Elections : des candidats répondent aux citoyens

Elections : des candidats répondent aux citoyens

François Bausch (Déi Gréng), Xavier Bettel (DP), Jean-Claude Juncker (CSV) et Étienne Schneider (LSAP) ont eu l’occasion de présenter les solutions de leurs partis respectifs aux grands défis auxquels le Luxembourg sera confronté à moyen et à long terme. Ces défis ont été présentés aux quatre candidats par trois citoyens engagés et ont porté sur trois grandes thématiques, à savoir l’orientation de l’économie, l’empreinte écologique et le vivre ensemble.

Marc Wagener, coordinateur général de l’initiative 2030.lu, a souhaité la bienvenue au public et aux invités et a rappelé que l’objectif de l’initiative 2030.lu était de mettre à la disposition de la société civile une plateforme de discussion et d’échange d’idées pour débattre de l’avenir du pays et récolter des pistes innovantes pour relever les nombreux défis du pays. L’animateur de la soirée, Gabriel Boisanté, a ensuite expliqué le déroulement et les règles de jeu de la table ronde, qui accordait à chacun des candidats un temps de parole de 4 minutes par sujet exposé avec une minute supplémentaire pour répondre aux questions complémentaires du citoyen ayant présenté le sujet. En guise d’introduction, le public a pu découvrir une courte vidéo de 3 minutes ( https://vimeo.com/75940781 ) présentant les principaux résultats d’une enquête sur les besoins de changements au Luxembourg. Cette enquête, qui a été menée auprès d’un panel représentatif de la population luxembourgeoise, a révélé quelques résultats surprenants, notamment que près de 95% des personnes interrogées estimaient des changements nécessaires si le Grand-Duché souhaitait préserver le même niveau de qualité de vie dans les années à venir.

Economie, finances et création de valeurs

Marc Meyers, Partner à la Fiduciaire du Grand-Duché de Luxembourg, a introduit le premier sujet de la soirée en confrontant les politiciens aux défis posés par le développement inquiétant des finances publiques, par la nécessité d’une stratégie performante en matière de taxation et par la création des richesses de demain. Selon François Bausch, la distribution des allocations familiales devrait se faire de manière plus sélective. Xavier Bettel a adhéré à ce principe d’une plus grande sélectivité en matière de prestations sociales, et a estimé que celle-ci devrait s’appliquer également aux allocations de bourses d’études. Jean-Claude Juncker a souligné que le Luxembourg ne pouvait plus se « reposer » sur ses niches de souveraineté, mais devrait développer davantage des niches de compétences. Pour Etienne Schneider, le taux d’affichage de l’impôt sur les sociétés devrait être ajusté vers le bas afin de rendre la place luxembourgeoise plus attrayante pour les entreprises étrangères.

Empreinte écologique

Le deuxième intervenant de la soirée, Jean Lamesch, docteur en chimie et physique, a présenté les défis d’avenir dans le domaine écologique et a invité les candidats politiques à exprimer leur point de vue sur l’implémentation dans leurs programmes politiques d’un grand projet écologique à long terme, l’introduction de l’écologie dans les programmes d’éducation nationale et la réforme des aides aux financements écologiques. Pour François Bausch et Xavier Bettel, l’introduction de cours spécifiques consacrés à l’écologie et par conséquent à la responsabilité portée par chaque individu en matière de consommation des ressources naturelles, semble être une idée intéressante et nécessaire pour influencer dès le plus bas âge le comportement des citoyens en matière de respect de l’environnement. Etienne Schneider s’est déclaré partisan d’un protectionnisme plus prononcé aux frontières de l’Europe – à l’instar des mesures appliquées par les Etats-Unis et la Chine p.ex. – pour protéger les industries européennes contre une concurrence déloyale de pays qui ne respectent pas de normes strictes en matière d’environnement ou de protection sociale. Pour ce qui est de la performance énergétique, Jean-Claude Juncker était d’avis que des efforts supplémentaires pourraient se faire dans la restauration des bâtiments anciens sachant que l’utilisation des bâtiments représente environ 40% de la consommation énergétique nationale. 

Vivre ensemble

Dernière oratrice de la soirée, Martine Kleinberg, enseignante, a souhaité connaître l’avis des politiciens sur le droit de vote pour les étrangers résidents ainsi que sur l’introduction d’une filière linguistique française (et en d‘autres langues si la démographie l’exige) dans le système scolaire luxembourgeois. François Bausch, Xavier Bettel et Etienne Schneider se sont unanimement prononcés en faveur du droit de vote pour étrangers résidents et pour la création de classes linguistiques adaptées aux enfants étrangers. Si Jean-Claude Juncker a soutenu le principe d’une alphabétisation en français, il s’est par contre déclaré très réticent à l’ouverture du droit de vote aux étrangers résidents, estimant que les étrangers avaient déjà par le biais de la double nationalité accès au droit de vote. Il a rappelé que plus de 20.000 étrangers avaient déjà adopté la nationalité luxembourgeoise depuis l’introduction de la double nationalité et a conclu que le droit de vote pour étrangers résidents n’avait pas sa place dans le débat électoral actuel.

A la fin du débat, le public a été invité à juger la performance de chaque candidat. Avec un score de satisfaction de 65,8%, l’intervention d’Etienne Schneider a été jugée la plus convaincante par le public. Elle a été suivie de près par celle de Jean-Claude Juncker (61,5%), celle de François Bausch (56,7%) et celle de Xavier Bettel (54,6%). Il est important à relever que le résultat de ce vote ne représente que l’avis du public présent en salle. L’événement a été clôturé avec un verre d’amitié dans le forum de la Rockhal. L’enregistrement de l’événement est en ligne sur www.2030.lu .

Texte et photo communiqués par 2030.lu

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Publié le jeudi 3 octobre 2013
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