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Ondes positives, ondes négatives

Santé-Environnement

Publié le
vendredi 29 avril 2022 à 04:00

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3 à 8% de la population serait « électro-sensible », c’est-à-dire particulièrement sensible aux ondes électromagnétiques. À l’ère du tout connecté, l’exposition à ce type de pollution invisible semble inévitable. Mais pas forcément ! Explications avec Ralph Baden, expert en construction saine et en indoor air quality au sein du ministère de l’Énergie et de l’Aménagement du territoire.

/Si les impacts des hautes fréquences sur la santé ne sont pas encore clairs à l’heure actuelle, on sait qu’elles ont de potentiels effets cancérigènes. « L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a en effet classé les champs électromagnétiques de hautes fréquences et les champs magnétiques de basses fréquences comme potentiellement cancérigènes. Des tests sur culture (in vitro) ou sur animaux (in vivo) vont dans ce sens, mais on manque à l’heure actuelle de recul pour tirer des conclusions définitives pour l’Homme. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des sensibilités individuelles qui varient énormément d’une personne à l’autre et qui peuvent se manifester entre autres par des troubles cardiaques. » On parle d’électro-hypersensibilité (EHS). Si on analyse des biomarqueurs dans le sang (histamine, anticorps) durant une exposition, par exemple à un GSM, on constate une augmentation de ces biomarqueurs.

Justement, quid des antennes extérieures de mobilophonie ? « C’est souvent ce qui inquiète le plus les gens. Or, au Luxembourg, les opérateurs sont soumis à des limitations. Cela n’est par contre pas le cas des ondes à l’intérieur des bâtiments, qui émettent beaucoup plus fortement. » On pense ici au Wifi, aux téléphones portables DECT et autres systèmes de communication. Heureusement, il existe des outils qui émettent moins, de manière non continue et qui sont de plus faciles à implémenter.

Pour le wifi, par exemple, des systèmes CPL (pour Courant Porteur en Ligne) permettent de passer d’un WLAN (W= wireless) à un dLAN (d = direct) : le signal va être transféré sur l’installation électrique et peut être récupéré dans chaque pièce via les prises de courant, là où j’en ai besoin, lorsque j’en ai besoin. « Cela évite la propagation d’ondes dans l’air, et cela permet de ne pas être exposé la nuit, quand nous n’avons pas besoin d’être connectés ».

Et la 5G, qui a fait couler tant d’encre ces derniers mois ? « C’est encore une technologie tout à fait nouvelle. Elle comporte 3 fréquences. La nouvelle fréquence, qui inquiète beaucoup de monde, concerne les ondes millimétriques d’une fréquence très élevée d’environ 30 GHz, proche des radars. C’est celle qui me fait le moins peur ! Pourquoi ? Parce que plus la fréquence est élevée, moins les ondes vont pénétrer en profondeur. Elles vont frôler la peau, mais ne pénètrent pas dans le tissu. Elles ne passent pas non plus par les murs, à vrai dire une simple feuille de papier fait écran. Pour les 2 autres fréquences, qui sont similaires à celles qu’on connaît déjà avec le wi-fi ou les GSM, la différence avec la 5G est qu’elles ne s’enclenchent que lorsqu’un consommateur est actif. L’antenne, telle un sniper, va cibler le lieu d’émission, alors qu’auparavant elle tirait dans toutes les directions. Une personne située à 2 m de l’utilisateur ne sera pratiquement pas exposée et ne le sera même plus du tout en fin de communication. En tant qu’utilisateur, il me suffit de désactiver les données mobiles pour être à l’abri de l’exposition. Passer exclusivement à la 5G pourrait, à mon sens, améliorer les communications tout en diminuant l’exposition et le gaspillage énergétique (une antenne qui n’émet pas, ne consomme pas). »

Enfin, l’installation électrique en elle-même nous expose à des champs électriques ou magnétiques de basses fréquences. « Des systèmes – décrits dans le ‘Livre vert sur la construction saine’ à paraître cet été –, permettent de minimiser cette exposition grâce à des câbles torsadés, des biorupteurs, etc., sans devoir renoncer au confort. Il est bien entendu plus intéressant d’envisager tous ces outils dès la planification, plutôt que de devoir assainir par la suite. » Ces conseils seront également compilés dans le « Guide sur la construction et la rénovation durables » en cours d’élaboration avec le CRTI-B.

Marie-Astrid Heyde
Article tiré du dossier du mois « Pollutions ? Solutions ! »

Publié le
vendredi 29 avril 2022


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