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Déclaration de "Meng Landwirtschaft" sur le plan stratégique pour l’agriculture luxembourgeoise

Green Planet

Publié le
mardi 26 octobre 2021 à 04:00

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Le ministère de l’agriculture est sur le point de finaliser son plan stratégique national agricole, qui doit être soumis à la Commission européenne d’ici la fin de l’année. Ce document central de la réforme agricole de l’UE définira les mesures qui seront prises pour atteindre les objectifs tels que la protection du climat, de la biodiversité et de l’eau, la subsistance des exploitations agricoles, entre autres.

La plateforme Meng Landwirtschaft (MLW) déplore le manque de progrès substantiels vers une agriculture respectueuse de l’environnement et du climat dans ce plan stratégique. Une appréciation confirmée par de nombreuses études, déclarations officielles et même par l’autosatisfaction de notre ministère de l’agriculture.

Dans son rapport [1], la Commission européenne critique un certain nombre de défaillances de l’agriculture luxembourgeoise et formule des recommandations fondamentales à mettre en œuvre dans le cadre de la nouvelle politique agricole (PAC 2021 - 2027).

Elle met notamment en évidence la forte spécialisation des exploitations en matière de vaches laitières et de bovins à viande. En 2019, l’élevage ne représentait pas moins de 76,3% de la valeur de la production agricole au Luxembourg. La Commission est préoccupée face à cette situation qui empire malgré la nécessité inévitable de l’évolution vers des méthodes de production durables.

Le bilan climatique médiocre est également dû à l’importance du cheptel : les émissions de gaz à effet de serre par hectare de terres agricoles sont plus de deux fois plus élevées au Luxembourg que la moyenne de l’UE, et la situation est similaire pour les émissions de méthane (CH4), de protoxyde d’azote (N2O) et d’ammoniac. La Commission européenne lance un avertissement clair : ces valeurs ne sont pas compatibles avec les objectifs de réduction pour 2030, ni avec les objectifs du Green Deal, du Farm-to-Fork et de la stratégie en faveur de la biodiversité.

Bon nombre de ces recommandations et, en fin de compte, de ces plaintes sont confirmées dans le plan stratégique du ministère de l’agriculture.

Environ un tiers des exploitations produisent principalement du lait, mais les bovins (majoritairement les vaches laitières) occupent approximativement 75 % des prairies et des terres arables (prés, pâturages, maïs, céréales et herbes fourragères. Au total, 59 % du lait produit au Luxembourg est exporté directement vers les pays voisins. L’excédent de lisier pollue notre eau potable luxembourgeoise ainsi que le climat.

Raymond Aendekerk, directeur de Greenpeace, en tire des conclusions très claires : La production laitière ainsi que l’élevage de bovins au Luxembourg doivent à nouveau être adaptés aux terres disponibles - ET les exploitations doivent disposer de revenus suffisants même avec une production laitière plus faible. Pour cela il va falloir mettre en place des subventions mais aussi en finir avec les grandes étables aux centaines de vaches entassées, privées d’accès à l’extérieur et de pâturage.

En outre, la Commission européenne rappelle que l’état de la biodiversité et des habitats dans les zones agricoles doit être considéré comme critique. Elle souligne que, malgré les programmes contractuels de protection de 89 % des terres agricoles (prime de gestion du paysage, etc.), la biodiversité, l’eau et le sol ne sont pas suffisamment protégés. Ceci est clairement confirmé par l’étude de l’Observatoire de l’environnement naturel [2].

Roger Schaul, du Mouvement écologique, exige donc : Les résultats de l’étude sur la biodiversité doivent être intégrés dans le plan stratégique. Concrètement, cela signifie : un enregistrement obligatoire des nutriments par exploitation, au moins 5 % de surface non productive (à la fois sur les terres arables et les prairies), et une réduction de l’intensité de l’utilisation agricole à au moins 30 % de la surface des prairies et 25 % de la surface des terres arables (par exemple via des bandes fleuries pérennes, des bandes riveraines et zones tampons plus larges, des champs extensifs, etc.). Sachant qu’aujourd’hui, le Luxembourg a suffisamment de fonds et de ressources disponibles pour financer ces mesures agricoles.

55% des eaux de surface ne sont pas de bonne qualité car sont trop fortement polluées par les nitrates et les nitrites (principalement d’origine agricole), quant aux phosphates (pas seulement d’origine agricole), le taux s’élève à 72%. MLW demande un programme efficace avec de larges bandes marginales le long des cours d’eau. Dans les zones de protection de l’eau potable, la culture extensive et l’agriculture biologique doivent être davantage encouragées.

La Commission européenne préconise aussi clairement la promotion de l’agriculture biologique et des mesures incitatives efficaces pour les agriculteur·ices afin de rendre la conversion plus attrayante. Actuellement, seulement 5,1 % des terres luxembourgeoises sont certifiées biologiques, alors que la moyenne européenne est de 8 %.

Meng Landwirtschaft demande donc des ambitions plus fortes dans la mise en œuvre du plan d’action en faveur de l’agriculture biologique. Car malgré le plan d’action actuel, l’acceptation par les agriculteur·ices n’a guère progressé. Le ministère de l’agriculture manque d’initiative pour promouvoir de manière proactive l’agriculture biologique comme modèle et préfère laisser tout en l’état. Il est urgent d’adopter une stratégie axée sur les objectifs, dans laquelle la valeur ajoutée de la production biologique ET locale est soulignée.

Dani Noesen, de Bio-Lëtzebuerg, met en garde : Le plan d’action en faveur de l’agriculture biologique doit avoir plus d’impact et impliquer davantage le secteur biologique. Les primes à l’agriculture biologique et aux programmes de biodiversité ne doivent pas se cannibaliser, mais au contraire être cumulées pour inciter davantage d’exploitations à se convertir afin de se rapprocher le plus rapidement possible de l’objectif de 20 % d’agriculture biologique en 2025. La coopération avec le secteur biologique doit être intensifiée. Nous demandons, en outre, que la recherche, l’innovation, la vulgarisation et de réelles mesures dans le domaine de l’agriculture biologique soient davantage encouragées et valorisées.

Meng Landwirtschaft espère qu’un grand nombre de citoyen·nes exprimeront leur point de vue sur l’orientation de notre politique agricole nationale dans le cadre du processus de consultation publique en cours, même s’il peut paraître un peu lourd. MLW s’étonne d’ailleurs que ce processus de consultation ne commence à peine, alors que le texte initial du plan stratégique est déjà disponible depuis des mois.

Les revenus des agriculteur·ices et des autres producteur·ices de denrées alimentaires ainsi que la protection de la biodiversité, du climat et de notre eau potable doivent être préservés. Environ 100 millions d’euros par an (40 % de l’argent de l’UE par le biais du premier pilier) de soutien public sont destinés à notre agriculture, ces investissements doivent être investis de manière durable pour le bien de tou·tes.

[1] Commission européenne (2020). Recommandations de la Commission pour le plan stratégique de la PAC au Luxembourg. Disponible sur le site : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A52020SC0385
[2] Mehr Biodiversität und Umweltschutz mit der Landwirtschaft ; Bedarfsanalyse und Maßnahmenvorschläge für den GAP-Strategieplan Luxemburgs ; FIBL, ifab ; Une étude commandée par l’Observatoire de l’Environnement naturel.

*Meng Landwirtschaft : natur&ëmwelt a.s.b.l., Vereenegung fir Biolandwirtschaft Lëtzebuerg a.s.b.l., Greenpeace Luxemburg, Action Solidarité Tiers Monde, SOS Faim Luxembourg, Mouvement Ecologique, Caritas Luxembourg, Aide à l’Enfance de l’Inde et du Népal, attac, CELL, Cercle de Coopération, Emweltberodung Lëtzbuerg, Eglise catholique à Luxembourg, etika, Fairtrade Lëtzebuerg, Frères des Hommes, Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzucht, Ligue CTF, SEED und Slow Food Luxembourg

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