
L’État pousse les communes vers des projets plus ambitieux via Smart Cities
Avec l’appel à projets « Smart City », le Luxembourg entend soutenir des solutions numériques utiles, mesurables et réplicables dans les communes. Après une première vague sélective, le gouvernement encourage désormais de nouveaux projets à fort impact, à déposer d’ici le 15 mars 2026.
À travers la politique des Smart Cities, le gouvernement luxembourgeois affiche une ligne claire : la transition écologique se jouera aussi à l’échelle communale, mais elle devra désormais s’appuyer sur des projets structurés, mesurables et capables de produire des résultats concrets. Loin d’une approche expérimentale, l’État souhaite accompagner les communes tout en renforçant son niveau d’exigence, tant sur les impacts environnementaux que sur la gouvernance des données et la pérennité des solutions déployées.
En présence du président du Syvicol, Emile Eicher, Lex Delles, ministre de l’Économie et Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, ont présenté le premier bilan de l’appel à projets « Smart City ». Ce dernier confirme la volonté de passer à une nouvelle étape.
« Les Smart Cities représentent l’avenir. Au Luxembourg, des initiatives innovantes existent déjà et témoignent du savoir-faire et de la créativité des communes. Les solutions numériques intelligentes ne constituent pas une finalité, mais un formidable outil pour mieux gérer nos ressources et notre énergie, de façon plus efficace, durable et au service de la qualité de vie dans l’ensemble du pays. »
Lex Delles, ministre de l’Économie
Une première vague volontairement exigeante
Lancé en 2025, l’appel à projets vise à encourager le développement de solutions innovantes dans trois domaines prioritaires, à savoir la mobilité intelligente, l’énergie intelligente et la gestion intelligente des ressources. Lors de la première vague, quinze projets ont été soumis, mais seuls cinq ont été retenus : trois dans le domaine de la mobilité, un dans celui des ressources et un dans l’énergie.
Un résultat qui reflète le niveau d’exigence du dispositif.
« Ce premier appel n’avait pas pour objectif de financer un maximum de projets, mais d’identifier ceux qui apportent une réelle plus-value. Nous voulons soutenir des initiatives capables de produire des résultats concrets pour le climat, les ressources et la qualité de vie des citoyens. »
Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité
Six projets répondant aux critères d’éligibilité ont ensuite été présentés au Fonds pour le climat et l’énergie afin de confirmer leur financement par le biais de conventions basées sur les résultats. Quatre autres projets, jugés pertinents mais non retenus dans ce cadre, ont été orientés vers le Fonds pour la protection de l’environnement et le Fonds pour la gestion de l’eau, dont deux seront encore examinés lors d’une prochaine session.
Pour Émile Eicher, président du Syndicat des Villes et Communes Luxembourgeoises (SYVICOL) et échevin de Clervaux, cette action est clairement positive :
« Notre commune a déjà bénéficié d’un projet subventionné. Nous avons pu installer des luminaires LED intelligents. Ils s’allument et s’éteignent automatiquement en fonction des besoins. Si je mets ma casquette de président, je tiens à souligner que le SYVICOL se tient à la disposition des communes intéressées afin de les accompagner dans la préparation de leurs projets. »
Évaluation des données et de leurs impacts
L’évaluation des projets repose sur une grille particulièrement complète. Elle reprend la qualité du dossier, la pertinence, le caractère innovant à l’échelle communale, l’impact social et environnemental, mais aussi l’ambition des indicateurs de performance à suivre dans le temps. Le volet « data » occupe une place centrale. En effet, elle couvre la génération des données, leur gestion, leur partage, l’open data, la cybersécurité et l’interopérabilité.
« La ville intelligente repose sur une meilleure compréhension des usages. Les données sont un levier essentiel pour optimiser l’action publique locale, à condition qu’elles soient bien gouvernées et utilisées de manière responsable. »
Lex Delles, ministre de l’Économie
La présélection des projets a été assurée par un jury réunissant des représentants du ministère de l’Économie, du ministère de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité et de la Klima-Agence. Les délibérations ont été documentées et les avis transmis aux porteurs de projets, dans une logique d’accompagnement et de transparence.
Des solutions utiles, pas des vitrines technologiques
Au fil de cet appel à projets, une vision précise de la Smart City se dessine. Le numérique n’est pas envisagé comme une fin en soi, mais comme un moyen au service de politiques publiques plus efficaces.
« Nous ne finançons pas des gadgets technologiques. Les projets doivent répondre à des besoins réels, être ancrés dans les réalités locales et améliorer concrètement le quotidien des citoyens. »
Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité
Sont ainsi ciblées des solutions de gestion intelligente du trafic, de suivi des flux multimodaux, d’optimisation énergétique des bâtiments communaux ou encore de gestion des ressources naturelles, notamment l’eau et la qualité de l’air. Les technologies mobilisées doivent permettre une utilisation plus rationnelle des ressources, souvent limitées à l’échelle locale.
La réplicabilité figure parmi les critères clés. Les projets soutenus ont vocation à devenir des bonnes pratiques susceptibles d’être reprises ailleurs, notamment dans le cadre du Pacte Climat.
« Le Luxembourg peut jouer pleinement son rôle de laboratoire vivant en développant des solutions qui pourront être déployées dans d’autres communes, voire à l’échelle nationale. »
Lex Delles, ministre de l’Économie
Un soutien financier structurant et incitatif
Pour accompagner cette montée en ambition, l’appel à projets est doté d’un budget global plafonné à cinq millions d’euros, répartis sur deux années. Les projets sélectionnés peuvent bénéficier d’un cofinancement couvrant jusqu’à 50 % des coûts admissibles, avec un plafond fixé à 500.000 euros par commune ou syndicat de communes.
Des majorations sont prévues afin d’encourager la coopération et de soutenir les petites communes : +10 % pour les projets associant deux communes, +30 % pour ceux réunissant trois communes ou plus, et +10 % pour les communes de moins de 3.000 habitants. Un financement complémentaire pouvant atteindre 25.000 euros par commune est également prévu pour des prestations d’accompagnement technique.
« Ce dispositif vise clairement à encourager les projets collaboratifs et à ne laisser aucune commune de côté. La transition écologique doit pouvoir se concrétiser sur l’ensemble du territoire. »
Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité
Une deuxième vague décisive pour les communes
Fort de ce premier bilan, le gouvernement appelle désormais les communes à se mobiliser pour la deuxième vague de l’appel à projets. Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 15 mars 2026. Toutes les communes, quelle que soit leur taille, peuvent participer, seules ou en consortium, à condition de définir clairement le rôle et la contribution de chaque partenaire.
« Cet appel à projets offre aux communes de nouveaux leviers pour accélérer leur transition », insiste Lex Delles. « À travers des solutions numériques intelligentes, nous voulons renforcer durablement la gestion des territoires et améliorer la qualité de vie des citoyens. »
Sébastien Yernaux
Photos : © MECO / © MECV




















