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Pollution et propagation : un lien à creuser

Santé-Environnement

Publié le
lundi 6 avril 2020 à 04:00

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Pour gérer l’après-crise du coronavirus, il faudra sans doute prendre en compte une meilleure protection de l’environnement. Et donc ne pas négliger des études scientifiques qui montrent une progression plus rapide du Covid-19 dans les zones à l’air fortement saturé en particules fines.

Prévenir plutôt que guérir. Un principe de précaution élémentaire, qui pourrait trouver un écho dans la gestion de l’après-crise du coronavirus, laquelle gagnera à passer par une meilleure protection de l’environnement.

On a vu les retours positifs pour la nature durant le confinement : atmosphère nettement moins polluée dans les villes sans circulation ou les régions industrielles à l’arrêt forcé, retour d’eaux claires, pollution sonore en baisse ou réapparition d’espèces de faune et de flore

Mais il y a aussi un lien qui s’établit de manière scientifique entre la propagation du coronavirus et le taux de pollution atmosphérique. Il expliquerait notamment que le virus ne se soit pas répandu partout à la même vitesse et il permettrait de voir avec un autre regard la politique de prévention environnementale, rejoignant la politique de prévention sanitaire.

Particules fines dans l’air

Une étude menée conjointement par les universités de Bari et de Bologne permet d’émettre l’hypothèse que le « nouveau coronavirus » a pu se propager plus vite et plus dangereusement à cause de l’air chargé en particules fines des régions urbaines de Lombardie et d’Emile-Romagne. Le lien est ainsi établi avec les émissions de particules fines très présentes dans la province chinoise de Hubei, source identifiée de la pandémie.

Les scientifiques italiens font aussi la jonction avec leurs homologues des Centres de contrôles et de prévention des maladies de l’Université de Californie à Los Angeles et de Princeton. Ces derniers, dans une étude... financée par le gouvernement américain mais publiée dans le New England Journal of Medicine, montrent que le virus Covid-19 a un niveau de viabilité en suspension dans l’air comparable à celui du coronavirus provoquant le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère, celui de l’épidémie 2002-2003) tout en ayant une transmission plus « facile » d’un porteur asymptomatique à un autre.

Plus l’air est pollué, plus le virus a de chances de survie en suspension

Or la thèse des Américains, rejoints par les Italiens et d’autres chercheurs qui s’intéressent de près aux liens entre environnement et santé, est que plus l’air est pollué, plus le virus a de chances de survie en suspension.

Cocktail redoutable

Les chercheurs se sont donc focalisés sur les modes et la vitesse de transmission de ce fameux Covid-19 (de son nom scientifique SARS-CoV-2 - severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 -, nouvelle souche de l’espèce de coronavirus SARSr-CoV, apparue en décembre 2019 dans la ville de Wuhan).

La douzaine de chercheurs de la Société italienne de Médecine environnementale, sous la houlette du Prof. Leonardo Setti, se sont appuyés sur une littérature scientifique solide qui corrèle l’incidence des cas d’infection virale avec les concentrations de particules atmosphériques – comme les PM10 et PM2,5, mélange de substances chimiques organiques et inorganiques. Ces particules sont de bons transporteurs d’éléments chimiques et biologiques. Bactéries et virus peuvent s’agréger, se coaguler avec les particules atmosphériques, capables, selon leur densité, de rester dans l’air pendant des jours voire des semaines (ce qui donne par exemple le fog urbain) et de se déplacer sur de longues distances en fonction des vents ou du taux d’humidité notamment (selon le principe des nuages météorologiques).

La combinaison « particules fines + virus » peut être redoutable !

Grippe aviaire, rougeole et facteurs aggravants

Et l’étude italienne fait le lien avec, notamment, la grippe aviaire, dont la propagation a été favorisée par de forts vents de poussières, très présents en Asie, et pour laquelle le nombre de cas d’infection a pu être corrélé avec des zones de concentrations de particules fines. Des études chinoises ont par ailleurs démontré que l’épidémie de rougeole ayant frappé la Chine en 2013-2014 avait particulièrement touché 21 villes où les concentrations de particules PM2,5 dans l’air étaient plus élevées.

La pollution atmosphérique est un facteur aggravant pour les pathologies respiratoires

La même méthodologie – croisement des données sur le taux de concentration de particules fines et sur la propagation du SARS-CoV-2 – a permis aux chercheurs d’étayer la corrélation et de mettre en évidence le fait que les principaux foyers de contamination se sont concentrés dans la vallée du Pô, très industrielle. De même, le modèle de propagation épidémique par un vecteur autre que la transmission de personne à personne est validé par la comparaison entre la Lombardie et la région de Rome, touchée dès le début mais où la propagation a été moins fulgurante.

Les constats et les questions soulevées rejoignent une problématique largement commentée dans la communauté scientifique mondiale : la pollution atmosphérique est un facteur aggravant pour les pathologies respiratoires. La corrélation entre pollution et transport du virus n’est donc assurément pas à rayer d’un trait de plume.

Alain Ducat

Publié le
lundi 6 avril 2020


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