Garder le cap en Mer Rouge

Garder le cap en Mer Rouge

C’est parti pour la COP27 à Charm El-Cheikh. Le Luxembourg soutient pleinement le « Pacte climatique de Glasgow » conclu lors de la COP26.

Le Premier ministre et ministre d’État, Xavier Bettel, est à la Conférence sur le climat - COP27- à Charm El-Cheikh. Il y participe, en ce début de sommet, au « segment de haut niveau » des chefs d’État et de gouvernement.

Une délégation luxembourgeoise suivra, pour la deuxième semaine, en particulier pour participer aux négociations de cette 27e « Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques », du 15 au 18 novembre.

La ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, Joëlle Welfring, y emmène une petite dizaine de personnes, la délégation luxembourgeoise se composant d’un noyau restreint « de négociateurs et d’experts en politique climatique », explique le ministère dans sa communication gouvernementale, des experts issus de différents ministères et départements, Environnement, Climat et Développement durable, Affaires étrangères et européennes, Finances, ASTA (Administration des services techniques de l’agriculture) mais aussi de la société civile.

Une COP de transition ?

D’aucuns parlent d’une COP de transition, voire, sans gants, d’une mascarade, dans le contexte géopolitique et néanmoins énergétiquement tendu.

La COP27 tournera surtout autour de la continuation et du « renforcement » des efforts mondiaux. Pour rappel, la référence reste l’accord de Paris, conclu à la COP21 en 2015, qui avait défini le cadre, les objectifs et les grands principes de l’action internationale pour le climat. Par la suite, les conférences de Katowice (2018), Madrid (2019) et Glasgow (2021) – 2020 étant off pour cause de pandémie – avaient, en quelque sorte, détaillé ou abordé les dispositions de mise en œuvre de l’accord de Paris.

Pour le ministère de Joëlle Welfring, la COP27 représente bien « une sorte de conférence de transition, mais elle est importante, justement au vu de l’environnement de crises multiples dans lequel s’inscrit l’urgence de l’action climatique en ce moment ». Sur le fond, l’actuelle grand-messe met à l’ordre du jour des processus de négociation qui, selon les dispositions des années précédentes, ne seront achevés qu’en 2023.

Néanmoins, des enjeux sont suivis de près, et la délégation luxembourgeoise s’y engage. Le « Glasgow dialogue on loss and damage », soutenu par le Luxembourg l’an passé, doit clarifier le financement des activités qui évitent, minimisent ou traitent les dommages et les pertes dans les pays les plus vulnérables, et ce volet des négociations, qui prend de l’importance à mesure des crises successives, continuera sur les bords de la Mer Rouge.

Objectifs inscrits et soulignés

Pour le Grand-Duché, un autre processus politique important - qui n’entrera dans une phase décisive que l’an prochain - est la fixation du « nouvel objectif quantifié collectif sur le financement climatique ». On parle ici de l’objectif de 100 milliards de dollars US par an à partir de 2025. En 2009 à Copenhague, le monde avait déjà placé cette barre d’engagement à cette hauteur, pour un horizon 2020… « Aujourd’hui, l’engagement quantifié mondial s’élève à environ 83 milliards de dollars par an », souligne la ministre Welfring. « La communauté internationale est tenue d’améliorer ce chiffre dès que possible ». Et de rappeler, avec le gouvernement, que le Luxembourg « répond déjà largement à ses obligations en matière de financement climatique international, avec un engagement de 220 millions d’euros pour la période 2021-2025 ».

La délégation luxembourgeoise évoque encore l’enjeu du « global stocktake », l’état des lieux mondial des efforts de réductions de gaz à effet de serre (GES). « C’est la première fois que cela se fait, les préparatifs techniques ont été achevés l’année dernière et le processus se poursuivra désormais jusqu’en novembre 2023, lors de la COP28 ».

Et puis, évidemment, il y a l’essentiel : maintenir le cap pour limiter l’augmentation de la température moyenne globale à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. « Il faut fixer cet objectif aussi haut que possible dans l’agenda politique international. Il s’agit de présenter des actions concrètes, d’expliquer comment tenir les annonces politiques faites dans ce contexte. Il s’agit de mettre plus d’ambition sur la table, et de faire preuve de plus de solidarité ». Une solidarité que le Luxembourg érige en message important, pour les pays en développement, en particulier ceux qui sont les plus touchés par le changement climatique.

Bon élève européen, le Grand-Duché soutient pleinement le « Pacte climatique de Glasgow » conclu l’an passé et il « appelle tous les grands émetteurs à accroître leur ambition à court et à long terme. Avec le plan de mise en œuvre européen, dit ’Fit For 55’, l’UE montre concrètement comment elle veut atteindre son objectif de réduction de 55%. Pour un certain nombre d’autres pays, c’est beaucoup moins clair ».

Le Luxembourg entend aussi insister sur le fait que la sécurité énergétique ne peut pas se faire au détriment de la protection du climat. « Les objectifs climatiques du Luxembourg et de l’UE sont inscrits dans des textes législatifs », rappelle le communiqué du ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable.

Compenser le voyage

Reste à faire entendre la voix du Luxembourg dans ce concert mondial… et à voyager léger. « L’État luxembourgeois s’engage depuis 2022 à compenser tous ses déplacements à l’étranger afin de les rendre climatiquement neutres », rappelle le ministère de l’Environnement.

« Afin de compenser les 584.6 kg de CO2 émis lors du vol, nous allons participer financièrement à un projet de reforestation, encore à déterminer », annonce pour sa part Paul Zens, président de l’asbl Eurosolar Lëtzebuerg, qui sera en Égypte, parmi les délégués du rassemblement européen d’origine allemande Eurosolar e.V., du 14. au 17 novembre.

Eurosolar est associé à plusieurs événements ou conférences liés à cette COP27. « La lutte contre la crise climatique est à un moment charnière ; la mise en place de l’ensemble des mesures nécessite un effort commun et une collaboration au-delà des frontières. Car, plus que jamais, l’adage ’think global, act local’ est véridique », explique Paul Zens. « Nous nous intéressons particulièrement aux innovations et aux applications des techniques, mais aussi aux actions de la société civile et aux projets éducatifs ». Paul Zens participera notamment au « Gender Day », à la journée « Éducation climatique et société civile » ou encore, bien sûr, à l’« Energy Day ».

La COP, avec ses multiples facettes et manifestations, est à suivre sur le site officiel de la conférence.

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Publié le mardi 8 novembre 2022
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