
Jeter les mégots dans les grilles d’égout : le mauvais geste à éviter
Chaque année en France, 20.000 à 25.000 tonnes de mégots sont jetées, dont beaucoup finissent dans les grilles d’égout. Transportés directement vers les milieux aquatiques, ces déchets plastiques et toxiques polluent durablement l’eau. Mieux comprendre leur impact permet d’adopter des gestes plus responsables au quotidien.
Que deviennent les mégots jetés dans les égouts ?
Jeter un mégot dans une grille d’égout ne le fait pas « disparaître ». Il entame un parcours rapide qui l’amène directement dans les milieux naturels. Contrairement à une idée très répandue, les eaux pluviales ne transitent pas par les stations d’épuration, mais rejoignent, après un passage dans les canalisations, une rivière, un fleuve ou parfois directement la mer.
Cela signifie que la plupart des mégots jetés dans la rue sont transportés tels quels vers ces milieux. Surfrider Foundation Europe rappelle d’ailleurs qu’un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau. Et lorsque certains atteignent malgré tout une station d’épuration, leur petite taille et leur faible densité les rendent très difficiles à capter. Ils ne sont pas filtrés efficacement et rejoignent donc le milieu naturel, ajoutant une pollution plastique invisible mais durable.
Rappel important : en France, tout citoyen risque une amende pour les mégots jetés par terre.
L’impact environnemental des mégots dans les égouts
Le mégot est un déchet urbain dangereux. Son filtre, souvent confondu avec du coton, est en réalité composé d’acétate de cellulose, un plastique dérivé du pétrole. Il met entre 10 et 15 ans à se dégrader. Pendant tout ce temps, il relâche dans l’eau un cocktail toxique. En outre, l’Ifremer et l’ADEME identifient plus de 2.500 substances présentes dans un seul filtre de cigarette : nicotine, métaux lourds (cadmium, plomb, mercure), goudrons et résidus d’hydrocarbures.
Ces substances se diffusent rapidement dans l’eau, particulièrement lorsqu’un mégot est humidifié quelques minutes après avoir été jeté. C’est ce qui explique pourquoi ils comptent parmi les premiers polluants des milieux aquatiques. La Commission européenne estime qu’ils représentent environ 35 à 40 % des déchets retrouvés sur les plages du continent, une proportion alarmante.
En se fragmentant, les filtres deviennent également des microplastiques, facilement ingérés par les poissons, mollusques et oiseaux. Ils finissent ensuite par remonter la chaîne alimentaire. La pollution dangereuse du mégot n’est donc pas seulement un problème urbain : elle concerne directement l’écosystème marin et, in fine, la santé humaine.
Mieux comprendre le fonctionnement des stations d’épuration en France
Pour comprendre pourquoi les mégots posent problème, il faut rappeler le rôle des stations d’épuration. Leur mission consiste principalement à traiter les eaux usées domestiques : elles éliminent les polluants organiques, les micro-organismes pathogènes et une partie des substances chimiques. Cependant, elles ne sont ni conçues ni dimensionnées pour filtrer efficacement les déchets non organiques tels que mégots, lingettes ou plastiques légers.
Les mégots qui atteignent les canalisations s’accumulent donc dans les systèmes d’évacuation où ils peuvent provoquer des bouchons et des dépôts. Lorsqu’ils entrent dans les stations, ils passent souvent à travers les grilles mécaniques, trop larges pour retenir de si petits déchets. Le plastique qu’ils contiennent n’étant pas biodégradable, il traverse la chaîne de traitement et se disperse dans les milieux aquatiques.
Cette inefficacité a également un coût : le nettoyage des réseaux et des avaloirs représente plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année pour les collectivités françaises.
Quelles alternatives pour les mégots et autres petits déchets ?
Le meilleur geste consiste évidemment à ne jamais jeter un mégot dans une grille d’égout, ni dans les toilettes, qui ne sont pas prévues pour recevoir des déchets solides. Il doit être déposé dans une poubelle classique. Pour les fumeurs en déplacement, les cendriers de poche sont une bonne solution : légers, hermétiques et réutilisables, ils permettent de conserver les mégots jusqu’à trouver une poubelle adaptée. De nombreuses villes, festivals ou associations en distribuent gratuitement.
Les municipalités installent également de plus en plus de dispositifs pour éviter le jet au sol : cendriers urbains, boîtes métalliques, dispositifs ludiques incitant à voter avec son mégot. Ces initiatives facilitent le geste et améliorent la propreté en ville.
Le recyclage des mégots progresse aussi en France, notamment grâce à des entreprises spécialisées comme nous, Cy-Clope, qui misons sur la sensibilisation à la pollution. Certaines collectivités ou entreprises organisent même des journées de ramassage citoyen, ou mettent en place des dispositifs pédagogiques pour informer sur les conséquences de jeter un mégot dans les égouts. Ces actions participent à la réduction des déchets et renforcent la prise de conscience autour de la pollution de l’eau.
Jeter un mégot dans une grille d’égout est un geste anodin en apparence, mais aux conséquences environnementales majeures. Toxiques, plastiques et persistants, les filtres de cigarette polluent durablement les eaux, les sols et les milieux marins. Grâce à des solutions simples, tels que les cendriers de poche, dispositifs urbains et recyclage via Cy-Clope, il est possible d’éviter cette pollution et de préserver les écosystèmes. Chaque geste compte pour faire reculer la pollution des mégots en France.
Sources : Cy-clope, Chimirec, Ministère de la Transition écologique
Communiqué et visuels de Cy-Clope
















