Mesurer la qualité de l'air intérieur pour préserver la santé

Mesurer la qualité de l’air intérieur pour préserver la santé

Arnaud Etur est le gérant et le responsable technique d’Air Quality Luxembourg, un bureau d’études indépendant spécialisé en qualité de l’air intérieur et dans la mesure de l’exposition professionnelle aux polluants. Ce passionné nous explique en quoi consiste son travail, qui peut avoir un impact réel sur la santé et le confort des personnes.

Quel est votre parcours dans la qualité de l’air ?

Arnaud Etur  : Ça fait plus de 20 ans que je travaille dans ce domaine. Les dix premières années, j’ai travaillé en France sur la qualité d’air extérieur, puis pendant trois ans à Luxembourg, dans un bureau de contrôle, plutôt sur les lieux de travail. Ensuite, j’ai créé A2L Environnement en France, une entreprise spécialisée dans la qualité d’air intérieur. En 2025, j’ai créé une deuxième entité, Air Quality Luxembourg, pour mes clients établis au Grand-Duché, qui sont de plus en plus nombreux.

Quel est le profil de vos clients justement ?

Je travaille majoritairement pour des professionnels : des collectivités, des écoles, tout ce qui relève du secteur tertiaire, avec une activité dans des bureaux mais également dans le secteur industriel… dès qu’il y a un environnement intérieur en fait ! Nous réalisons par exemple des évaluations du risque chimique au poste de travail, quand des employés manipulent des produits chimiques ou travaillent dans la poussière. Nous intervenons aussi dans ce qu’on appelle des « salles blanches », c’est-à-dire des environnements à contamination contrôlée, comme les salles d’opération.

Ces professionnels ont-ils des obligations vis-à-vis de la qualité de l’air intérieur dans leurs locaux ?

Tout employeur doit protéger la santé et la sécurité de ses salariés. Dans certains environnements professionnels où il y un risque pour la santé lié à l’air intérieur, la réglementation impose un suivi. Par exemple, les mesures de radon sont obligatoires pour les lieux de travail situés dans les zones radon (zones géographiques à plus fort potentiel naturel de radon, notamment dans le nord du pays, ndlr) et pour des bâtiments spécifiques comme les crèches, les écoles ou les établissements de santé. Nous sommes agréés par le Département de la Radioprotection du ministère de la Santé pour réaliser ces dépistages.

Mais vous intervenez également dans des cas où il n’y a pas forcément d’obligation ?

Oui, nous intervenons aussi lorsqu’il existe des craintes ou des suspicions de problèmes liés à qualité de l’air intérieur. Cela peut être le cas lorsque les employés ressentent un malaise dans les bureaux (maux de tête, toux, fatigue), ou lorsqu’un facteur externe, comme la proximité d’une usine ou d’une route, soulève des interrogations.

Nous avons aussi des clients qui veulent faire certifier un bâtiment. Souvent pour les certifications environnementales, la qualité de l’air intérieur est un aspect qui fait gagner des points.

Une fois sur place, comment se passent votre intervention ?

On commence par faire un audit de l’environnement. Il existe des centaines de polluants différents et les mesurer tous coûterait cher, donc il faut cibler. Notre expertise nous permet de savoir quels polluants peuvent être présents dans l’environnement en question et ceux que l’on peut directement écarter. On s’intéresse également aux symptômes des personnes qui occupent le lieu, aux odeurs et à toutes les choses qui sont des indices sur les potentiels polluants.

On propose ensuite un plan d’échantillonnage : où, quand et comment mesurer. En effet, suivant le type de polluant et le type d’environnement, les prélèvements, les mesures et les analyses ne se font pas de la même manière.

Généralement, nous sous-traitons l’analyse des échantillons à un laboratoire spécialisé, auquel nous envoyons les prélèvements. Le laboratoire nous transmet ensuite les résultats, que nous analysons et interprétons grâce à notre expertise afin d’identifier les sources de pollution. Enfin, nous formulons des recommandations concrètes pour améliorer la qualité de l’air intérieur de notre client.

Quelles sont les causes les plus courantes de la présence de polluants dans l’air ?

Les problèmes de moisissures sont récurrents et selon l’espèce de moisissure, les impacts sur la santé ne sont pas les mêmes. Le problème peut encore venir des matériaux utilisés pour construire, meubler et décorer le bâtiment, d’une ventilation mal réglée ou mal entretenue…

On voit aussi régulièrement des problèmes causés par les personnes elles-mêmes, comme avec l’utilisation de parfum d’intérieur ou de bougies parfumées.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre LIAVA ?

Le secteur dans lequel je travaille m’intéresse beaucoup, je suis un passionné ! L’objectif de sensibilisation du public ou encore de travailler à la naissance de normes et réglementations dans le domaine me semble important.

C’est aussi une façon de rencontrer d’autres professionnels dont l’activité est centrée ou impactée par la qualité de l’air. Cela me permet d’apprendre et de créer un réseau, pour moi, mais aussi pour mes clients qui peuvent avoir besoin de telle ou telle autre expertise.

Propos recueillis par Léna Fernandes
Photo d’Arnaud Etur : © Picto Communication

Extrait du dossier du mois « L’air de rien »

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Publié le jeudi 12 février 2026
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