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Des coûts de soleil aux investissements éclairés

Énergie

Publié le
lundi 14 juin 2021 à 04:00

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Évolution de l’attractivité du photovoltaïque pour les entreprises, avec François Neu, fondateur il y a 12 ans, avec 3 associés, de la société Enerdeal dont le core business est la construction, la maintenance et au besoin le financement de centrales solaires (en toiture ou au sol ; minimum 2.000 m2, soit environ 200 kWc) pour les entreprises.

/Avec plus de 200 projets réalisés au Luxembourg, en Belgique et même au cœur de l’Afrique, François Neu (Enerdeal – www.enerdeal.com) a pu observer une évolution très sensible - et constante ! - des raisons pour lesquelles industriels, grande distribution, promoteurs immobiliers ou secteur public optent de plus en plus pour le déploiement du solaire sur leurs infrastructures.

« Dans les années 2005-2010, les pionniers l’ont fait par conviction et… avec un fort soutien étatique qui offrait un temps de retour sur investissement (payback) de 7 voire 5 ans parfois. Pour un équipement qui a une durée de vie de 25 à 30 ans et qui demande relativement peu de maintenance, c’était un investissement idéal. Mais il fallait bien ce niveau d’attractivité pour convaincre les sceptiques… et les banques ! Très peu d’entreprises s’y sont mises. »

Quand, vers 2010-2012, tous les pays européens ont renforcé leurs politiques d’incitation, le marché a effectivement été boosté, avec forte augmentation du volume et belle baisse de coût des panneaux. « Cela a ramené des paybacks à moins de 5 ans, 3 ans parfois en combinant subsides et déductions fiscales. Il y a eu une vraie ‘ bonanza’ qui a créé une explosion des volumes, et puis des ‘bulles’ qui ont vidé les enveloppes de subventions ! Dans de nombreux pays européens, ce fut la chute brutale du soutien aux projets : gel du marché en France, stop en Espagne, accalmie en Belgique, moindre effet en Allemagne, et arrêt complet au Luxembourg pour des projets industriels… »

L’exemplarité en avant

La première baisse de rentabilité a fait repasser le payback à 7-9 ans, ce qui restait intéressant. Le marché du solaire industriel est progressivement passé en mode « tiers investissement » : « Les entreprises se sont focalisées sur leur core business et ont assumé comme un bonus le critère d’image, l’effet exemplaire, assorti d’une relative attractivité financière ».

François Neu voit le basculement majeur s’opérer en 2015, année de la COP 21 : « On met en avant la Responsabilité Sociétale des Entreprises, avec Bertrand Piccard en influenceur hors pair. Les grands patrons pionniers lancent la tendance et font recouvrir leurs toits, montrant le rôle majeur que peuvent jouer les industriels. Avec la baisse continue des subsides, les paybacks et gains nets par an sont devenus moins prépondérants, mais l’exemplarité a primé : ‘On ne peut plus se permettre de ne rien faire’ est devenu un leitmotiv ».

Depuis, « hormis quelques irréductibles uniquement intéressés par les quelques milliers d’euros de gains annuels, la plupart des grands patrons, de plus en plus impliqués dans la RSE, choisissent le solaire pour des raisons stratégiques ». Les critères ne sont plus opportunistes mais ils sont divers et adaptés aux besoins, aux objectifs, aux activités et sensibilités de chacun.

François Neu livre quelques argumentaires entendus sur le marché : « La plupart de mes concurrents ont mis des panneaux, je commence à passer pour un outsider » , « Nos collaborateurs nous l’ont demandé, pourquoi n’en mettrions-nous pas ? » ; « Je suis là pour encore 20 ans, j’ai de la surface, je serais stupide de ne pas le faire », « Nos actionnaires nous demandent ce que nous faisons pour l’environnement », « Nos locataires recherchent les immeubles les plus verts possible », « Dans les marchés publics, où l’environnement est devenu incontournable, le solaire nous aide à obtenir des pondérations favorables dans nos offres et à gagner du business », « Dans 7 ans, toute mon électricité sera gratuite ; cela me donnera un sérieux avantage concurrentiel » ; « La taxation du carbone arrive à grands pas et, sans solaire, cela va nous coûter très cher », « Nous voulons recouvrir notre parking, pour nous alimenter en énergie verte locale et faire passer toute notre flotte de véhicules à l’électrique », etc.

François Neu conclut sur un exemple édifiant : « Un gros logisticien européen confie que sa banque, dans le top 5 européen, a clairement fait savoir que les conditions de crédit deviendraient moins intéressantes voire substantiellement réduites s’il ne développait pas de renouvelable sur les 150.000 m2 de halls ». C’est sans doute le témoin d’une tendance intéressante pour l’évolution du marché.

Alain Ducat, avec François Neu, pour Enerdeal

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Article tiré du dossier du mois « Énergie, ville : soyons énergiphiles ! »

Publié le
lundi 14 juin 2021


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