
Le Bio à l’heure de la crise des engrais
La Biovereenegung Lëtzebuerg le souligne dans un récent communiqué : les conflits au Moyen-Orient font flamber les prix des engrais chimiques, fragilisant les exploitations conventionnelles. Les fermes Bio, elles, tirent leur épingle du jeu grâce à des pratiques naturelles intégrées de longue date.
Les conflits au Moyen-Orient ont fortement mis sous pression l’approvisionnement mondial en engrais chimiques de synthèse, et ce sont notamment les exploitations conventionnelles au Luxembourg qui en ressentent les effets. Les prix de l’urée et de l’ammoniac ont augmenté d’environ 20 % et 50 % respectivement depuis le début du conflit. D’autres engrais, comme le potassium et le soufre, ont également vu leurs prix grimper.
Dans ce contexte, les exploitations Bio au Luxembourg démontrent quelque chose qu’il ne faut pas sous-estimer : elles ont recours à des intrants naturels pour leur fertilisation, tels que le compost et les légumineuses, et misent sur des rotations culturales diversifiées. Cette pratique consistant à ne pas utiliser d’engrais chimiques de synthèse a fait ses preuves et a été intégrée il y a déjà 30 ans dans le cahier des charges de la réglementation européenne sur l’agriculture biologique. Elles sont donc bien moins touchées que les agriculteurs conventionnels par les fluctuations de prix actuelles sur les marchés internationaux.
« Pour de nombreuses exploitations conventionnelles, les engrais chimiques de synthèse constituent actuellement un outil important, notamment pour garantir des rendements stables et une sécurité de planification. Dans le même temps, les exploitations biologiques démontrent que, grâce à la rotation des cultures, aux légumineuses, à la fertilisation organique et au développement ciblé de la fertilité des sols, il est possible de produire des produits de haute qualité sans ces intrants. »
L’agricultrice Bio Lynn Jemming, Eggs&Hopp
La Biovereenegung appelle à prendre en compte, dans le débat en cours sur les prix des engrais, le potentiel de l’agriculture biologique, car celle-ci — outre une moindre dépendance vis-à-vis des engrais importés — peut contribuer à une fertilité durable des sols et à une production alimentaire régionale plus résiliente.
Texte de Biovereenegung Lëtzebuerg















