
L’évènementiel responsable passe aussi par la gestion des mégots
Un festival, un salon ou un événement sportif génèrent en quelques heures une forte concentration de déchets. Parmi eux, les mégots restent l’un des plus visibles. Pourtant, ils demeurent encore trop souvent exclus des dispositifs mis en place. Intégrer les mégots dans un plan de propreté événementiel devient aujourd’hui une exigence concrète.
Les mégots : un déchet omniprésent dans les événements
Dans les événements temporaires, les mégots figurent parmi les déchets les plus fréquemment retrouvés au sol. En effet, concerts, festivals, salons professionnels ou manifestations sportives rassemblent sur un temps court plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers de participants. Cette densité favorise mécaniquement l’accumulation de mégots sur site.
Selon le World Clean Up Day France, les mégots font partie des déchets les plus collectés lors des opérations de nettoyage citoyen organisées sur l’espace public. En 2025, ce sont pas moins de six millions de mégots qui ont été ramassés lors de cet événement. Leur présence est particulièrement marquée dans les lieux de rassemblement, les zones d’attente, les espaces de restauration ou les abords des entrées.
Rappelons qu’en France, ce sont près de 30 milliards de mégots qui sont jetés au sol chaque année. Même si tous ne proviennent pas d’événements, ce chiffre donne la mesure d’un flux de déchets massif que les organisateurs doivent anticiper.
Un impact environnemental, sanitaire et visuel
Le mégot ne relève pas uniquement de la propreté visuelle. En réalité, il constitue surtout un déchet polluant durable.
Il est bon de rappeler que le filtre de cigarette est composé d’acétate de cellulose, un plastique dérivé du pétrole. Une fois abandonné au sol, il libère progressivement nicotine, goudrons, métaux lourds et microplastiques et peut mettre jusqu’à 12 ans à se dégrader.
En outre, selon l’ADEME, un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau. Sur un site événementiel exposé à la pluie ou au ruissellement, ces résidus peuvent rejoindre les réseaux d’eaux pluviales puis les milieux naturels.
Au-delà de l’impact environnemental, les mégots altèrent aussi l’image de l’événement. Un site jonché de filtres renvoie une perception négative de l’organisation, même lorsque le tri des autres déchets, tels que les emballages, biodéchets ou gobelets, est correctement structuré.
Obligations légales et enjeux RSE pour les organisateurs
La gestion des mégots s’inscrit pleinement dans la responsabilité environnementale événementielle.
En France, les organisateurs sont responsables de la propreté du site pendant et après la manifestation. Cette responsabilité concerne l’ensemble des déchets produits, y compris les mégots au sein des festivals.
Le Code de l’environnement rappelle que toute activité générant des déchets doit prévoir des modalités de collecte, de tri, de stockage temporaire et d’évacuation adaptées.
Au-delà des obligations réglementaires anti-tabac, la question s’intègre aujourd’hui aux engagements RSE des entreprises, collectivités et structures culturelles.
Un événement présenté comme événementiel écoresponsable doit désormais démontrer :
- une organisation cohérente du tri des déchets temporaires
- des dispositifs visibles de collecte des mégots
- des actions de sensibilisation du public
Cette exigence est d’autant plus forte que les visiteurs, partenaires et collectivités attendent désormais des engagements concrets sur la réduction de l’empreinte environnementale.
La gestion des mégots ne s’improvise pas. Elle doit être pensée dès la préparation de l’événement.
Avant l’événement : intégrer les mégots au plan déchets
La première étape consiste à identifier les zones à risque :
- entrées
- files d’attente
- zones de pause
- espaces restauration
- zones fumeurs
Aujourd’hui, certains cendriers urbains permettent même d’alimenter une filière dédiée à la transformation et au recyclage des mégots.
Pendant l’événement : visibilité et sensibilisation
Pendant l’exploitation, la réussite repose sur la visibilité du dispositif.
Les participants doivent pouvoir identifier facilement :
- où jeter leur mégot
- où se trouvent les zones dédiées
- pourquoi ce geste est utile
La sensibilisation des participants à l’impact des mégots joue ici un rôle essentiel pour éviter les mégots au sol lors d’un festival. Signalétique, messages courts, annonces micro ou présence de bénévoles contribuent à encourager les bons réflexes.
L’expérience de nombreux festivals montre qu’un simple rappel visuel, associé à des collecteurs bien placés, améliore fortement la qualité de collecte.
Après l’événement : collecte et bilan
Après la manifestation, le ramassage doit être rapide afin d’éviter la dispersion des résidus.
Le bilan post-événement peut intégrer :
- volume collecté
- zones les plus exposées
- taux de remplissage des collecteurs
- besoins d’ajustement pour les prochaines éditions
Cette démarche permet d’améliorer progressivement le plan de propreté événementiel.
Tableau pratique : intégrer les mégots dans un plan événementiel
En définitive, anticipation, signalétique, collecte et sensibilisation permettent de limiter la pollution liée aux mégots lors des événements, de préserver la qualité des sites et de renforcer la crédibilité environnementale des organisateurs.
Les Cy-Clopeurs vont plus loin encore : en collectant les mégots sur site, ils permettent de les valoriser en énergie, pour une démarche véritablement complète.
Sources :
- https://www.worldcleanupday.fr/megots/
- https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/reduire-dechets/bien-jeter/stop-megots-espace-public#:~:text=Un%20m%C3%A9got%20peut%20polluer%20%C3%A0%20lui%20seul%20500%20litres%20d’eau.
- https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-son-entreprise-au-quotidien/gerer-sa-comptabilite-et-ses-demarches/quest-ce-que-la-responsabilite-societale-des-entreprises-rse
Texte et illustrations de Cy-Clope
















