes de secours ont eu des difficultés à secourir les gens sous les décombres et à les emmener à l’hôpital. »

« Nous rencontrons des difficultés à transférer les patients aux soins intensifs ou à d’autres spécialités rarement disponibles comme la neurologie ou la chirurgie vasculaire. Cela a entraîné une détérioration dramatique de la situation de plusieurs patients et mené à plusieurs décès. »

« Le personnel médical est épuisé. Nous n’avons dormi que quelques heures au cours des derniers jours et, bien sûr, par roulement ; la majorité du personnel a dû rester éveillé en raison de l’afflux continu de blessés. Il ne reste presque plus rien à manger pour le personnel médical. La vie quotidienne dans la Ghouta orientale est totalement paralysée ; pas de marchés, pas de magasins, pas d’endroits où acheter de la nourriture. Par exemple, à l’hôpital où je travaille, le personnel prend un petit repas toutes les 24 heures. Un jour, des gens qui avaient trouvé refuge à proximité sont venus nous voir ; ils n’avaient pas mangé depuis des jours. Notre personnel leur a donné le peu qu’ils pouvaient, et ils n’avaient plus rien à manger ce jour-là. Le personnel médical est épuisé et affamé, sans parler du stress psychologique et des choses auxquelles il est confronté, les cadavres, les enfants et les bébés morts, les parties du corps, les amputations et autres terribles blessures. »

MSF en Syrie n’a pas d’activités dans les zones contrôlées par le groupe État islamique car aucune garantie en termes de sécurité et d’impartialité n’a pu être obtenue de la part de leurs dirigeants. De plus, MSF ne peut pas non plus travailler dans les zones contrôlées par le gouvernement, car les demandes de l’organisation pour pouvoir y accéder n’ont pas donné de résultats. Afin d’assurer son indépendance face à toute pression politique, MSF ne reçoit aucun financement gouvernemental pour son travail en Syrie.

Ailleurs en Syrie, MSF gère directement cinq structures de santé ainsi que trois équipes menant des cliniques mobiles dans le nord du pays, et l’organisation est partenaire de cinq structures. MSF apporte également un soutien à distance à environ 50 structures de santé à travers le pays, dans les zones où elle ne peut pas être directement présente. Cela inclut des structures dans la Ghouta orientale, certaines bénéficiant d’un soutien régulier et d’autres recevant des donations d’urgence lorsqu’elles ont des besoins critiques.

Votre aide est précieuse, merci de votre soutien.

Communiqué par Médecins sans Frontières

Publié le
mardi 6 mars 2018


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