Les beautés de la nature mises en lumière, mais pas à n'importe quel prix

Les beautés de la nature mises en lumière, mais pas à n’importe quel prix

La Fondation Hëllef fir d’Natur de natur&ëmwelt a été créée entre autres par la Ligue de la protection des oiseaux, il y a plus de 40 ans. Son but principal : pallier le manque d’initiatives pour acheter et gérer des parcelles, afin de protéger la nature.

Depuis le début des années 1980, il existe une liste de zones sensibles, qui ont été classées progressivement en zones de protection d’intérêt national. La Fondation a dès le départ essayé d’être présente dans chacune de ces réserves en achetant certains terrains aux propriétaires privés.

La gestion des différents milieux naturels est importante pour conserver la qualité des paysages luxembourgeois, mais également pour lutter contre le réchauffement climatique.

« C’est un travail important pour préserver la faune et la flore luxembourgeoises », explique Claude Schiltz, responsable de la gestion et des achats de terrains. « Nous achetons donc des parcelles afin de les entretenir correctement et soulager le travail des propriétaires privés. Ces réserves naturelles sont souvent des zones humides où personne ne peut travailler de façon moderne. On a hérité de beaucoup de forêts en situation extrême. Ce sont aussi les plus intéressantes, comme les forêts alluviales ou les forêts de ravins. Depuis 1982, un réseau de réserves naturelles assez grand s’est donc construit. »

Une collaboration internationale pour nature

Claude Schiltz, responsable de la gestion des terrains
Claude Schiltz, responsable de la gestion des terrains - ©natur&ëmwelt

C’est dans les années 2000 que d’importants projets ont notamment vu le jour, comme ceux de désenrésinement – le retrait de résineux – dans les vallées ardennaises. « Nous avons acheté des parcelles d’épicéas. Le but était de les reconvertir en paysages ouverts ou en forêts alluviales. Les propriétaires sont conscients qu’il faut protéger la nature pour sauver le futur. Nous avons aussi débroussaillé des pâtures abandonnées, refait les clôtures et rendu ces parcelles de nouveau exploitables. C’est positif pour la nature tout comme pour les agriculteurs qui reçoivent de l’aide et peuvent toujours exploiter les terrains. »

Une bonne collaboration avec les propriétaires luxembourgeois, mais également avec les pays limitrophes comme la Belgique, la France et l’Allemagne. « Nous mettons en place des projets européens avec des partenaires de la Grande Région comme NATAGORA en Belgique ou les Parcs naturels de la Grande Région. Nous sommes également optimistes quant à la participation des Luxembourgeois par l’intermédiaire des associations. »

Une sauvegarde réfléchie

Des amoureux de la nature qui peuvent profiter de nombreux outils pour découvrir les réserves naturelles luxembourgeoises. « Nous avons créé un classeur de randonnées qui les amène dans 40 de nos réserves prioritaires. Ils peuvent emprunter de magnifiques sentiers, comme les auto-pédestres, les sentiers locaux ou les sentiers thématiques. Toutes les informations se trouvent dans le guide disponible dans les librairies. »

Un outil intéressant et mûrement réfléchi. « C’est toujours une réflexion compliquée car il faut trouver le juste équilibre entre montrer un site – comme celui qui accueille des orchidées par exemple – et le préserver afin que les spécimens ne soient pas arrachés par des personnes indélicates. Nous partons du principe que si nous n’exposons pas les beautés offertes par la nature, nous n’arriverons pas à sensibiliser parfaitement la population. »

Ce sont des efforts importants. Trouver la limite est certainement le plus compliqué. Mais au final, la nature en sort grandie.

Sébastien Yernaux
Article tiré du dossier du mois « Nature humaine »

Article
Publié le lundi 29 avril 2024
Partager sur
Avec notre partenaire
Nos partenaires