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Le bien-être des salariés comme facteur clé de performance de leur entreprise
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Le bien-être des salariés comme facteur clé de performance de leur entreprise

Stress, pression, charge mentale… Nous sommes plus que jamais exposés aux risques psychosociaux dans le cadre professionnel. En prévenant et limitant ces risques, un employeur agit pour la qualité de vie de ses salariés, mais il actionne aussi un levier permettant d’améliorer les performances de son entreprise.

Entre les années 70 et 80, le monde du travail au Luxembourg a subi une réelle transformation : la place financière a remplacé l’industrie sidérurgique en tant que pilier de l’économie du pays. « Cela a amené de nouvelles pressions, un nouveau rapport au travail et aux autres et un besoin d’adaptation bien plus grand », explique Patrick Bozier, co-fondateur et directeur pédagogique de l’Institut Luxembourgeois de la Qualité de Vie au Travail (ILQVT). Parallèlement, « il y a aussi eu une évolution sociétale. Nous avons de nouvelles exigences, comme le besoin d’être en bonne santé, certes physique, mais aussi mentale et psychologique. »

Patrick Bozier, co-fondateur et directeur pédagogique de l'ILQVT
Patrick Bozier, co-fondateur et directeur pédagogique de l’ILQVT - © Patrick Bozier

Si « l’employeur est obligé d’assurer la sécurité et la santé des travailleurs dans tous les aspects liés au travail » depuis une directive européenne de 1989 (article 5), la définition de la notion de risques psychosociaux (RPS) est beaucoup plus récente – début des années 2000. Ainsi, six facteurs de RPS ont été établis :

  • l’intensité et le temps de travail ;
  • les exigences émotionnelles ;
  • l’autonomie et les marges de manœuvre ;
  • les rapports sociaux et la reconnaissance au travail ;
  • les conflits de valeurs ;
  • et l’insécurité de la situation de travail.

Employés et employeurs paient le prix fort

Patrick Bozier poursuit : « Tous ces facteurs participent à alourdir la charge mentale qui pèse sur les travailleurs. Elle devient trop forte et donc insupportable. » Résultat : l’anxiété et l’insécurité augmentent, les équipes sont démotivées, désengagées. « C’est une vraie perte de valeur pour l’entreprise », commente-t-il.

Quand la qualité de vie au travail est mauvaise, l’employeur aussi en paie les conséquences. « Un des premiers impacts est l’augmentation de l’absentéisme, ce qui représente un coût financier direct, car il supporte une partie du salaire pendant un arrêt maladie. » Ce coût est aussi indirect : « Avec une équipe en sous-effectif, il y a une perte de performance, ce qui peut mettre l’entreprise en difficulté. » C’est aussi la mauvaise occasion de se retrouver dans le collimateur des instances capables de détecter un tel phénomène - comme la Caisse nationale de santé (CNS) - ou de recueillir les plaintes des salariés en souffrance - comme l’Inspection du Travail et des Mines (ITM).


« En 2025, l’indice global de la qualité du travail atteint 53,4 points, le niveau le plus bas depuis 2014. […] La tendance sur 12 ans de l’enquête reste négative et continue à s’accélérer. »

Chambre des salariés, résumé de la présentation de la 13e enquête Quality of Work Index Luxembourg

« En plus des coûts financiers, il y a des coûts humains », avance l’expert. « De la souffrance, des incapacités au travail, de trop nombreuses personnes voient leur capital santé affecté à cause du travail. De plus, aujourd’hui, il y a un grand besoin de talents sur le marché du travail et les chefs d’entreprises ont beaucoup de mal à recruter. » Dans ce contexte, l’image de marque et la réputation d’un employeur sont déterminants pour attirer de nouveaux collaborateurs, surtout dans un petit pays comme le Luxembourg où le bouche-à-oreille joue beaucoup.

Tous acteurs de la prévention des RPS

Les entreprises luxembourgeoises ont donc beaucoup à gagner à s’investir dans la QVCT : la Qualité de Vie par l’amélioration des Conditions de Travail. Le directeur pédagogique affirme : « Il est démontré statistiquement que les personnes qui éprouvent du bien-être au travail sont trois fois moins malades, cinq fois moins absentes et surtout dix fois plus performantes ! » Et pour considérer qu’un employé éprouve du bien-être dans son environnement professionnel, il suffit que celui-ci « considère qu’il a passé une bonne journée au travail au moins deux fois dans la semaine. Ça n’a pas l’air d’être grand-chose dit comme ça, mais c’est malheureusement difficilement atteignable pour certains. »


Le 25 mars 2026 à 13h, Odette Sangaré, formatrice pour l’ILQVT, co -fondatrice de l’ILQVT animera un workshop « Prévention des risques et RSE » lors du Forum Santé et Sécurité au Travail qui aura lieu à Luxexpo the Box. Plus d’informations ici.

Pour agir, la première étape est de « prendre le problème au sérieux ». Ensuite, il est possible pour les employeurs de se faire accompagner, notamment par les experts de l’ILQVT. « Il ne s’agit pas de mettre un pansement sur la plaie, mais de rentrer dans une vraie démarche d’amélioration continue. Il faut être ambitieux et aller au-delà de ‘gérer ce qui ne va pas’, en cherchant à retrouver du sens et de la motivation au travail », déclare Patrick Bozier.

Pour lui, la condition pour atteindre cet objectif est « que tout le monde - les opérateurs, les agents, les managers, les directions - soit engagé dans la démarche. Chacun doit devenir acteur de la prévention des risques psychosociaux et de sa propre qualité de vie au travail ! Les experts de l’ILQVT n’agissent pas à la place de l’entreprise, nous lui apportons les compétences qui lui permettront d’arriver à une vraie amélioration des conditions et de la qualité de vie au travail. »

Léna Fernandes

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Publié le jeudi 26 février 2026
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