
Qualité de vie au travail : une montée en compétences indispensable
Devenir un acteur de la qualité de vie au travail (QVT), ça s’apprend. À tous les niveaux de l’entreprise (collaborateurs, managers, direction), des compétences spécifiques et bien identifiées doivent être acquises pour qu’une démarche d’amélioration continue des conditions de travail, pertinente et efficace, soit mise en place.
« La finalité de la Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), c’est d’allier le bien-être et la santé du salarié, à la performance de l’entreprise », déclare Patrick Bozier, co-fondateur et directeur pédagogique de l’Institut Luxembourgeois de la Qualité de Vie au Travail (ILQVT). Quel dirigeant ne souhaiterait pas atteindre cet objectif ? Afin de l’atteindre, l’expert insiste cependant sur une condition indispensable : « acquérir de nouvelles compétences ».
C’est ce que propose l’ILQVT, organisme de formation qui accompagne les entreprises dans la mise en place de démarches et d’outils d’amélioration continue des conditions de travail. « Nous voulons que chacun devienne acteur de sa QVT. L’idée est d’opérer une montée en compétences en interne. C’est pour cela que nous offrons des ‘formations-actions’, pour autonomiser l’entreprise », ajoute l’expert.
Des soft skills spécifiques à chaque acteur de l’entreprise
Ce savoir à acquérir n’est pas que technique, bien au contraire. « Il s’agit de compétences comportementales, psychosociales, qu’on appelle soft skills. Pour les employeurs, elles deviennent très importantes, car il y a un lien direct avéré entre les compétences des individus et la performance de l’entreprise. » On parle ici de la capacité à s’organiser, à s’adapter, à travailler en équipe, mais aussi en autonomie. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elles sont indispensables au bien-être des salariés. « Former ses équipes en la matière est donc aussi une façon pour l’employeur de respecter l’intégrité de la santé mentale, physique et sociale de ses salariés, ce qui est pour lui une obligation légale », précise Patrick Bozier.
« La formation, notamment en matière de QVCT, est un investissement nécessaire pour développer la capacité d’adaptation durable d’une entreprise, un enjeu qui est aujourd’hui crucial. »
Patrick Bozier, co-fondateur et directeur pédagogique de l’ILQVT
L’ILQVT dispose d’un référentiel des aptitudes nécessaires pour chaque niveau d’acteur au sein de l’entreprise : dirigeants, managers, collaborateurs. Pour les premiers, « il s’agit de pouvoir identifier les enjeux en présence, c’est-à-dire comprendre les aspects stratégiques de la démarche qu’ils vont initier, puis mettre en œuvre. Pour les seconds, « ils doivent être capables d’utiliser la QVT comme stratégie de management de leur équipe, ce qui inclut d’améliorer ses propres conditions de travail. Pour qu’un manager soit performant, il est essentiel qu’il soit en bonne santé, physique et mentale, qu’il se sente en sécurité. C’est seulement dans ces conditions que la QVT devient un vrai outil de management », poursuit le directeur pédagogique. Enfin au niveau des collaborateurs, « c’est leur redonner le pouvoir d’agir sur les éventuels effets nocifs du travail (fatigue, troubles musculo-squelettiques, risques psychosociaux) ainsi que sur l’amélioration de leurs conditions de travail. »
À ces trois catégories d’acteurs, Patrick Bozier en ajoute un quatrième : le référent QVCT. « C’est celui qui sera l’animateur, le coordinateur de toute la démarche. Il joue aussi le rôle d’interface entre les acteurs internes et externes de l’entreprise - clients, fournisseurs, etc. Cette personne peut être un membre de la délégation du personnel, des RH ou encore un travailleur désigné. C’est en tout cas quelqu’un qui va fédérer ses collègues. » L’ILQVT délivre la formation nécessaire et spécifique à ce référent.
Le nouveau Passeport prévention des risques QVT
Une fois acquises, ces compétences psychosociales doivent être identifiées et valorisées. C’est l’objectif du nouveau projet porté par l’ILQVT : le Passeport prévention des risques professionnels. « Il s’agit d’un inventaire de toutes les formations en rapport avec la santé et sécurité au travail qu’aura suivies un travailleur, tout au long de sa carrière. » L’objectif est d’en faire une pratique généralisée avec le soutien de la House of Training.
Pour le salarié, ce Passeport assure le recensement, la gestion et le suivi de ses compétences individuelles. « C’est une vraie reconnaissance de ces compétences en matière de santé et sécurité au travail , qui l’accompagnera durant tout son parcours professionnel. » Au niveau de l’entreprise, il permet de témoigner un engagement dans la QVCT. « Le passeport participe à la construction d’un capital d’intelligence collective », souligne l’expert. « Il permet aussi la cartographie des compétences internes et l’évaluation des impacts de la QVCT, ce qui pourrait par exemple aboutir sur des labellisations. » Dévoilé en juin 2026, le Passeport prévention des risques professionnels et QVT sera officiellement lancé en septembre 2026.
Léna Fernandes





























