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OUNI, coopérative luxembourgeoise, épicerie bio sans emballage, contribution, membres actifs, financement participatif, investissement citoyen, plateformes de crowdfunding
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Le modèle coopératif pour OUNI

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Publié le
mercredi 14 août 2019 à 04:00

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L’épicerie bio sans emballage OUNI (Luxembourg-ville) a été financée par la vente de parts à des personnes qui, par leur contribution, deviennent membres actifs ou non. Rébecca Maroko, cofondatrice, explique le fonctionnement de cette coopérative luxembourgeoise.

De quelle manière l’ouverture de la boutique OUNI a-t-elle pu être financée ?

OUNI S.C. est une coopérative dont chaque membre est contributeur. Lors de la création de la coopérative, après avoir constaté l’envie de la population de soutenir le projet OUNI, les sept fondatrices ont lancé un appel à participation, autour d’événements tels que des séances d’information et la projection de films.

En plus du soutien d’individus, OUNI a également bénéficié de l’investissement de partenaires professionnels comme SOS Faim, le groupe Tricentenaire ou Innpact.

La levée de fonds s’est poursuivie depuis et nous accueillons régulièrement de nouveaux membres qui veulent soutenir ou s’investir dans la coopérative.

Quelles raisons vous ont menés à choisir ce mode de fonctionnement ?

Nous avons rapidement constaté que les résidents luxembourgeois « voulaient » OUNI et souhaitaient s’associer à ce projet. Ce soutien s’est manifesté par beaucoup de messages spontanés, de nombreuses réponses reçues dans le cadre d’une étude de marché que nous avions réalisée, mais également par le soutien de la presse qui a fortement contribué au succès de la campagne de financement participatif.

Le modèle coopératif est le meilleur pour combiner une structure commerciale et la possibilité d’ouvrir le capital de la société à l’ensemble des citoyens qui souhaitent investir dans des épiceries comme la nôtre, en toute transparence.

La somme de base pour devenir membre est de 100 euros, ce qui nous semble raisonnable. Le succès remporté par notre action pour les réfugiés prouve que la solidarité existe bel et bien, puisque nombreux sont ceux qui ont financé une part, seul ou à plusieurs. Cela offre, à ceux qui en bénéficient, l’occasion de venir aider au magasin et de tisser du lien social.

La forme coopérative permet également de disposer d’un capital variable, qui évolue en fonction des demandes pour devenir membre de la coopérative.

Pourquoi n’avez-vous pas choisi le crowdfunding « classique » ?

Les plateformes de crowdfunding classique s’adressent plus particulièrement à des entreprises qui n’ont besoin que d’un financement de départ pour lancer leur idée ou leur produit. Si elles sont d’excellents outils de communication, elles prélèvent aussi des frais qui diminuent d’autant l’apport en capital initial. Or, grâce au soutien des résidents luxembourgeois et de la « communication gratuite » locale, nous avons eu l’opportunité de nous en passer.

De plus, derrière l’idée de coopérative, il y a celle de faire en sorte de donner la possibilité aux membres de s’investir concrètement, dans la gestion de la coopérative comme dans le fonctionnement du magasin. Il existe des groupes de travail de membres bénévoles qui concernent différents sujets : les finances, l’analyse et le choix des produits et fournisseurs, l’aménagement du magasin, le conseil environnemental, la communication, etc.

Les membres sont régulièrement invités à participer aux réflexions et au développement de la coopérative, sous forme informelle ou sous forme plus formelle lors de l’assemblée générale.

Quelles sont les conditions et les démarches à suivre pour s’établir en coopérative au Luxembourg ?

C’est relativement simple. Il n’y a pas de condition de minimum de capital non plus. Seule la capacité juridique est requise. Le statut offre aux membres une certaine flexibilité. Ils peuvent décider de leur responsabilité, du fonctionnement et de la gestion de la société.

La constitution s’appuie sur des statuts, qui, comme tout document juridique, doivent être subtilement rédigés pour éviter les problèmes lors de la vie de la coopérative. OUNI S.C. a ajouté une charte pour rappeler les valeurs qui l’animent.

Marie-Astrid Heyde et Rébecca Maroko, cofondatrice de OUNI
Article issu du dossier du mois Infogreen « Actifs alternatifs »

Publié le
mercredi 14 août 2019


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