En 2024, MSF est à nouveau sur tous les fronts

En 2024, MSF est à nouveau sur tous les fronts

Thomas Kauffmann, directeur général de Médecins Sans Frontières Luxembourg, dresse le bilan d’une année marquée par des conflits à travers le monde, mais également par les conséquences du dérèglement climatique.

Est-ce que le monde tourne mal ? Vaste question. En tout cas, ce ne sont pas les actualités quotidiennes qui diront le contraire. Une période qui demande, en tout cas, davantage d’efforts pour les membres de MSF.

2023, une année de conflits

« Si on dresse le bilan 2023, on a observé une multiplication des crises », souligne Thomas Kauffmann. « Trois guerres majeures, qui sont toujours en cours, ce n’est pas rien : l’Ukraine, Gaza et le Soudan. »

Le Soudan est un pays dont on parle peu, mais on estime que plus de 7,4 millions de personnes ont été déplacées au Soudan et dans les pays voisins par les combats. « La coordination de l’action humanitaire au niveau des Nations Unies parle de 25 millions de personnes, dont plus de 14 millions d’enfants, qui ont besoin d’une assistance et d’un soutien humanitaire. Les chiffres sont vraiment marquants : 65% de la population n’a pas accès aux soins de santé ; 17,7 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, et 3,5 millions d’enfants souffrent d’une faim aiguë. Faute de médiatisation, nous avons peur que ça devienne une crise oubliée. »

MSF est présente au cœur des conflits, mais intervient également lors de grandes catastrophes naturelles. « Il y a eu plusieurs séismes très importants, notamment en Turquie, en Syrie, au Maroc, et en Afghanistan. Sans oublier la tempête Daniel qui a rasé la ville de Derna en Libye, ainsi que les tempêtes de type cyclonique à Madagascar. MSF répond toujours aux urgences. Nous essayons de rester le plus longtemps possible, surtout quand les structures médicales ont été touchées. »

Évidemment, si on parle des interventions, il ne faut pas oublier leurs financements. « Nous sommes financés à plus de 99% par des donateurs privés. Au Luxembourg, nous avons une communauté fidèle depuis 1986. C’est un pays qui est très généreux, même en temps de crise. On observe aussi au Luxembourg qu’il y a de plus en plus d’entreprises qui veulent s’impliquer à travers des politiques RSE. »

Que nous réserve 2024 ?

La sensibilisation sera au centre des nombreuses actions de MSF. « Dans notre mandat, on retrouve l’aide aux populations. Une aide médicale d’urgence et humanitaire, bien entendu, mais également des témoignages. Il est important de raconter ce que l’on voit dans les pays où on travaille. »

Témoigner auprès de qui ? « Auprès de la population luxembourgeoise. Nous essayons d’augmenter ce volet d’ancrage local par l’entremise de manifestations pour le grand public ou en rejoignant d’autres événements comme la 41e édition du Festival des Migrations, des Cultures & de la Citoyenneté qui se déroulera les 24 et le 25 février. Nous animons aussi des activités de sensibilisation dans les écoles et des conférences pour le grand public. »

Au niveau de la communication, 2024 sera spécifiquement portée sur trois sujets principaux. « D’une part, la migration. MSF travaille beaucoup sur l’aide aux migrants qui essayent de rentrer en Europe. Nous avons un bateau en Méditerranée, le Geo Barents, qui réalise du search and rescue, notamment pour les embarcations qui s’échouent avec des réfugiés à bord. Nous aborderons les liens entre la santé, le climat et l’environnement. On se rend compte que le climat a un impact direct sur l’augmentation des maladies et l’augmentation des besoins médicaux. L’augmentation de la température, par exemple, fait qu’il y a des vecteurs de maladies qui se développent beaucoup plus. Je pense aussi aux insectes qui résistent toute l’année sans mourir et qui vont favoriser la transmission de nouvelles maladies. Le réchauffement climatique a une conséquence directe sur la santé des humains. »

- ©Martín Calíx

« Nous travaillons également beaucoup sur la santé des femmes. Nous constatons que historiquement, l’aide médicale est souvent pensée par des hommes pour des hommes. »
Le cahier des charges de MSF s’annonce, une nouvelle fois, assez chargé. Mais l’optimisme et la motivation sont présents pour déplacer des montagnes.

Sébastien Yernaux
Photos : ©MSF

Légende : À Tegucigalpa, au Honduras, où les taux de dengue sont historiquement élevés, MSF utilise une approche innovante pour prévenir la propagation de la maladicine en relâchant des moustiques porteurs d’un type de bactérie qui empêche la transmission de virus tels que la dengue, le Zika et le chikungunya, entre autres.

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Publié le vendredi 9 février 2024
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