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« Il n’y a pas de radiation qui ne soit pas nocive »

Santé-Environnement

Publié le
lundi 6 août 2018 à 04:00

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Le corps humain est soumis à la radioactivité naturelle, mais aussi à la radioactivité artificielle. Au-delà d’une certaine dose, ces radiations entraînent des mutations génétiques qui peuvent déclencher des cancers, entre autres. Interview de Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace.

En quoi les centrales nucléaires constituent-elles un risque pour la santé humaine ?

Les centrales nucléaires produisent en permanence de faibles émissions radioactives gazeuses ou liquides, et il n’y a pas de radiation qui ne soit pas nocive. Mais c’est surtout en cas d’accidents qu’il y a un risque : on l’a vu avec Tchernobyl il y a 32 ans et avec Fukushima en 2011. Il arrive aussi occasionnellement que des employés soient contaminés par une fuite mineure. Ils sont équipés d’un dosimètre qui leur permet de savoir à quel moment et à quel niveau de radiation ils sont exposés. Les niveaux de radiation sont plus élevés pour les travailleurs que pour les personnes qui habitent autour des centrales.

De quel type de risques s’agit-il ?

Il y a des victimes directes. À Tchernobyl, on les appelait les liquidateurs. Ils étaient des milliers à travailler sur place pour tenter d’éteindre le feu et de couvrir le réacteur. Plusieurs sont morts directement ou suite à la radiation ; les chiffres varient selon les sources. Les risques se traduisent aussi par l’apparition de cancers, ainsi que par des malformations chez les enfants nés dans les années qui ont suivi l’accident.
Quelle incidence les centrales ont-elles pour les gens qui vivent dans leur voisinage ?
Des études réalisées en Allemagne et aux États Unis ont démontré que le taux de cancer est plus élevé chez les gens qui habitent à proximité des centrales mais, dans le cadre d’un fonctionnement normal, ce chiffre est très minime.

Que peut-on faire contre cela en tant que citoyen lambda ?

Greenpeace milite depuis longtemps pour la fermeture des centrales. Il y a eu quelques victoires : après Fukushima, l’Allemagne a décidé d’arrêter ses centrales, seules deux sont encore opérationnelles, et en Belgique, la décision politique a récemment été prise de sortir du nucléaire d’ici 2024. Le travail que nous faisons est relativement complexe : pression sur responsables politiques des pays qui ont des centrales nucléaires, motivation des responsables politiques des pays voisins pour augmenter la pression sur des pays comme la France et la Belgique, études scientifiques pour démontrer le risque. La dernière date d’octobre dernier et porte sur les bâtiments qui contiennent des combustibles usagés. En parallèle avec la présentation de cette étude, nous avons fait une action à Cattenom et à Cruas et nous avons adressé une pétition à EDF pour l’arrêt des centrales.

Quelles sont les alternatives à ce mode production d’énergie ? Et quelle est leur incidence sur la santé ?

Des alternatives existent. Plusieurs scénarios démontrent que l’on pourrait sortir en réduisant la consommation d’énergie et en investissant dans les énergies renouvelables qui ne posent aucun problème au niveau de la santé. L’Allemagne a déjà pris la décision politique d’investir massivement dans les énergies renouvelables (solaire, éolienne, biogaz).

Mélanie Trélat

DDM Infogreen Les vases communicants

Publié le
lundi 6 août 2018


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