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Navettes autonomes : une idée qui roule et qui évolue
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Navettes autonomes : une idée qui roule et qui évolue

Mobilité

Publié le
lundi 3 octobre 2022 à 04:30

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Pionnier au Luxembourg, avec ses partenaires industriels et locaux, Sales-Lentz suit toutes les évolutions de près.

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Elle a fait ses premiers tours de rue au Luxembourg, en grande première, à Contern, puis au Pfaffenthal à Luxembourg, en septembre 2018. C’est la navette autonome, un shuttle électrique chargé pour 9 heures et pouvant embarquer 15 personnes (dont 4 debout), capable de se repérer dans la circulation grâce à ses capteurs multiples, à sa programmation, à sa liaison au centre opérationnel et à la présence d’un opérateur juste au cas où... Contern, son Campus et ses activités économiques et commerciales ont été pionniers, sur base d’un plan de mobilité communal élaboré selon les besoins et aspirations de centaines de personnes gagnant la zone d’activités, au départ de la gare ferroviaire de Contern-Sandweiler le cas échéant.

La Ville de Luxembourg a suivi avec son « City Shuttle », 2 navettes desservant le Pfaffenthal, entre l’ascenseur panoramique et la gare-funiculaire.

Le centre commercial de Pommerloch avait embrayé avec un service pour acheminer la clientèle.

/En test, puis en service, ces navettes autonomes ont trouvé leur public et leur rythme de croisière douce, au service de la fluidité, de la mobilité électrique et partagée, du confort des passagers… « Et la technologie a démontré sa pertinence et sa sécurité », explique Xavier Kieffer, commercial & marketing director chez Sales-Lentz, le groupe luxembourgeois qui s’est lancé dans ce service de transport collectif à la pointe de la technologie et qui a acquis il y a 4 ans déjà les 4 shuttles qui ont pu arpenter quelques coins du pays. « Nous y avons cru rapidement et avons renforcé notre offre dans ce sens. Les tests ont tous été concluants, même dans des conditions délicates, comme la circulation dans le rond-point à Pommerloch qui est très dense. Il n’y a eu aucun incident. La technologie de la navette ne fait pas de miracles, pour une entrave imprévue type stationnement en double file par exemple, mais elle fonctionne parfaitement, s’adapte et évolue. L’opérateur qui reste à bord, pour reprendre la main en cas de pépin, n’a jamais dû intervenir pour une situation dangereuse. »

Des partenariats et des visions

/Si le Covid a mis un coup de frein aux différentes expériences, par ailleurs satisfaisantes (le City Shuttle a transporté plus de 23.000 personnes en quelque 18 mois au Pfaffenthal, dont bon nombre de touristes et de navetteurs urbains séduits), la navette a repris du service au Campus Contern et la Ville d’Esch-sur-Alzette a lancé sa « Uelzecht MOBIL », programmée jusque fin 2022.

Dans la « capitale du Sud », l’idée était d’apporter un plus à la mobilité urbaine, notamment pour les personnes à mobilité réduite, et une attractivité supplémentaire à l’artère commerçante piétonnière qu’est la rue de l’Alzette, tout en misant sur l’image de durabilité et d’innovation poussée par la Capitale culturelle Esch 2022.

Depuis le 12 septembre 2022, le service a été renforcé grâce à sa nouvelle fonctionnalité « à la demande » (en collaboration avec Navya, Ioki et Sales-Lentz) -le service sera assuré de 18h00 à 21h00 du lundi au samedi inclus, sur le parcours existant rue de l’Alzette. 4 arrêts s’ajoutent aux 4 déjà existants. Via l’application « Uelzecht MOBIL », les passagers réservent la navette vers la destination souhaitée et à une heure précise. Ce service gratuit s’adresse en priorité aux restaurateurs et à leurs clients qui animent la rue d’Alzette après la fermeture des magasins.

Dans tous les cas précités, c’est donc Sales-Lentz qui propose le service dans lequel elle a investi, avec son partenaire industriel, Navya, entreprise française spécialisée dans la conception et la construction de véhicules autonomes, électriques et robotisés.

Sales-Lentz est notamment membre d’AVENUE, un consortium européen composé de 18 entreprises, villes et instituts qui ont pour objectif commun de concevoir et réaliser des démonstrations grandeur nature d’automatisation des transports urbains en déployant des flottes de minibus autonomes dans des zones de différentes densités.

Cette solution de mobilité zéro émission est vue comme un « ascenseur horizontal », qu’ont déjà adopté quelques villes européennes (Genève, Lyon, Copenhague, etc.), dans une approche de type « first & last mile » qui ne manque pas de perspectives.

Des exemples, du potentiel et des projets

Au Luxembourg, les partenariats avec les villes ou/et les entreprises ont ouvert la voie. Les CFL ont lancé un appel d’offres européen (le marché public a dû être relancé, après une première adjudication à une entreprise de Detroit, en 2021, qui a entretemps fait défaut) pour l’acquisition de 2 navettes autonomes ayant minimum 6 places assises. Le projet serait a priori de relier les gares d’Esch et Belval aux différents quartiers…

Et puis la technologie évolue – notamment dans le sens de la « full autonomy » – et, avec elle, les possibilités d’application, pour autant que les réglementations suivent. Le consortium Avenue plaide pour une harmonisation européenne de l’homologation des véhicules autonomes.

Si quelques expériences de transports en commun ont tourné court (comme à Paris La Défense), d’autres voient plus grand, à l’image d’une flottille de bus de 15 mètres pour 36 passagers, un système testé en Écosse au printemps dernier, sur une ligne régulière entre Édimbourg et Fife, deux villes séparées par 65 kilomètres et un ouvrage d’art : ces bus autonomes réguliers pourraient véhiculer quelque 10.000 passagers par semaine.

Le potentiel en « last mile » est bien réel. Des aéroports (comme Charleroi) ont testé l’acheminement des voyageurs au terminal, mais aussi les bagages par exemple, avec des navettes-tracteurs autonomes qui s’en sortent très bien sur le tarmac – Navya, associée à Charlatte Manutention, a développé ce service pour les sites aéroportuaires ou industriels. La logistique s’intéresse donc aussi à la question.

Et la mobilité urbaine dans les quartiers s’en inspire. Pour un projet en cours au Kirchberg, un bureau d’ingénierie a inclus l’usage de la navette autonome dans ses options de mobilité. On en parle aussi pour des services à la demande, dans le « facility-management » adossé aux grands ensembles immobiliers.

L’ambition de développer

Chez Sales-Lentz, on suit tout cela de très près, d’autant que de nouveaux programmes de facilitation et de cofinancement s’annoncent à l’échelle européenne et que les projets concrets se multiplient.

« On a perdu 2 ans avec le Covid, mais on y croit. On a investi dans les 4 premiers véhicules de ce type au Luxembourg. Il y a d’autres marchés potentiels où se positionner. Notamment pour le mobility management des entreprises, avec les communes, les zones d’activités, les lignes de transports en commun. L’expérience démontre que notre service de navette autonome apporte une solution, en circulant aux heures de pointe et en permettant aux usagers de se rendre plus facilement de la gare ou de l’arrêt de bus vers les lieux de travail par exemple.

Le système peut trouver sa place dans les villes, les transports en commun, la multimodalité. Nous avons plus que jamais l’ambition de développer et de faciliter la mobilité douce sur le territoire luxembourgeois ».

Alain Ducat
Photos - vidéos : Sales-Lentz / navya / Ville d’Esch/Alzette
Extrait du dossier du mois « 2035 : Lëtz go ! »

Publié le
lundi 3 octobre 2022


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