Le quotidien des enjeux du développement durable au Luxembourg !
glyphosate, produits phytopharmaceutiques, herbicide total, alternative naturelle, bio-herbicide à base d'huiles essentielles, Gembloux Agro-Bio Tech, Université de Liège, commune d'Attert, ministère de l'agriculture, Centrale paysanne, exploitants de terres agricoles, substance active interdite, Luxembourg premier pays européen, vignoble luxembourgeois, agriculture bio, plan d'action national, big movers
facebook
twitter/
linkedin
scoopit

Le glyphosate banni, comme prévu

Green Planet

Publié le
lundi 11 janvier 2021 à 04:00

facebook
twitter/
linkedin
scoopit

Avec la nouvelle année, le Luxembourg est effectivement devenu le premier pays de l’Union européenne à bannir les produits phytopharmaceutiques à base de glyphosate. Interdits à la vente en cours d’année écoulée, ils sont complètement hors-la-loi à l’usage aujourd’hui.

Au 1er janvier 2021, le Luxembourg est effectivement devenu le premier pays européen – avec une belle longueur d’avance – à interdire l’usage, professionnel comme privé, du glyphosate et des produits phytochimiques utilisés le plus souvent comme herbicide dont le glyphosate est la substance active majeure. Légalement rayé de la carte (et surtout des sols) du pays, le produit reste autorisé, au niveau européen, jusque fin 2022.

L’annonce, faite il y a un an, avait eu grand écho dans les médias européens et même au-delà. Le Grand-Duché s’érigeait en pionnier de la promotion de l’agriculture liée à l’environnement et, plus globalement, en précurseur de la lutte contre les pesticides et autres produits controversés. Pour rappel, le Plan d’Action national vise une diminution de moitié de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques d’ici à 2030, et une réduction de 30 % des « big movers » (les produits les plus dangereux, voire les plus utilisés), dont font partie les produits à base de glyphosate, à l’horizon 2025.

Un retrait phasé et accompli

L’action anti-glyphosate était inscrite dans l’acte politique de naissance du gouvernement actuel (accord de coalition 2018-2023). Les acteurs concernés - agriculteurs, viticulteurs, maraîchers et autres titulaires d’autorisations - avaient été informés par les services compétents et, avant l’annonce de janvier 2020, les premières mesures d’incitation et de compensation avaient été promulguées.

Pour rappel, le retrait du glyphosate, aujourd’hui finalisé, s’est fait en trois phases : retrait de l’autorisation de mise sur le marché des produits dès le 1er février 2020, écoulement des stocks permis jusqu’au 30 juin 2020 et « délai de grâce » pour l’utilisation de ces produits par les utilisateurs professionnels ou privés, jusqu’au 31 décembre 2020.

C’est donc terminé. Si le monde agricole bio était évidemment déjà pratiquant convaincu, une partie de la « vieille ruralité » reste sur sa faim et des organes comme la Chambre d’agriculture ou la Centrale paysanne estiment que la décision, jugée éminemment politique, a été prise trop tôt, sous la pression d’une partie de la rue (il y avait notamment eu une pétition citoyenne déposée à la Chambre). A contrario, le ministre Schneider avait salué d’emblée l’engouement d’exploitants, engagés volontairement (et indemnisés pour ça) sur la voie du sans glyphosate, anticipée dès l’automne 2019. Bons élèves (parfois repentis), les vignerons luxembourgeois avaient renoncé, à 100%, à l’utilisation du glyphosate, pour la saison 2019-2020.

Alternative frontalière

Tout n’est pas réglé pour autant. Notamment les questions frontalières, puisque bon nombre de cultivateurs luxembourgeois exploitent des terres outre-frontières. En Belgique notamment, où le glyphosate n’est pas encore interdit à l’usage, et où des pouvoirs locaux s’emploient à réguler le phénomène, à l’image de la commune d’Attert, entité limitrophe dont la moitié des terres agricoles est aux mains d’exploitants luxembourgeois. Le député-bourgmestre d’Attert, Josy Arens, a confirmé à Infogreen vouloir proposer au prochain conseil communal l’interdiction du glyphosate sur le territoire de la commune.

La question des produits d’aide à la culture, susceptibles de « remplacer » utilement des composés phytopharmaceutiques, pourrait aussi trouver quelques réponses en Wallonie par exemple. Une équipe de chercheurs de la faculté Gembloux Agro-Bio Tech de l’Université de Liège a présenté, l’été dernier, une alternative naturelle, des bio-herbicides développés à base d’huiles essentielles, dont la commercialisation est espérée pour 2023.

Alain Ducat

Photo SIP : Le vignoble luxembourgeois – ici près de Schengen, frontalière par excellence – montre l’exemple d’une agriculture sans phytopharmacie.

Publié le
lundi 11 janvier 2021


Green Planet
article
Distraction free
DISTRACTION FREE MODE
Nos partenaires Green Planet


Nos partenaires Green Planet

Nos partenaires