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Ensemble… simplement (3/7)

Économie sociale et solidaire

Publié le
mercredi 13 mai 2020 à 04:00

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Covid et handicap… une série de témoignages mise en place par Infogreen au cœur du Tricentenaire asbl pour nous faire comprendre et réaliser le quotidien de ce secteur, si peu exposé au grand public. Rencontre avec deux usagers, résidents au foyer Walferschlass à Walferdange, ils ont la particularité d’être en couple. Comment ont-ils vécu l’annonce du Covid et du confinement ? Comment vivent-ils depuis lors ? Quel regard portent-ils sur demain ? Réponses.

Madame Beissel et M. Sand vivent leur relation amoureuse au Walferschlass depuis bientôt deux ans. Ils sont tous deux en fauteuil, chacun dans son appartement oui, mais toujours ensemble au quotidien. Madame est au Tricentenaire depuis 2 ans et Monsieur quant à lui depuis 1996… ils sont confinés depuis le vendredi 13 mars.

Comment avez-vous vécu l’annonce du Covid et du confinement ?

Mme B. : Nous avons tous les deux appris la nouvelle par les médias. Au départ, je ne savais pas quelle envergure allait prendre cette pandémie. Je m’imaginai une sorte de grippe, pas très grave, hormis bien entendu pour les personnes les plus vulnérables. Mais, au fil des heures et des premiers jours, voyant le virus se répandre, de Chine, puis en Italie, France… et Luxembourg, en lisant très rapidement l’annulation des événements de LuxExpo d’abord puis de tout le reste, j’ai pris conscience de l’ampleur et de la gravité du Covid.

M. S. : moi je travaille et le 13 mars, j’étais en atelier protégé à la Fondation Kraizbierg à Dudelange, et j’y ai appris que, dès le lundi suivant, les ateliers allaient fermer et que nous serions confinés. Je n’ai personnellement pas été surpris, car je suis très au fait de l’actualité, j’écoute beaucoup les médias. D’abord la Chine, puis l’Europe, le moment où j’ai eu le plus peur est lors de l’annonce de son arrivée en Italie… à notre porte.

Depuis lors, comment vivez-vous le confinement ?

Mme. B. : J’en profite pour bricoler un peu, faire du dessin, jouer à des jeux de société… on s’occupe. Quand le temps le permet, nous avons d’ailleurs eu de la chance les premières semaines du confinement, nous profitons de la terrasse privative.

Pour ce qui est des gestes barrières et des mesures de sécurité sur le plan de l’hygiène, le Tricentenaire a d’une part collé une affiche explicative dans le corridor de l’entrée de la résidence à la vue de tout le monde d’autre part les équipes soignantes et éducatives nous ont renseigné et continuent de nous informer autant que possible.

M. S. : Pour ma part, j’essaie de me lever tôt afin de ne pas perdre le rythme. Le matin je pratique du sport et puis, étant graphiste, je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur.

Nous avons tous les deux des soins de kiné quotidiens, c’est plus souvent qu’auparavant.

Ne plus avoir de visite affecte notre moral. Mais nous respectons les décisions prises dans le cadre du confinement parce que nous sommes conscients que c’est uniquement pour notre bien.

Mme B. : On multiplie aussi les contacts avec l’extérieur avec plus d’appels téléphoniques, des appels en visio. Le Tricentenaire a mis en place un groupe Facebook privé où nous pouvons avoir des nouvelles de tout le monde : des autres résidents, des familles, mais aussi des soignants ou de la direction. C’est très bien.

Nous trouvons que le Tricentenaire a vraiment bien géré cette crise sanitaire et a mis en place de façon très efficace toutes les protections possibles. On se sent en sécurité.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Mme B. : Je pense personnellement que cela va encore durer un certain temps, qu’il n’y aura pas de réel retour à la normale avant l’automne. J’imagine que les possibilités de sortie en extérieur se feront au fur et à mesure mais que le virus restera encore présent un bon moment. Nous n’avons pour l’instant aucune information à ce sujet. Mais je n’ai pas peur, je me sens bien protégée.

M. S. : Je pense que le déconfinement sera plus compliqué que le confinement. Aux infos, on voit déjà aujourd’hui dans la rue que les gens ne respectent pas toujours les règles. Certains n’ont même pas de masque.

Il faut tenir les distances, ça va être plus difficile en entreprises ou dans les écoles. Pour les ateliers protégés, cela sera encore plus compliqué car ça va dépendre des surfaces disponibles pour assurer cette distanciation.

Mme B. : À Bissen, le centre est suffisamment grand je pense, il est très spacieux, les repas se font en deux services. Mais pour ce qui est du transport là aussi ça va poser des problèmes car nous sommes normalement 6 par camionnettes…

Pour moi, ça ne va pas non plus être facile de reprendre le rythme des levées à 6 heures du matin, j’ai pris un peu l’habitude la grasse matinée [rire].

Mme B. et M. S. : Pour conclure, si nous devions passer un message, ce serait celui d’apprécier ce que l’on a, les petites choses du quotidien. Nous aimerions que les gens réfléchissent à ce qu’ils ont et soient reconnaissants sans en attendre toujours plus, car le bonheur est définitivement dans ces choses simples.

Frédéric Liégeois

Publié le
mercredi 13 mai 2020


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