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Louer des terrains pour logements amovibles

Architecture & construction

Publié le
vendredi 19 octobre 2018 à 04:00

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Gilles Hempel, directeur de l’Agence Immobilière Sociale, présente un projet d’habitat social modulaire, circulaire et totalement innovant qui sera déployé dans les années à venir au Luxembourg.

« Comme vous le savez, l’AIS loue des logements inoccupés pour les mettre à disposition de personnes en détresse pendant une période de transition, le temps qu’elles remettent le pied à l’étrier. Ces logements constituent un potentiel énorme et notre système de location fonctionne très bien.

Nous constatons qu’au Luxembourg, il y a non seulement de nombreux logements vacants, mais aussi beaucoup de terrains non bâtis, les fameuses Baulücken. Ces dernières représentent environ 1 000 hectares, situés dans les villes et villages, entre deux maisons existantes. La problématique est la même que celle des logements inoccupés : les propriétaires n’ont actuellement pas de projet de construction, mais ils souhaitent garder ces terrains pour leurs enfants plus tard ou comme placement financier, et ils n’ont aucune raison de les vendre parce que le foncier, avec des plus-values entre 5 et 7 % par an, est le meilleur investissement en ce moment.

Nous nous sommes donc demandé : pourquoi ne pas appliquer aux terrains le système que l’AIS a imaginé pour les logements ? Il s’agirait de louer ces terrains à court terme, pour une durée de 5 à 10 ans, et d’y poser des logements provisoires. Nous avons donc cherché des solutions qui soient à la fois facilement déplaçables, ni trop onéreuses ni trop invasives de manière à pouvoir restituer le terrain tel que nous l’avons reçu. Il n’est donc pas question de creuser des fondations.

En discutant avec Pit Streicher de la société Polygone, l’idée est venue de créer des modules d’habitation amovibles à partir des containers qui sont utilisés pour former les bases de vie sur les chantiers de construction ou pour servir de bureaux provisoires lorsqu’une administration ou une banque est en travaux de rénovation.

Ces modules peuvent être placés à même le sol, sans intervention sur le terrain si celui-ci est plat. Ils sont équipés comme un logement, avec un niveau de confort et des valeurs énergétiques équivalant à ceux d’une maison « normale », et ils sont bien évidemment raccordés aux réseaux d’eau, d’électricité, d’Internet et de téléphonie. Leur grand avantage est d’être facilement déplaçables au moment où le propriétaire souhaite reprendre possession de son terrain.

Ayant à cœur que ces logements soient beaux et s’intègrent harmonieusement dans leur environnement, nous avons travaillé avec le bureau Banice Architectes pour « déguiser » les containers de sorte à ce qu’ils ressemblent à une véritable maison, dessinée par un architecte. Ainsi, les voisins ne sont pas dérangés et le bénéficiaire du logement n’est pas stigmatisé. Tel que nous avons développé ces modules d’habitat, on ne remarque ni de l’intérieur, ni de l’extérieur qu’il s’agit de containers.

Ce système profitera à la fois aux bénéficiaires de l’AIS qui jouiront d’une maison tout confort et aux propriétaires de terrains qui, en plus de l’apport financier constitué par la location, éviteront de payer la taxe sur les terrains inoccupés qui devrait bientôt voir le jour.

Les modules ont une garantie de 25 ans, mais ils ont en réalité une durée de vie bien supérieure. De plus, ils s’inscrivent parfaitement dans une optique d’économie circulaire : ils sont conçus pour pouvoir resservir comme container de chantier et pour être démonté en fin de vie, chaque élément étant soit réutilisable, soit recyclable, selon les principes du cradle to cradle.

Le ministère du Logement nous a confirmé que ces containers tombent sous le régime des constructions d’ensembles dans le cadre de la loi de 1979 sur l’aide au logement et pourront donc être subventionnés à hauteur de 75 %.

En ce moment nous sommes à la recherche de propriétaires prêts à mettre leurs terrains à disposition. Parallèlement, nous éliminons les dernières contraintes juridiques avec l’étude de Me Albert Rodesch. Nous espérons pouvoir placer les premiers modules d’ici la fin de l’année ».

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Mélanie Trélat

Dossier du mois « Construire demain »

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vendredi 19 octobre 2018


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