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« Nous sommes une chaine solidaire tournée vers l’humain »

Droits humains & solidarité

Publié le
vendredi 8 octobre 2021 à 04:00

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Le Dr Christos Christou, Président international de Médecins sans Frontières, était présent à Luxembourg pour inaugurer l’exposition retraçant les 50 ans de MSF (à l’hôtel Meliá), mais également pour rencontrer les autorités afin de partager son point de vue sur la gestion des conflits.

Qu’est-ce que MSF signifie pour vous ?

MSF est un ensemble de personnes qui veulent être présentes aux côtés des gens, être à l’écoute de leurs souffrances en respectant la dignité humaine. Pendant que le monde entier semble s’écrouler, où certaines valeurs sont perdues, MSF est là pour rappeler combien cette humilité est importante et combien il est primordial de défendre cette humanité. MSF représente pour moi cet petit îlot d’espoir et d’humanité.

Être le président international de MSF : une grande pression ?

Bien entendu ! Spécialement en ces temps tendus. Non seulement à cause de la pandémie mais du fait des environnements hostiles dans lesquels on nous demande d’opérer. Être celui qui dirige une organisation aussi importante signifie plus que de m’assurer que nous répondons aux besoins de la population. Nous avons aussi à garder à l’œil nos propres collaborateurs.

Quels sont vos objectifs ?

Étant dans ce rôle depuis deux ans maintenant, je me rends compte que je suis là pour prendre soin de ceux qui prennent soin des autres. Je suis là aussi pour transmettre un message clair sur ce que nous faisons, et sur la façon de rester solidaires dans ces moments imprévisibles que nous sommes en train de traverser.

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Quels ont été vos meilleurs moments depuis que vous avez rejoint MSF ?
J’ai rejoint MSF en 2002. J’ai d’abord travaillé sur des projets dans mon propre pays, la Grèce, en apportant du support aux migrants et aux réfugiés. En 2004, j’ai rejoint un autre département travaillant au-delà des frontières. Je suis allé dans la région subsaharienne, traitant de nombreux patients contre le HIV. C’était les premières années que nous expérimentions ces traitements et nous avions à prouver au monde que ces traitements fonctionnaient.

Ce furent des moments très intenses pour moi, car j’ai vu que cela fonctionnait. J’ai vu notre impact pour changer la situation. Non pas parce que c’était nous, que nous étions médecins mais grâce à la société là-bas. Par la prise en charge locale qui a plaidé pour une réduction des coûts des traitements, pour de meilleurs soins, ils ont vraiment porté le projet. C’est un mouvement qui a réellement améliorer la situation.

Plus tard, bien entendu, j’ai travaillé comme chirurgien, dans des missions liées à des contextes hautement insécurisés. J’étais en contact avec beaucoup de douleur, de traumatismes, des conflits… J’ai vu le visage très laid des attaques d’êtres humains vis-à-vis d’autres êtres humains. Dans cet environnement hautement traumatisant, j’ai compris que ce dont les gens ont besoin est avant tout de l’espoir et qu’ils retrouvent cet espoir quand ils sont traités dans le respect de leur dignité. Cela vous donne de l’optimisme.

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Si vous deviez m’inciter à joindre MSF, que me diriez-vous ?

Je vous expliquerais brièvement ce qu’est MSF. Nous sommes un mouvement de personnes œuvrant pour réduire la souffrance d’autrui, les plus exclus, ceux qui sont laissés derrière. Et ils sont partout dans le monde. Peu importe qu’il s’agisse d’un pays pauvre ou riche. Et spécifiquement ces jours-ci, avec le COVID et les poches de pauvreté présentes à des endroits où on n’aurait jamais imaginé retrouver MSF auparavant. Ayant ça à l’esprit, nous devons voir comment nous pouvons arriver à remplir cette mission. Nous avons des gens qui nous apportent du support. Ils travaillent dans tous les bureaux de MSF pour mettre en place cette aide humanitaire. Et nous avons ces collaborateurs de première ligne qui implémentent tout ceci sur le terrain. Nous faisons tous partie d’une même chaine, et chaque maillon est d’égale importance.

En rejoignant MSF et en nous supportant comme vous le souhaitez, comme travailleurs ou donateurs, vous contribuez à la réalisation de cette mission humaniste.

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Cette semaine, vous étiez avec le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Était-ce important pour vous ?

C’était une bonne opportunité de partager nos points de vue. Nous sommes en opération non seulement sur des points géographiques spécifiques mais surtout, sur de plus larges régions dans le pourtour méditerranéen, et plus largement dans le monde. L’Afghanistan, la Lybie, les centres de détention dans les îles de Méditerranée ont été les principaux sujets abordés. J’ai insisté sur le fait que, ces dernières années, nous ne sommes pas du tout confortables avec l’approche de l’Union européenne. Nous avons longuement parlé sur la manière de passer d’une politique sécuritaire à une approche plus humaniste, et combien il est important de comprendre que toutes ces personnes, fuyant les zones dangereuses, ne viennent pas à la recherche de meilleures conditions de vie mais simplement pour être en sécurité. Et nous avons à les traiter avec respect. MSF demande à l’Union Européenne de revoir sa copie et de changer son approche de la gestion des migrants. Nous avons vraiment voulu nous faire porte-parole des besoins de ces personnes déplacées.

Interview réalisée par Sébastien Yernaux
Photos : Fanny Krackenberger

Publié le
vendredi 8 octobre 2021


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